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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 32e de bataille

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

32e DEMI-BRIGADE DE BATAILLE.

La campagne de 1796 fera époque dans l'histoire. Elle a eu pour résultat la conquête de l'Italie et la paix de l'Europe; les prodiges qui l'ont marquée placent Bonaparte à côté d'Alexandre; car c'est à ce général, à son génie, que doit être attribuée cette suite de victoires qui ont porté si haut la gloire du nom français. L'armée sans doute était brave, aguerrie; elle eût vaincu, quel que fût le chef qui l'eût conduite. Mais il n'appartenait qu'à celui qu'elle reçut de la fortune de lui donner cette immense impulsion, de lui faire élever en quelques mois un monument de gloire qui n'avait pas encore été offert à l'admiration des hommes.

Formée des débris de la 21e, de ceux de la 118e et de la 129e de bataille, la 32e est du petit nombre de corps qui n'ont pas déposé les armes tant qu'a duré la lutte. De la prise de la redoute de Montenotte jusqu'à la paix de Léoben elle n'a pas cessé de combattre. Il ne s'est pas donné une bataille, pas livré un combat important qu'elle n'y ait pris part. Ses efforts, presque toujours heureux, ont souvent fixé l'attention du général Bonaparte. L'histoire de ce corps est donc en quelque sorte celle de l'armée; mais elle retrace d'une manière plus spéciale les actions qui sont propres à la demi-brigade; elle indique le nombre des braves qu'elle a perdus, celui des prisonniers qu'elle a faits , des drapeaux qu'elle a pris et des canons qu'elle a enlevés. Si un jour, en rentrant dans leur patrie, les Français qui ont fait cette mémorable expédition disent, avec un juste sentiment d'orgueil J'étais de l'armée de l'Italie; peut-être y aura-t-il pour quelques uns une sorte de satisfaction de pouvoir ajouter qu'ils étaient de la 32e.

11 avril. – Redoute de Montelegino. Le 2e bataillon de la 32e, qui était encore la 21e, occupait la Madone de Savone, sous les ordres du chef de brigade Rampon. Une de ses reconnaissances trouve l'ennemi à Montenotte; elle le trouve nombreux, en mouvement. Elle se replie après une légère fusillade sur la redoute de Montelegino. La redoute était située sur une crête étroite. Le bataillon se met en défense, et, soutenu par une demi-brigade d'infanterie légère, il arrête tout un jour les colonnes autrichiennes. Rampon anime, exalte le soldat; il lui communique une énergie qu'aucun effort ne peut vaincre. Trois fois l'ennemi tente l'assaut, trois fois il est repoussé. La nuit arrive sur ces entrefaites, et met fin au combat. Les Autrichiens se retirent sur un mamelon qui se trouvait en face de la redoute; ils avaient perdu une centaine d'hommes; le bataillon comptait 2 morts et 10 blessés.

12 avril. – Bataille de Montenotte. Le 1er et le 3e bataillon occupaient Cadi-Bona village situé à la gauche de la Madone. Massena part à la tête de ces deux bataillons dans la nuit du 11 au 12. Il veut prendre l'ennemi à dos; il marche vers la droite, et arrive au point du jour derrière Montenotte. Les Autrichiens accourent à sa rencontre et poussent sur lui une colonne formidable. Mais Rondeau, dit le Brave, fond sur elle à la tête de son bataillon et l'aborde avec tant de vivacité qu'il la rompt et la culbute.

L'effet de cette diversion fut prompt. Les corps restés devant Montelegino, craignant de se voir couper, se retirèrent avec précipitation. La troupe qu'ils assiégeaient les suivit et les rejeta jusque dans la gorge de Montenotte. Obligés de défiler sous le feu de Massena, qui occupait les hauteurs, ils n'essayèrent pas de prolonger une inutile résistance. Ils se mirent à la débandade et ne songèrent plus qu'à fuir. La 32e leur prit 1,500 hommes, un colonel, un drapeau, beaucoup d'officiers; elle eut 3 morts et 7 blessés.

