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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 5e de bataille

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

HISTOIRE
RÉGIMENTAIRE ET DIVISIONNAIRE
DE L'ARMÉE D'ITALIE.

5e DEMI-BRIGADE DE BATAILLE.

La 5e demi-brigade de bataille arriva à Milan le 6 juin 1796. Elle prit le service de la place, ouvrit la tranchée devant le château, et mérita les éloges de ses chefs par le zèle, la constance qu'elle déploya pendant le siége.

Le château rendu, elle se porta sur Lonato. Attaquée devant cette place le 31 juillet, elle gagna les hauteurs, battit l'ennemi, le repoussa dans la ville, le chassa des maisons où il s'était retranché, et, après une lutte opiniâtre, le rejeta dans la plaine. Une partie de la demi-brigade venait de le tourner. Il se précipita sur elle et combattit long-temps encore; mais enfin, il fut rompu et vida champ de bataille en abandonnant 400 prisonniers et 150 blessés.

La 5e avait elle-même 100 blessés et 30 tués. De ce nombre était le capitaine Thomas, qui commandait le 2e bataillon; victime dévouée, il avait péri en donnant l'exemple de la bravoure.

Les ennemis s'étaient repliés sur Brescia; la demi-brigade se porta sur eux et les joignit par une marche de flanc. Cette disposition, la seule que prit le général Despinoy, cut l'issue qu'elle devait avoir, puisqu'il n'y avait que la tête de la colonne qui fût en état d'agir. La 5e, que de sages mesures eussent fait vaincre, fut contrainte de se retirer. Elle se rallia cependant et reprit l'attaque; mais l'ennemi rentrait dans ses positions; elle ne put joindre que l'arrière-garde, à laquelle elle enleva quelques prisonniers.

Cette journée lui coûta 12 hommes faits prisonniers, 10 tués et 30 blessés au nombre desquels se trouvait le sous-lieutenant Voudière.

Le 4 août, la 5e leva son camp à 8 heures du soir; elle marcha toute la nuit et arriva à Castiglione le lendemain dans la matinée. Elle prit position en avant de la ville. L'action commença presque aussitôt, et se prolongea long-temps. La demi-brigade parfaitement en ordre et toujours à son range de bataille, fit 400 prisonniers, s'empara de deux pièces de canon, de trois caissons et eut hommes hors de combat.

Elle passa après cette affaire dans la division Augereau, et marcha sur le Tyrol. Elle s'engagea dans les montagnes; elle les fouilla, les pénétra dans tous les sens. Elle se flattait d'atteindre les Autrichiens, mais le mouvement qui les emportait était trop rapide. Elle ne put les engager, et descendit à Alla, rendue de fatigues et de privations. Quoique exténuée par quatre jours de poursuite, elle alla encore bivouaquer à Roveredo, et gagna Trente le lendemain. Après une courte halte dans cette ville, elle prit la route de Bassano, atteignit Borgo le 7, et assista le 8 à l'attaque du fort qui fait la limite du Tyrol et des États de Venise.

Le 9, la division se présenta devant Bassano. Les Autrichiens étaient retranchés, couverts de batteries; déployés à droite et à gauche, ils s'étendaient des deux rives de la Brenta aux sommets des montagnes. Ils furent attaqués dans cette position formidable par la 57e, et lui mirent en un instant 50 hommes hors de combat. La demi-brigade, outrée d'une telle perte, se jeta sur eux et renversa tout ce qui se trouvait sur son front. Les Autrichiens avaient 2,000 hommes étendus sur le champ de bataille. Ils s'éloignèrent, laissant dans les mains des Français leur artillerie, une masse de munitions et 6,000 prisonniers.

La division se remit en mouvement le 11. Elle gagna Padoue, Legnano, où elle arriva après une marche des plus pénibles. L'ennemi s'était jeté dans Mantoue; elle se rendit sous les murs de cette place, mais ne s'égara pas, comme le publièrent les feuilles du temps. Conduite par un officier général, elle ne pouvait qu'exécuter les ordres qu'il lui donnait. Si elle eût fait fausse marche, c'eût été la faute du chef et non la sienne.

