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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 69e de bataille

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

69e DEMI-BRIGADE DE BATAILLE.

La 69e, d'abord 19e de bataille, entra en campagne le 14 avril 1796. Elle quitta la vallée du Tanaro, elle avait supporté toutes sortes de privations, et marcha sur Ceva. Elle enleva, chemin faisant, les postes qui se trouvèrent sur son passage, et emporta les hauteurs de Batifalo, où. elle s'établit. Un détachement de la division Serrurier, dont elle faisait partie , entra dans la ville pendant que la brigade commandée par le général Rusca occupait les mamelons qui dominent le fort.

Maîtresse de Ceva, la division se porta sur les hauteurs de Saint-Michel. Des ouvrages et une rivière en rendaient l'approche difficile. La 69e attaqua néanmoins. Elle prit et enleva à la baïonnette la redoute qui était le boulevard de Mondovi, et la place demanda aussitôt à capituler. Le capitaine Raymond, qui commandait les éclaireurs, resta sur le champ de bataille. Les capitaines Paly et Geoffroi, le lieutenant Tardieu, furent blessés dans cette affaire, qui coûta à la demi-brigade 72 morts et 50 prisonniers, parmi lesquels se trouvaient le chef de bataillon Jeanneau et 16 officiers.

Un armistice ayant été conclu entre les troupes sardes et l'armée française, la 69e se mit en marche le 30 avril, et arriva, le 9 mai, à Plaisance. Elle franchit le Pô le 10, gagna Codogno, revint à Plaisance, repassa le fleuve, et se mit à la poursuite de l'armée autrichienne.

Ralliée par ses grenadiers, qui faisaient partie de l'avant-garde depuis le 10 mai, elle passa le Mincio le 1er juin. Elle gagna Marmirolo le même jour, poussa, le 3, une reconnaissance sous les murs de Mantoue, et s'établit, le 16, devant cette place. Elle prit part aux travaux de tranchée à la Favorite, à Saint-Georges, à Pietolo, et subit toute l'influence des exhalaisons du lac.

Le siége ayant été brusquement levé dans la nuit du 31 juillet au 1er août, les deux premiers bataillons, commandés par le général Pelletier, se replièrent sur Goïto, firent une courte halte, et arrivèrent le soir même à Castiglione. Ils s'arrêtèrent à peine dans cette ville. Ils reprirent leur mouvement dès que la nuit fut close, et gagnèrent Montechiaro, où ils furent rendus à la pointe du jour. C'est là que le général en chef vint passer la revue des troupes, c'est là qu'il s'assura par lui-même de la répugnance qu'elles avaient pour la retraite, et du désir de combattre qui les animait. Ces heureuses dispositions sont mises à profit; les ordres courent, l'armée oublie ses fatigues, et, le 16, avec le jour, elle se déploie dans la vaste plaine de Castiglione.

Les tirailleurs s'engagent presque aussitôt; les colonnes se développent, se forment, s'ébranlent au pas de charge. La division du général Augereau tient la droite; la brigade commandée par le général ……. est à la gauche. Le feu s'ouvre: l'ennemi est battu sur tous les points, et obligé d'évacuer la ville. Il se replie sur les hauteurs, résiste vivement toute la soirée, et se retire en désordre pendant la nuit.

La 69e fut dans cette journée ce qu'elle avait été à Mondovi. Ses pertes cependant furent moins considérables. Elle eut 5 hommes tués et 21 blessés. Les capitaines Andréan et Giraud, les lieutenants Lavergne et Dàlidon furent atteints de plusieurs coups de feu. Le premier mourut des suites de sa blessure.

Le 17, la demi-brigade descendit à Castiglione, où elle fut ralliée par son 3e bataillon, et suivit le lendemain le mouvement de l'armée. Elle se porta sur Borghetto, Peschiera, Vérone, revint devant Mantoue, resta quelques jours à Marmirolo, passa de là à Borgoforte, à Saint-Martin, à Mercaria, d'où elle alla s'établir à Saint-Georges, à Bancoli, à Prada. Cruellement décimée par les maladies, elle ne put mettre en ligne que 400 hommes à l'affaire du 15 septembre. Mais ce détachement si faible n'en rendit pas moins un service signalé. Il rallia les troupes qui commençaient à fuir, il leur rendit courage, et la colonne tombant de tout son poids sur les Autrichiens, les refoula dans la place. Le détachement eut 5 blessés et 2 morts.