13 avril. La demi-brigade va à la découverte. Elle pousse à la vue de Dego, reconnaît les forces ennemies, et engage une vaine canonnade qui use la journée. Elle prend position à la Rochetta, village situé entre Cairo et Dego.

14 avril. - Bataille de Dego. Dego est situé sur le penchant d'un coteau de peu d'étendue. Dominé par des maisons éparses, par des chaumières isolées, il est d'autant plus facile à défendre qu'on ne peut l'attaquer avec du canon. A sa droite coule la Bormida, et sur son front et sa gauche se trouve un profond ravin. On s'avança cependant. La 32e était au centre avec le général Massena; les grenadiers marchaient à la droite, sous les ordres du chef de bataillon Rondeau. L'ennemi était en bataille sur la colline dont, il couronnait la crête, et faisait un feu violent d'artillerie. Les colonnes d'attaque ne laissaient pas néanmoins de gagner du terrain. Celle de droite, au lieu de pousser directement sur Dego, prit un détour et se porta sur les derrières des Autrichiens. Elle rencontra dans le trajet un régiment qui accourait au feu. Elle l'attaqua, et le contraignit de rétrograder. L'engagement s'étendit. Les troupes de Massena s'emparèrent du village de Dego, et, profitant des accidents du terrain, elles gagnèrent rapidement la cime et en chassèrent l'ennemi. Celui-ci se trouva tourné; la confusion se mit dans ses colonnes; il se rendit par régiments. Trois soldats, enhardis par sa stupeur, Giniez, sergent, Fabre, grenadier, et Cambon, éclaireur, se jetèrent à travers ses rangs, et se saisirent chacun d'un drapeau. Cette journée, si fâcheuse pour l'armée autrichienne, puisqu'elle perdit 6,000 prisonniers, une artillerie nombreuse et des drapeaux, ne coûta à la 32e que six blessés.

15 avril. – Perte et reprise de Dego. Les troupes avaient couché sur le champ de bataille. Elles étaient encore éparses, dans le désordre de la victoire, lorsqu'un corps autrichien se présenta. Un brouillard mêlé de pluie avait voilé son approche. La surprise fut extrême; les avant-postes ne firent qu'une faible résistance et se replièrent sur la troupe parmi laquelle ils jetèrent le désordre. Le chef de brigade Dupuy et le chef de bataillon Rondeau se mirent presque aussitôt blessés l'un et l'autre. Elle resta sans guide, perdit successivement toutes les positions qu'elle occupait, et ne put se maintenir à Dego. Des compagnies placées dans uns petite redoute qui dominait le village ne se laissèrent pas emporter à la terreur commune. Elles firent ferme, opposèrent à l'ennemi une résistance qu'il fut longtemps à vaincre; mais enfin elles furent elles-mêmes contraintes de fléchir, et mirent bas les armes.

La plupart des généraux absents accourent au bruit de l'attaque. Massena arrive un des premiers. Il voit les troupes qui fuient éperdues; il va les attendre dans la plaine et les rallie. Il joint la 32e sur une petite éminence en face de Dego; il la gourmande, lui fait reprendre l'attaque et la pousse en avant. Elle se porte aussitôt sur la position qu'elle a perdue; le feu se rallume , on se dispute le terrain pied à pied. Les uns avaient vaincu la veille, les autres venaient de vaincre; personne ne veut céder. Tout-à-coup l'ennemi s'échauffe; il sort de Dego et s'avance sur la 32e. Mais celle-ci ne se laisse pas ébranler. Elle couvre de feux la colonne autrichienne; elle la joint, la renverse, et emporte à la baïonnette ce même poste que deux heures auparavant elle avait si mal défendu. La colline était jonchée de cadavres ennemis; 1,500 Autrichiens avaient mis bas les armes; l'artillerie, qu'avait fait perdre un moment de terreur, était rentrée dans nos mains. Mais ce résultat n'avait pas été obtenu sans peine. Le chef de brigade Dupuy était blessé; 6 officiers, Giniez, VilIebrun, Joubert, Aubaud, Jérôme Noberasco, étaient grièvement atteints; 3 autres, Conquerel, Picot, Gazel, avaient perdu la vie. 30 sous-officiers ou volontaires gisaient sur le champ de bataille, 100 étaient hors de combat, et le chef de bataillon Vauguet avait été fait prisonnier avec 252 soldats et 15 officiers.