Le 15 septembre, les troupes firent un mouvement général sur l'ennemi. La demi-brigade le rencontra en avant du château de la Favorite. Il était retranché, couvert par des haies, assis dans une position qui ne pouvait êtres plus redoutable. Elle l'attaqua néanmoins, et le combat, commencé à onze heures du matin, se soutenait encore que la nuit était déjà close. Les officiers, les sous-officiers donnaient l'exemple, les soldats chargèrent avec une impétuosité que l'ennemi ne put soutenir. Vainement il essaya de profiter des avantages du terrain, vainement il se prévalut des fermes, des tranchées, des clôtures dont la plaine était coupée; il perdit 4 pièces de canon, des caissons, des chevaux, et fut refoulé dans Mantoue. Quelques soldats, cédant à l'ardeur qui les emportait, allèrent même lui enlever un obusier sous le feu des palissades. Tout cela du reste ne se fit pas sans perte. La 5e eut 60 hommes tués, 150 blessés et une vingtaine prisonniers. Au nombre des premiers étaient le capitaine Blandin, dont la mort causa de vifs regrets à sa compagnie, et les lieutenants Gellon et Carabin, si réputés pour leur courage. Parmi les seconds étaient les lieutenants Vollot, Vernast, Augustin, Harville, les capitaines Desgiron et Debauve, les sous-lieutenants Humbert, Morisot et Girardelet.

L'ennemi fit le 7 octobre une sortie sur la Favorite et força la ligne de blocus du côté de Prada. Joint presque aussitôt par la demi-brigade, il perdit un convoi de fourrage et fut repoussé dans Mantoue. Il se remit en mouvement le 23 novembre; stimulé par la faim, il tenta une nouvelle sortie, et se porta sur la Favorite, sur Saint-Antoine et sur Prada. Le canon de la place tonnait depuis deux heures. Les troupes se présentèrent, et fondirent avec impétuosité sur les assiégeants. Ceux-ci reçurent d'abord l'attaque avec courage; mais peu à peu ils furent contraints de fléchir; Saint-Antoine, le château de Prada furent enlevés. La 5e cependant resta inébranlable. Elle défendit le terrain pied à pied, et occupa si bien l'ennemi qu'il ne put jeter ni vivres ni fourrages dans Mantoue. Un des bataillons de la demi-brigade arrêta une colonne qui se rendait à Bancoli, et lui prit deux pièces de canon. Les deux autres; fatigués d'une lutte qui menaçait de se prolonger encore, demandèrent la charge. L'ennemi effrayé n'osa l'attendre, et se retira dans ses murailles, abandonnant une centaine de morts, autant de blessés et 40 prisonniers. La 5e eut de son côté 75 hommes tués ou blessés; une centaine furent faits prisonniers.

L'ennemi ne jugea pas à propos de renouveler l'attaque. Il resta paisible, et se borna à harceler les postes, à les fatiguer par les feux de la citadelle.

Le 26 janvier 1797, la demi-brigade prit la droite d'une des colonnes chargées de contenir le général Provera, qui débouchait sous les murs de Saint-Georges. Elle se mit en mouvement une heure avant le jour, traversa la Favorite, et ne tarda pas à se trouver en présence des Autrichiens; la fusillade s'engagea, et l'adjudant général Rimbault ayant été blessé des les premières décharges, le chef de bataillon Martin prit le commandement. Il détacha deux compagnies qui donnèrent la chasse à l'ennemi, lui tuèrent quelques hommes, lui en prirent d'autres et s'emparèrent de deux pièces de canon. Un épais brouillard avait succédé à la nuit. L'obscurité était profonde; les éclaireurs jetés en avant pour s'assurer de la position des Autrichiens, se répandirent sur un front très étendu; ils s'établirent dans les fermes, derrière les haies, dans les fossés qui se trouvaient sur la ligne. Le temps s'éclaircissant enfin permit à la colonne de discerner les troupes qu'elle avait devant elle, et l'action commença. Elle fut vive, impétueuse, semée d'incidents divers. La colonne, deux fois victorieuse, fut ramenée autant de fois. Elle se reforme une troisième, s'élance sur l'ennemi, ne tient compte ni des forces qu'il lui oppose, ni des positions qu'il occupe. La baïonnette en avant et dédaignant une vaine fusillade, elle pousse aux Autrichiens. Elle les serre, les presse, les enveloppe, leur prend 4,000 hommes, des convois considérables, et chose étrange, d'aussi grands résultats ne lui coûtent que 15 morts et 40 blessés. Elle alla le soir même reprendre ses positions, et les garda jusqu'à la reddition de Mantoue, qu'elle avait cernée pendant tout le blocus.

Elle partit peu après de Saint-Georges, et se rendit à Legnano, dont elle fit le service jusqu'au 18 février. Elle se remit en route le 19, gagna Vérone le 20, la Chiusa le 21; elle alla le 23 à Roveredo, d'où elle gagna Trente, Pergine, Caldenazo, dont elle mit la vallée à l'abri des incursions que pouvaient tenter les Autrichiens.