Une colonne de 3,000 hommes sort de Mantoue, le 1er octobre, et va fourrager autour de Prada. Le 3e bataillon est rejeté dans le château; attaqué avec vigueur, il se défend avec énergie, et cependant court risque d'être enlevé, lorsque le chef Jeanneau vient à son aide avec le 2e bataillon. Il attaque, charge les Impériaux à la baïonnette, leur fait 120 prisonniers, et les refoule dans la citadelle. Il eut 2 morts et 3 blessés. Le 28, un parti autrichien débarque dans la nuit entre Saint-Georges et Valdaro. L'obscurité et la crue des eaux le protègent. Il se présente devant les retranchements qui couvrent la porte de gauche, et essaie de les escalader. La garde ne compte que 30 hommes, mais elle fait bonne contenance, arrête, et contient les assaillants avec ses baïonnettes, et laisse à la garnison le temps de prendre les armes L'ennemi juge, à la vigueur de la résistance, que son entreprise est manquée, et s'éloigne. Une compagnie de grenadiers se met à sa poursuite; elle le charge sur le rivage, et lui fait 122 prisonniers. Le capitaine de grenadiers Crouet, le sous-lieutenant Millet et un caporal sont tués. Les Autrichiens ont 10 morts et 20 blessés.

Les Impériaux reparaissaient avec une armée formidable. Les premiers bataillons du corps de blocus se réunissent le 10 novembre, et forment un corps de réserve qui s'établit à Roverbella. Celui de la 69e prend part à l'affaire de Ronco, et y perd 3 hommes.

Les deux armées ne tardent pas à être aux prises. La garnison de Mantoue se met en devoir de soutenir les troupes qui cherchent à la dégager. Elle fait, Ie 23 , une sortie des plus vives. Elle attaque les postes de la Favorite, ceux de Saint-Antoine, et les rejette sur Banconi. Elle se déploie alors autour du faubourg Saint-Georges, et le canonne, sans oser cependant lui donner l'assaut. Le temps s'écoule, la nuit approche; les troupes, si vivement repliées sur la Favorite et sur Saint-Antoine, sont renforcées par un bataillon arrivé le jour même. Elles reprennent l'attaque, et la garnison de Saint-Georges fait une sortie. L'ennemi, battu, est poussé en désordre jusque sous les glacis de la citadelle.

Le 14 janvier 1797, sur la nouvelle que l'ennemi a passé l'Adige, la demi-brigade porte des détachements à Castillar et à Due-Castelli. Le 15, des hussards ennemis, couverts de manteaux blancs, se présentent sur la route de Castillar. Deux grenadiers de la 69e, occupés à faire du bois, les prennent d'abord pour des dragons français; mais revenus bientôt de leur erreur, ils s'échappent, se jettent dans les fossés, et n'évitent les coups de sabre qu'en passant sous le ventre des chevaux. Témoin de cette agression, le poste prend les armes, et la générale se fait entendre. Mais une colonne considérable d'infanterie et de cavalerie débouche en même temps qu'un officier vient sommer la place d'ouvrir ses portes. Miollis repousse une proposition semblable. Provera ouvre l'attaque, et inonde Saint-Georges de projectiles. Mantoue tonne à son tour, et la garnison se trouve entre deux feux. Les soldats de la 69e restent immobiles sur les remparts, mais deux compagnies détachées sur la droite de Formiglia sont vivement ramenées sur Valdaro. Elles se groupent, se réunissent, s'avancent au pas de charge à travers les colonnes ennemies, et entrent dans Saint-Georges avec leur pièce qu'elles ont sauvée. La canonnade continue, mais la nuit survient et le feu cesse.

Le lendemain, il recommença deux heures avant le jour. D'un côté, une partie de la division Masséna et la 57e étaient aux prises avec le corps de Provera ; de l'autre, toute la ligne du blocus, depuis Prada jusqu'à Saint-Georges, était aux mains avec les troupes sorties de Mantoue. Six compagnies du 2e bataillon, placées à la Favorite, en vinrent plusieurs fois à la baïonnette. Le jour parut enfin; Miollis fit sortir une colonne par la porte de la glacière, et tenta une autre sortie par celle qui conduit à Formiglia. Provera, cerné et attaqué par ceux mêmes qu'il assiégeait, perdit courage et capitula. Les deux journées coûtèrent à la demi-brigade 10 morts et 30 blessés.

Enfin Mantoue ouvrit ses portes le 1er février 1797. La demi-brigade prit le service de la place, qu'elle fit jusqu'au 28. Elle se mit alors en marche, gagna Vicence, passa la Piave, et suivit tous les mouvements de l'armée sans pouvoir prendre part à aucune affaire. Les 1re et 3e compagnies de grenadiers cependant joignirent, le 7 avril, un rassemblement de 7 à 8,000 paysans devant Lientz. Elles dégagèrent 50 Français prisonniers, mais furent vivement ramenées. Elles laissèrent sur le champ de bataille les capitaines Geoffroi et Baillot, 11 soldats, et eurent 15 blessés.

Tel est le précis des travaux de la 69e demi-brigade; elle ne cessa de se montrer jalouse du bon ordre et de la discipline, et elle mit toujours la subordination au nombre de ses premiers devoirs. Entrée en campagne avec 3,400 hommes présents sous les armes, elle n'en comptait plus que 1,800 lorsque les hostilités cessèrent.

Le chef de brigade,

BARTHEMY.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 276-281