Le 15. La 32e séjourne à Dego.

16. Elle arrive au camp retranché de Monte-Barcara.

17, 18, 19, 20. Séjour.

21. Passage du Tanaro sous les batteries de Ceva. La demi-brigade se rend à Lezagno. Un volontaire est emporté par le canon du fort.

22. Elle arrive à La Niella.

23. A Chanès.

24. Séjour.

25. A Cherasco. 26. Séjour.

27. A Bra, à huit lieues de Turin; elle reçoit l'annonce de l'armistice conclu avec le Piémont.

28. Séjour.

29. A Alba. Bon accueil des habitants.

30. A Nice-la-Paille.

1er mai. Séjour.

2. A Castelaccio; passage de la Bormida.

3. Séjour.

4. A Sale. Les grenadiers sont formés en bataillon, et marchent à grandes journées sur Plaisance.

5. Séjour.

6. Arrive sur les bords du Pô, près de Valenza.

7. A Voghera.

8. A Castel-San-Giovanni.

9. A Plaisance; passage de la Trebbia et du Pô. Ce fleuve avait été franchi la veille par l'avant-garde dont les grenadiers de la demi-brigade faisaient partie. Ils se trouvèrent avec elle au combat de Fombio. à celui de Codogno, où périt le général La Harpe, et eurent, dans ces deux rencontres, 14 morts, 12 blessés.

10 mai- Bataille de Lodi. La 32e ne put prendre part à cette action célèbre. Elle eut beau précipiter sa marche dès qu'elle entendit le canon tonner, tout était fini avant qu'elle fût en ligne. Ses grenadiers seuls y assistèrent. Plusieurs d'entre eux, Sulpice, Cabrol, Léon, Galthier et Brachenet y firent preuve de courage. Ils escaladèrent les murailles de Lodi , pénétrèrent dans la ville, et ouvrirent à la troupe les portes qui l'arrêtaient.

Les grenadiers eurent dans cette bataille 14 morts et 11 blessés. Au nombre de ces derniers étaient deux officiers, les lieutenants Doris et Thoiret. Atteint d'un coup de lance que lui avait porté un hulan, celui-ci n'en pressa que plus vivement son adversaire. Il le terrassa, lui passa son sabre au travers du corps. Ce trait de courage lui valut le grade de capitaine.

12. A Castelleone.

13. A Lodi.

14. A Marignan.

15. A Milan. Les grenadiers avaient suivi l'avant-garde, et s'étaient emparés de Pizzighettone. Ils firent halte dans cette ville, et y séjournèrent jusqu'au 25.

16, 17, 18, 19, 20, 21. Séjour à Milan.

22. La demi-brigade se rend à Lodi.

23. Séjour.

24. A Uffelinco.

25. La demi-brigade quitte la division, et revient à Milan ; elle y stationne jusqu'au 31 . Le 1er bataillon marche sur Pavie, où il entre, le 26 , avec le général en chef. Il a dans cette affaire 1 mort et 4 blessés.

30. L'avant-garde passe le Mincio à Borghetto. Plusieurs grenadiers de la demi-brigade se jettent à l'eau avec le général Gardanne, et facilitent l'établissement du pont. Ils montrent le même dévouement le lendemain sur l'Adige ils passent le fleuve à la nage, et vont chercher des barques amarrées sur l'autre rive.