De Pergine elle s'avança le 19 mars dans les gorges qui mènent à Bassano et poussa le 20 à Cembra. Elle trouva l'ennemi couvert par une rivière des plus rapides, établi dans des positions qui semblaient inexpugnables. Les grenadiers néanmoins exécutèrent le passage ayant de l'eau jusqu'au cou; ils l'exécutèrent sous le feu des Autrichiens, qui les tiraient à bout portant et roulaient sur eux d'énormes quartiers de roches. Les premiers postes furent rapidement enlevés; les derniers, grossis de ceux qui se repliaient devant les assaillants, présentèrent plus de résistance; mais une fois forcés, Cembra se trouvait découvert. Les grenadiers, animés par l'importance du résultat, escaladèrent des hauteurs qui paraissaient inaccessibles, et, gagnant les sommités à la faveur des bois dont elles sont couvertes, tournèrent Cembra. L'ennemi, fort d'un millier d'hommes, était rangé dans une petite plaine en arrière du village; se voyant attaqué de front et de flanc, il abandonna la position, et s'enfuit dans le plus grand désordre. Leferon, depuis peu chef de la 5e, le poursuivit avec vigueur. Il lui prit 300 hommes et 2 pièces de canon. Cette expédition, commandée par les généraux Dumas et Baraguay d'Hilliers, ne coûta à la demi-brigade que 6 blessés.

Partie de Cembra le 21 mars, la 5e s'enfonça dans les gorges, traversa des montagnes de neige et de glace, atteignit l'ennemi sur le soir, et lui enleva quelques postes. Elle rejoignit le lendemain sur l'Adige les troupes qui étaient venues de Trente par Saint-Michel. Quoique exténuée de fatigue, elle repartit au bout de quelques heures pour Bronzello. Elle se rendit le 23 à Bolzano, porta un bataillon sur la gauche de cette ville, s'avança avec les autres sur la route d'Inspruck, et poussa jusqu'aux portes de Muhlbach. Voyant les paysans toujours plus agités, elle revint sur Bolzano. Elle arriva le 29 dans cette ville, trouva un bataillon aux prises avec les troupes autrichiennes, tua quelques hommes à celles-ci, et leur fit une trentaine de prisonniers. Laudon revint à la charge avec tout ce qu'il avait de soldats, de paysans. Ces montagnards, qui jusque là avaient tenu les hauteurs éloignées, se prenant d'une subite audace, étaient descendus à eux et les dispersèrent. Malheureusement elles laissèrent emporter par leur courage. Elles poussèrent trop avant et se virent soudain assailles d'une grêle de balles, de quartiers de roches qui descendaient avec fracas de la montagne, et furent obligées de se jeter dans un château. 3 à 4,000 paysans entourent aussitôt le manoir, menacent, si on n'ouvre les portes, de donner l'assaut. La petite garnison reste impassible.

Elle ménage son feu, tire à propos, tire juste et abat les plus ardents. Les paysans s'éloignent, reviennent et sont toujours accueillis avec la même fermeté. La nuit survient au milieu de la lutte; la troupe se barricade, résolue de périr plutôt que de capituler avec d'implacables, de féroces montagnards. Deux bataillons accourent au secours de cette vaillante troupe, et la dégagent. Le courage, la fermeté dont elle avait fait preuve, lui méritèrent les éloges du général Monnier et les applaudissements de la division.

Pendant qu'une partie de l'insurrection se pressait autour du château, l'autre descendait sur la ville, et cherchait à l'emporter; mais les grenadiers, qui gardaient les avenues, opposèrent à la colonne assaillante une résistance dont elle ne put triompher. Ils l'arrêtèrent, la continrent pendant 5 heures, et la forcèrent sur les rochers qui se trouvent à la gauche de la route de Bolzano à Brixen; ils les escaladèrent, mais furent bientôt assaillis par des nuées de paysans furieux. La demi-brigade ne devait que garder la position; elle chargea cette multitude, et se contenta de la repousser chaque fois qu'elle voulut approcher. Pendant qu'elle était aux prises sur ces lieux élevés, son 3e bataillon combattait dans les gorges avec la division. Il lutta tout le jour, et contribua à empêcher l'ennemi de pénétrer dans Bolzano.

Les deux autres descendirent pendant la nuit, et suivirent la division qui se mettait en mouvement pour se porter à Brixen.

La demi-brigade quitta enfin les gorges du Tyrol; elle entra dans celles de Saltzbourg, traversa une partie de la Carinthie, et gagna le Frioul. Elle s'établit autour d'Osoppo, de Saint-Daniel, sur les bords du Tagliamento. De là elle se mit en route pour Vérone, et atteignait Vicence, lorsqu'un contre-ordre la reporta à Trévise. Elle se rendit de cette ville sur les bords du golfe, pour intercepter toute communication entre Venise et la terre ferme. Elle s'embarqua, le 15 mai, dans la nuit, et entra à Venise, où elle prit le service de la place.

Le chef de la 5e demi-brigade,

LEFERON.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 5-13