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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 3e Dragons

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

3e RÉGIMENT DE DRAGONS.

Arrivé à Milan , le 29 novembre 1796, le 3e de dragons se rendit a Monza. Il gagna de là Villafranca, puis Verone. Le 12 décembre, eut lieu à Saint-Michel une action assez vive; mais le régiment qui faisait partie de la cavalerie de réserve n'y prit part que par un de ses escadrons. Sur la fin de la journée il se mit en marche pour Legnago, arriva dans cette ville pendant la nuit, poussa sur Carpi, et se disposait à prendre des cantonnements, lorsque la canonnade se fit entendre. Il continua sa route, joignit le 10e régiment de chasseurs, et se porta avec lui à Castel-Novo. Il avait laissé sous Mantoue un détachement de 50 hommes: cette petite troupe se réunit à la division Joubert. Elle chargea quatre fois les Autrichiens à Rivoli, et leur fit 2,000 prisonniers. De Castel-Novo le régiment se rendit, le 16, à Roverbella. Il se remit en route, à onze heures du soir, avec le 10e de chasseurs, et joignit les Impériaux au moment où ils allaient atteindre Mantoue. La nuit était noire; il les fit reconnaître par deux détachements commandés, l'un par le lieutenant Gibert, et l'autre par le sous-lieutenant Jeannot: celui-ci enleva une pièce de canon qui tirait à mitraille; celui-là, tombé dans une colonne de cavalerie, prit position et s'avança au jour sur les Autrichiens; mais au moment où il arrivait à eux, leur chef lui présenta son sabre en lui demandant ce qu'il exigeait de sa troupe: - "Qu'elle mette bas les armes," répondit Gibert; ce qui eut lieu après qu'il se fut engagé à faire respecter les officiers: un de ceux-ci néanmoins refusa de se rendre , et voulut combattre. Gibert accepta le défi; les deux champions en vinrent aux mains, se prirent corps à corps, luttèrent, se jetèrent à terre. L'Autrichien saisit le Français aux cheveux; le Français mordit l'Autrichien, l'obligea de lâcher prise, et, se relevant vivement, lui donna un vigoureux coup de sabre qui mit fin au combat. Cette affaire décida du sort de la colonne qui avait passé l'Adige; Provera mit bas les armes, et se rendit à discrétion.

L'action finie, le régiment alla s'établir à Villafranca, d'où il se rendit à Vérone, à Saint-Michel, et joignit, le 21 janvier 1797, la division Massena.

La division rencontra l'ennemi le surlendemain. Le général Leclerc, qui conduisait un détachement de 65 dragons, voyant l'impossibilité de faire usage de la cavalerie dans un terrain coupé d'arbres et de fossés, fit mettre pied à terre à une partie du détachement, et l'envoya contre les tirailleurs d'infanterie, qui furent refoulés dans Bassano.

L'ennemi se retirait par plusieurs routes. Le régiment mit sur ses traces autant de détachements; deux d'entre eux le joignirent à Osolo, et firent mettre bas les armes à 150 hommes d'infanterie; mais, enveloppés, au moment où ils allaient s'emparer de leurs prisonniers, par une nombreuse cavalerie, ils furent obligés de lâcher prise, et se retirèrent néanmoins sans perdre un homme. L'aide-de-camp Lasalle, qui commandait ces deux détachements, montra le sang-froid dont il avait déjà donné tant de preuves. Le lendemain, le 3e de dragons cantonna en avant de Bassano , d'où il partit, le 2 mars, pour s'engager dans les gorges. Un détachement de 25 hommes, commandé par le sous-lieutenant Milquin, rencontra la queue du convoi d'artillerie, et se rendit maître de deux pièces de canon. Le 3, le régiment fit halte, et poussa diverses reconnaissances sur la Piave.

Arrivé, le 12e sur Bellune, le régiment ne combattit devant cette ville que par ses ordonnances, qui, au nombre de 25, accompagnaient le général Massena. Des pelotons de dragons marchèrent aux postes ennemis qui se trouvaient isolés sur le haut des montagnes; ils en enlevèrent plusieurs et les ramenèrent. Le-lendemain, le régiment s'avança sur Bellune; il gagna Paravanna, Pordenone, Stemberg, Gemonna, où il séjourna jusqu'au 22 mars. Les Autrichiens se présentèrent alors, et diverses charges eurent lieu. Le 3e ne prit encore part à ces rencontres que par ses ordonnances, dont trois, réunies à autant de chasseurs du 10e, chargèrent avec une telle impétuosité que l'ennemi en fut ébranlé; il perdit du temps, fut atteint par le gros de la colonne qui le poursuivait et abandonna 800 prisonniers. Ces six braves furent tous blessés; mais aucun ne resta sur le champ de bataille. Le 23, le reste de la division s'avança sur Trévise. Les Autrichiens étaient en force, et avaient l'avantage de la position. Ils firent une vigoureuse résistance; à la fin cependant ils furent obligés de céder. Une partie de la cavalerie ennemie fut prise par le 10e de chasseurs. Le 3e de dragons n'eut encore part à cette affaire que par ses ordonnances.

Le 24, le régiment s'avança avec ce qu'il avait de disponible sur la route de Trieste; il rencontra l'ennemi avant d'avoir été joint par l'infanterie, fit mettre pied à terre à une vingtaine de dragons, et refoulait les premiers postes lorsque l'adjudant-général Soret se présenta avec se chasseurs; il prit la charge l'ennemi fut replié , et se retira d'autant plus vivement qu'il cherchait à nous attirer sous le leu de deux pièces de canon chargées à mitraille. Soret aperçut le piège, et chargea l'avant-garde des dragons d'enlever la batterie. Elle était placée sur un amphithéâtre de glace. Le capitaine Legros, sentant que les chevaux n'étaient pas sûrs, fit mettre pied à terre, se jeta sur l'artillerie et l'enleva. L'ennemi revint à la charge; l'infanterie se prit d'une terreur panique; les dragons, trop à découvert, furent obligés de se retirer quelques toises en arrière. Massena accourut avec des troupes fraîches qui triomphèrent bientôt de tous les obstacles et s'emparèrent d'un convoi immense.

La division entra dans Trévise à la suite de cette affaire. Elle gagna Clagenfurth, où l'ennemi lui opposa une vigoureuse résistance. Le régiment n'avait que trois pelotons de réunis lorsqu'il reçut ordre de charger. Il pénétra, ébranla les colonnes ennemies, sans néanmoins pouvoir les rompre, et il était an moment de céder lorsque l'infanterie hongroise fléchit elle-même, et obligea la cavalerie de faire un mouvement rétrograde. Le général Leclerc s'en aperçut; il réunit tout ce qu'il avait de dragons disponibles, et les lança sur les Autrichiens. La retraite de ceux-ci fut dès lors décidée, mais ils la firent avec calme et dans le plus bel ordre. Nous perdîmes dans cette affaire le capitaine Legros, le maréchal-des-logis Pralet, le brigadier Leclerc, et plusieurs dragons qui furent tués en défendant deux canons qu'ils avaient pris.

Le 5 avril, au moment où les colonnes atteignaient Midrefild, on annonça une suspension d'armes. Le 7, on se porta à Léoben, et le 8, à Pruck, où l'on séjourna jusqu'à la signature des préliminaires.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 320-323