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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 57e de bataille

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

57e DEMI-BRIGADE DE BATAILLE.

La 57e demi-brigade de bataille n'envoya d'abord au-delà des Alpes, que deux compagnies de grenadiers.

Compagnie de grenadiers du 1er bataillon. Arrivée à Brescia, sur la fin d'août 1796, cette compagnie entre d'abord dans le 5e bataillon de grenadiers, puis passa dans le 8e, qu'elle suivit dans les montagnes du Tyrol et sur l'Adige. Elle combattit avec lui à Anghiari, où elle contribua à la prise d'une pièce de canon, et sous les murs de Mantoue, où elle-même en enleva une dont les Autrichiens s'étaient rendus maîtres. L'ennemi fut forcé le lendemain, et la tête de pont de Mantoue emportée avec une partie des pièces dont elle était garnie. Les troupes autrichiennes, qui s'étaient jetées dans la place, firent de vains efforts pour en sortir, et celles qui tenaient encore la campagne furent contraintes de se retirer sur la citadelle.

Cette rencontre fut signalée par plus d'une action d'éclat. Le sergent-major Palaizi se jeta sur trois canonniers ennemis au moment où ils allaient faire feu. Il abattit l'un d'un coup de carabine; il en renversa un autre d'un coup de crosse et amena le troisième. Le lieutenant Caderon et le sous-officier Dogonneaux s'attachèrent à deux pièces autrichiennes qui venaient d'être enlevées. Celui-ci pointa, celui-là mit le feu avec un fusil. Ils canonnèrent la ville, mitraillèrent les houlans, continrent un corps qui cherchait à se jeter dans la place.

La compagnie, qui avait eu 20 hommes tués ou blessés dans ces deux affaires, alla s'établir devant Saint-Georges, et y resta jusqu'au 3 octobre. Elle se rendit alors à Villa-Franca, gagna Vérone, et entra le 3 novembre dans le premier bataillon de grenadiers.

Compagnie de grenadiers du 3e bataillon. Cette compagnie arriva à Peschiera le 8 septembre, et entra dans le 6e bataillon de grenadiers. Elle suivit ce corps, le 11, à Due-Castelli, où dès le lendemain se présentèrent deux colonnes autrichiennes qui formaient une masse de près de 8,000 hommes. Quoique seul, le bataillon s'engagea sans crainte. Il manoeuvra une partie de la journée, et, abordant enfin l'ennemi la baïonnette basse, il le rompit et le refoula dans Mantoue.

La compagnie avait eu 10 hommes tués ou blessés. Elle se réunit, le 13, aux trois compagnies de grenadiers du 6e, avec lesquelles elle prit part aux affaires qui curent lieu, les deux journées suivantes, sous les murs de Mantoue. Elle s'engagea de nouveau, le 14, avec deux régiments autrichiens; elle les chargea à la baïonnette et leur fit 400 prisonniers. Attaquée à son tour le 15, elle faillit être enlevée. Un corps de cavalerie, sorti inopinément de la place, était arrivé sur ses pièces sans être aperçu. Elle n'eut pas le temps de courir aux armes; elle réussit néanmoins à faire face à cette attaque imprévue; elle força la cavalerie à s'éloigner, aborda l'infanterie, et la jeta partie dans le lac, partie dans les murs d'où elle se réunit à la 1re compagnie, avec laquelle elle entra dans le 1er bataillon de grenadiers.

Ce bataillon se mit en mouvement le 4. Il avait la tête de la colonne; il joignit l'ennemi, le poussa vivement le 5 et le 6. Le 7 il forma l'arrière-garde et rentra à Vérone. Il quitta cette ville le 9 dans la nuit; il y revint le 10, s'éloigna de nouveau le 11, et s'avança sur la route de Caldiero. La 1re compagnie de la 57e éclairait la marche; elle s'empara dans la nuit d'une chapelle et fit 50 prisonniers. Ce bataillon prit l'attaque à son tour, et se battit depuis sept heures du matin jusqu'à neuf heures du soir.

Il avait enlevé 150 hommes aux Autrichiens; la nuit était noire; il rentra encore à Vérone. Il se remit en marche le 15 à la chute du jour, et se rendit à Ronco. Chargé de la garde de l'Adige, il était depuis deux jours en observation, lorsqu'il apprit que la droite de l'armée française avait fléchi. Il passa aussitôt le fleuve et rallia les troupes qui se trouvaient dans le voisinage. Il chassa au loin ce qui se présenta d'Autrichiens sur sa route, précipita dans les marais un parti trop lent à s'éloigner, et poussa sur Arcole. Une colonne ennemie essaya de l'arrêter; il la rompit, la mena battant jusqu'à Villa-Franca. Le bataillon fut dissous deux jours après cet éclatant fait d'armes. La demi -brigade arriva, et les deux compagnies la joignirent le 2 décembre à Goïto.

