Home Store Products Research Design Strategy Support News
 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 5e légère

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

5e DEMI-BRIGADE L'INFANTERIE LÉGÈRE.

La légère arriva en Italie sur la fin de 1796. Placée à l'avant-garde de la division Augereau, elle quitta Vérone le 2 septembre. Elle suivit les hauteurs du Val-Polisella, s'empara d'Ala, de Roveredo, et se porta le 6 mars 1797 dans la vallée de la Brenta. Les Autrichiens y réunissaient des vivres pour ravitailler Mantoue. Elle les joignit à Caldenazo, où ils étaient retranchés, protégés par de l'artillerie, et les aborda avec vigueur. Le 1er bataillon les attaqua de front; le 2e et le 3e, jetés de l'autre côté de la rivière, menaçaient de tourner la position. Ils se replièrent sur le fort de Cuvivo, qui embrasse les deux rives de la Brenta, et en gardèrent toutes les avenues. La 5e demi-brigade lança une partie de ses troupes à travers la montagne, passa la rivière avec l'autre; l'action s'engagea, et se soutenait sans résultat marqué, lorsque le capitaine Stoeck se jeta avec ses carabiniers sur deux pièces de canon qui étaient en avant et s'en empara. Les Autrichiens effrayés se réfugièrent dans le fort; mais le caporal Francon pénétra par une embrasure, et ouvrit les portes à la demi-brigade, qui rejeta l'ennemi sur Primolano, où, appuyée par la 4e de bataille, elle le rompit encore. La mauvaise fortune cependant n'avait pas abattu leur courage. Ils firent halte devant Bassano, engagèrent encore une action vive et sanglante. Le carabinier Picard leur tua 13 hommes, et leur prit un colonel.

La division se présenta le 12 septembre devant Legnago. Elle fit capituler cette place le lendemain, se rendit à Governolo, prit position sur le Mincio, et fut attaquée le 23e Assaillie inopinément par une colonne sortie de Mantoue, elle courut un moment risque d'être enfoncée; mais elle redoubla de vigueur, lutta plusieurs heures avec énergie, et refoula l'ennemi dans la place, après lui avoir enlevé 800 prisonniers. Le capitaine Lalane fit preuve dans cette affaire d'une fermeté rare. A la tête du 3e bataillon, qui ne comptait pas 300 hommes, attendu que les carabiniers avaient été détachés, il reçut le choc d'une forte colonne d'infanterie et de cavalerie soutenue par 4 bouches à feu. Trois fois il lui enleva ses pièces et les perdit autant de fois. II revint encore à la charge, et réussit enfin à triompher de la résistance qu'on lui opposait. Ses habits étaient criblés de balles; un biscayen lui avait emporté le fourreau de son sabre; mais il était maître de l'artillerie, et avait dans les mains 300 prisonniers.

La demi-brigade avait fait elle-même des pertes assez fortes: le chef Chatagnier avait le pied droit percé d'une balle; le carabinier Messinger, si réputé pour sa bravoure, atteint en enlevant une pièce de canon, était couché dans la poussière, et 800 de ses camarades se trouvaient hors de combat.

La division s'étant approchée de Mantoue, les trois compagnies de carabiniers de la 5e légère furent chargées, le 29, d'enlever la porte Cerese. Elles l'attaquèrent avec leur bravoure ordinaire. Le carabinier Langre perdit patience, monta sur les épaules de ses camarades, escalada les barrières, et se jeta au milieu des Autrichiens. Le capitaine Stoeck, soulevé comme lui, s'élança comme lui par-dessus les palissades. Ils coururent à la porte, l'ouvrirent, et l'ennemi fut refoulé jusqu'aux retranchements. Picard et Langre furent nommés caporaux. Le général Bonaparte , voulant leur donner un témoignage durable de la bravoure dont ils avaient fait preuve, leur dé cerna, ainsi qu'à Francon , un sabre d'honneur.

La division partit pour Vérone à la suite de cette affaire, et se porta sur la Brenta. Elle rencontra l'ennemi en avant de Bassano, repoussa ses avant-postes jusqu'à la tête du pont, et se trouva presque aussitôt dans la situation la plus périlleuse. Attaquée par des forces supérieures, elle leur fit face pendant trois heures, et donna à la colonne le temps d'accourir. Le général Lanusse, qui conduisait l'avant-garde, fut grièvement blessé, et le capitaine Dieusi reçut en enlevant une pièce de canon un coup de feu qui termina sa vie.