1er. juin. - La 32e se rend à Lodi.

2. A Crema.

3. A Brescia.

4. A Ponte-San-Marco.

5. A Peschiera; le 2e bataillon y séjourne jusqu'au 10.

6. A Vérone, où la troupe stationne jusqu'au 29 juillet.

29 juillet. – L'ennemi enlève la Corona et Salo. La rive droite est évacuée. La 32e se rend à Dezenzano.

31 juillet. – Premier combat de Lonato. La 32e marche au-devant d'un corps autrichien qui s'était porté sur Brescia. Elle s'établit à Lonato; elle déploie; elle Place l'autre derrière, et en forme une réserve que masque le terrain. Elle reste plusieurs heures dans cette position avant que l'ennemi survienne. Il paraît enfin, ouvre immédiatement l'attaque, et réussit à couronner la hauteur. Il croit la 32e décidément battue, et lance les hulans sur elle. Mais tout-à-coup la réserve se présente; les grenadiers de la 5e de ligne se reforment; ils arrêtent d'abord la cavalerie par un feu violent, et, soutenus par quelques troupes qui accourent à leur aide, ils reprennent bientôt après la position qu'ils ont perdue. Un bataillon de la 32e, de son côté, force à la retraite une colonne autrichienne qui cherche à faire irruption sur la gauche. On pénètre dans Lonato. On charge les Impériaux qui se sent répandus dans cette ville. On les refoule de rue en rue, on les chasse au loin. Quelques uns des plus braves se jettent dans une maison, et s'y retranchement. On tourne aussitôt l'artillerie contre eux, on leur donne l'assaut, on les enlève.

La demi-brigade avait tué près de 200 hommes à l'ennemi, et lui en avait pris 600. Bonaparte rendit hommage à la valeur qu'elle avait déployée, et consigna, dans le rapport qu'il fit de cette affaire, les paroles qui furent plus tard inscrites sur le drapeau de la demi-brigade: J'ÉTAIS TRANQUILLE, LA BRAVE 32e ÉTAIT LA. Un éloge semblable, et décerné par un pareil juge, est la récompense la plus flatteuse que le courage puisse obtenir.

La demi-brigade eut dans cette rencontre 4 morts et 2 blessés.

1er août. -La 32° se rend à Brescia. L'ennemi évacue la place à son approche, et lui abandonne ses magasins.

2. A Ponte-San-Marco.

3. La colonne continue son mouvement, et s'avance sur Lonato. Les Autrichiens venaient d'y rentrer. L' avant-garde fut mise en désordre, perdit de l'artillerie et quelques centaines d'hommes. Au bruit de cet échec, la 32e força de marche, défila devant le général Bonaparte, dont la rapide allocution exalta encore son énergie, et se trouva bientôt au milieu d'hommes et de chevaux échappés au tumulte du combat. Les artilleurs, confus, déploraient vivement la perte de leurs pièces. Vos pièces, leur dirent les grenadiers, n'iront pas loin; nous nous chargeons de vous les rendre. Les Autrichiens étaient en face. La demi-brigade s'avance au pas de charge, sa musique en tète; elle se jette sur nue batterie qu'on lui oppose, elle l'enlève, et, se déployant devant la position que deux jours auparavant elle a si vaillamment défendue, elle la force et s'en empare. Les réserves autrichiennes s'avancent pour la ressaisir, une batterie de quatre pièces ouvre le feu; l'action se rallume et semble un moment douteuse; mais la demi-brigade est appuyée à son tour par la 18e de bataille. Elle pousse en avant, bat l'ennemi et le met en fuite. Elle lui arrache les prisonniers qu'il a dans les mains; elle lui enlève ses pièces, le refoule sur Salo et lui prend 1,100 grenadiers.