La 57e était remise des fatigues d'une longue marche; elle s'avança le 13e janvier 1797 sur Castellar. Rendue au milieu de la nuit dans cette ville, elle reçut l'ordre de forcer de marche, continua son mouvement, et atteignit Villa-Franca, le 14, à neuf heures du matin. Elle fit une courte halte, se mit en route, et ne put néanmoins atteindre le terme de sa course qu'après minuit. Il était trop tard , la bataille avait eu lieu, l'ennemi fuyait; elle fit volte-face, s'éloigna avec la même célérité qu'elle était venue. Elle entra dans Villa-Franca à midi, se reposa une heure, et poussa sur Roverbella. Elle y arriva à la chute du jour, se rafraîchit, et reprenant aussitôt son mouvement, elle se trouva à la Favorite le 16 à une heure du matin. Le combat s'engagea; hommes, chevaux, artillerie, munitions de guerre, munitions de bouche, en quelques heures tout fut enlevé. La demi-brigade avait fait dans cette rencontre ce qu'elle devait faire; le général en chef rendit un compte flatteur du courage qu'elle avait montré: "A une heure avant le jour, portait le rapport, les ennemis attaquèrent la Favorite dans le temps que Wurmser fit une sortie, et attaqua les lignes du blocus par Saint-Antoine. Le général Victor, à la tète de la 57 demi-brigade, culbuta tout ce qui se trouva devant lui. Wurmser fut obligé de rentrer dans Mantoue presque aussitôt qu'il en était sorti, et laissa le champ de bataille couvert de' morts et de prisonniers. Le général Serrurier fit avancer alors le général Victor avec la 57e demi-brigade afin d'acculer Provera au faubourg de Saint-Georges, et par là le tenir bloqué. Effectivement, la confusion et le désordre étaient dans les rangs ennemis; cavalerie, infanterie, artillerie, tout était pêle-mêle. La terrible 57e demi-brigade n'était arrêtée par rien d'un côté, elle prenait trois pièces de canon; d'un autre côté, elle mettait pied à terre les hussards de Herdody. Dans ce moment, le respectable Provera demanda à capituler; il compta sur notre générosité, et ne se trompa pas. 6,000 prisonniers, parmi lesquels tous les volontaires de Vienne, 20 pièces de canon furent le fruit de cette journée mémorable.

"En 4 jours l'armée a livré deux batailles rangées et six combats, fait près de 25,000 prisonniers, parmi lesquels 1 lieutenant-général et 2 généraux, 12 à 15 colonels, etc., pris 25 drapeaux, 60 pièces de canon, et tué ou blessé an moins 6,000 hommes.

"Toutes les demi -brigades se sont couvertes de gloire et spécialement la 32e, la 57e et la 18e de ligne, que commandait le général Massena, et qui en 3 jours ont combattu l'ennemi à Saint-Michel, à Rivoli et à Roverbella. Les légions romaines faisaient, dit-on, 24 milles par jour. Nos brigades eu font 30, et se battent dans l'intervalle."

La 57e se rendit après cette affaire à Governolo, à Modène, à Bologne. Elle partit ensuite pour la Romagne, et fit cette expédition sans gloire, où elle ne trouva pas même l'occasion de tirer un coup de fusil.

Pendant que cette diversion la tenait loin de l'Adige, 'un détachement de 60 hommes, qu'elle avait laissé à Milan, prenait part à la plus honorable lutte. Rendu le 14 janvier à Salo, il se jeta sur le lac, et débarqua pendant la nuit à Torri. Il chassa les postes qu'y tenaient les Autrichiens, après leur avoir enlevé une centaine d'hommes. Il s'avança ensuite sur Rivoli, battit le régiment de Klébeck, et lui prit 2 drapeaux et 111 prisonniers.

La demi-brigade revint enfin sur l'Adige. Partie de Bologne le 11 avril, elle gagna Ferrare, Castel-Franco, Trévise et s'avançait sur Vérone lorsqu'elle apprit que cette place avait fait sa soumission. Elle rétrograda aussitôt sur Padoue, et s'y établit.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 156-160