La division, revenue de nouveau sur Vérone, s'avança sur Saint-Martin, dont l'ennemi couronnait les hauteurs. Elle le chassa, parvint à tourner son avant-garde, et prit position le 10 à Caldiero. Le lendemain elle s'engagea encore avec les Autrichiens. Elle força leur première ligne, leur fit 600 prisonniers et les replia dans les gorges. Elle se porta le 14 sur Ronco , passa l'Adige le 15, et s'engagea presque aussitôt. On était aux prises sur la chaussée d'Arcole; elle se jeta dans la mêlée, et ne cessa de combattre que lorsque les Impériaux furent défaits. Trois de ses officiers firent preuve dans cette affaire d'une rare constance. L'ennemi occupait une position d'où il incommodait vivement nos troupes. Le général en chef manifeste l'intention de les débusquer. Aussitôt le capitaine Stoeck assemble quelques braves; le lieutenant Plassard , le sous-lieutenant Convert, se joignent à lui, et. tous ensemble se jettent sur l'Adige. Ils s'engravent au milieu du fleuve, et l'artillerie , la mousqueterie, tonnent incontinent sur eux. Ils ne se déconcertent pas néanmoins, ils ouvrent le feu, rendent à l'ennemi coup pour coup, et ne lais sent pas, malgré la position pénible où ils se trouvent de faire une utile diversion.

La 5e légère se rendit sur la fin de décembre en avant de Legnago. Elle était chargée de garder l'espace qui s'étend de cette place à l'Arabiaza, et devait principalement surveiller le passage de Bevilacqua sur la route d'Este, Montagnara et Padoue. Le pont était coupé, l'ennemi placé sur la rive gauche; les 1er et 3e bataillons s'établirent sur la droite, et prirent position à Bevilacqua; le 2e, décomposé en petits postes de garde et d'avertissement, fut répandit sur un espace de trois lieues. C'est dans cet état de choses que le général Duphot, qui commandait l'avant-garde de la division, résolut de franchir l'Arabiaza. Les carabiniers se munissent chacun d'une planche, et s'avancent sous la protection du 3e bataillon; ils passent, fondent sur l'avant garde ennemie et la culbutent. La disproportion des forces cependant est trop considérable ils ont en tête la division Provera avec son artillerie et sa cavalerie. Le 1er bataillon est rejeté sur la rive droite, et suivi avec vigueur; il essaie en vain de faire face. La rivière est sans profondeur, les cartouches se trouvent épuisées, et la 5e légère se replie sur Saint-Zeno. Entourée le lendemain par la division ennemie tout entière , elle oppose la plus vive résistance; elle attaque, manœuvre, s'ouvre passage, et atteint enfin Legnano. Mais elle avait 26 officiers hors de combat, 200 soldats morts et blessés, et 120, la plupart du 2e bataillon , étaient prisonniers. Le chef de bataillon Stoeck, son collègue Estève, avaient succombé sur les bords de l'Arabiaza. Le chef de brigade Soyez, le chef de bataillon Lux, étaient grièvement blessés, et les capitaines Geneina et Salomon, tués.

Ces combats, ces mouvements, avaient tenu en échec une forte colonne ennemie. Ils l'avaient empêchée de suivre l'armée impériale en marche sur Mantoue, et avaient donné le temps au corps de blocus de faire ses dispositions. La 5e légère forma, sur la fin de jan vier 1797, l'avant-garde de la colonne qui fut réunie pour l'expédition de la Romagne. Elle s'avança sous les ordres du général Lannes avec une telle rapidité, que l'ennemi déconcerté manqua de temps pour organiser sa résistance. Il avait pris position de l'autre côté de la rivière qui baigne Faenza. La colonne marcha à lui , sans tenir compte de l'eau ni de la mitraille; elle le tourna, le mit en fuite, lui enleva 1,500 prisonniers et 5 pièces de canon. Elle le retrouva à Ancône dans une position formidable couverte par une artillerie nombreuse. Mais l'avant-garde avait à peine débouché, qu'artillerie, cavalerie, infanterie mirent bas les armes. La division reprit son mouvement et gagna Foligno. Tout avait cédé; la paix était conclue lorsqu'elle arriva. La colonne rejoignit l'armée qui se trouvait dans les gorges de Neumarkt. Les préliminaires de Léoben venaient d'être signés. La 5e légère s'établit å Vérone, ou elle séjourna jusqu'au traité de Campo-Formio.

Previous: 39e de bataille
Next: 32e de bataille

Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 176-180