4 août. – Combat de Salo. Le 4, l'action recommença avec le jour. Les généraux Rampon, Guyeux, Saint-Hilaire, manoeuvraient pour couper la retraite à l'ennemi. Il se rejeta sur la petite rivière de Toscalano, perdit une Parie de son monde en la traversant, et chercha avec Le reste à s'échapper à travers les montagnes. Les volontaires le serraient de près: les uns le suivirent au milieu des rochers; les antres, répandus sur le bord de la rivière, le fusillaient sans pitié, et les cadavres de ceux qui étaient atteints, roulant du haut en bas, emportaient dans leur chute des files entières de ceux que n'avait pas frappés la balle. La plupart périt misérablement; le reste, au nombre de 1,200, rendit les armes. La dcmi-brigade eut 3 morts et 8 blessés.

5 août. – Bataille de Castiglione. La 32e prit peu de part à ce grand fait d'armes. Elle était placée à l'aile gauche; elle n'eut affaire qu'à des piquets de cavalerie et d'infanterie. Les soldats trouvèrent néanmoins l'occasion d'y faire preuve d'audace. Ils poursuivirent à diverses reprises les cavaliers ennemis à la course, et en enlevèrent quelques uns.

6 août. - Combat de Peschiera. La division Massena marcha au secours de Peschiera, que pressaient vivement les Autrichiens. Ceux -ci lui abandonnèrent les travaux qu'ils avaient faits sur la rive droite; elle entra dans la place et passa le Mincio sans difficulté. Mais le général Guillaume, qui commandait Peschiera, voulut à son tour prendre l'attaque. Il fit une sortie dès qu'il vit les troupes de secours paraître, et déboucha par celle de ses portes qui était encore bloquée. La résistance était vive, opiniâtre. La 32" s'avança pour appuyer la garnison: si l'ennemi se fût laissé percer, les colonnes qu'il avait du côté de Mantoue se fussent trouvées compromises; il soutint l'attaque avec une constance qu'on fut longtemps à vaincre; on en triompha néanmoins. L'infanterie autrichienne fut débusquée des parallèles où elle s'était établie; l'armée impériale se replia sur les hauteurs et disparut pendant la nuit. La demi-brigade eut 131 blessés et 18 morts. Au nombre de ceux-ci se trouvaient le sous-lieutenant Lombard, jeune homme de grande espérance , et le capitaine Thoiret, qui fut tué en s'élançant sur une pièce de canon.

7. La 32e se rendit à la Sega, sur l'Adige.

8, 9, 10. Séjour.

11 août. - Prise de la Corona. Les Autrichiens avaient successivement été chassés de toutes les positions dont ils s'étaient rendus maîtres. Ils n'occupaient plus que la Corona; Massena alla les chercher. Sa première attaque ne fut pas heureuse; il appela la 32e, et chargea Rampon de presser sa marche. Mais l'avant-garde, un moment ébranlée, avait repris l'attaque. L'ennemi ne vit pas déboucher la demi-brigade, qu'il s'éloigna.

12. La 32e se rend à Rivoli; elle y séjourne jusqu'au 1er septembre.

2 septembre. – Elle passe l'Adige au pont Saint-Paul et gagne Volargini.

3. Elle se porte à Ala.

4. – Bataille de Roveredo. La 32e n'eut aucune part à la prise du camp de Roveredo; il était enlevé quand elle arriva. Elle se mit en devoir de tourner les Autrichiens; mais ils s'éloignèrent en toute hâte. Elle ne put joindre que quelques hussards et un piquet d'infanterie qui couvrait la retraite. Elle leur tua ou prit un certain nombre d'hommes. Son chirurgien-major, le brave Saint-Ours, chargea avec les chasseurs.

L'ennemi se rallia an château de la Pietra. Ce château, situé entre l'Adige et d'affreux rochers, commande la route, et avait en batterie 2 bouches à feu. La cavalerie ne pouvait passer, la 32e prit sa place; elle Jeta ses tirailleurs sur la droite, les poussa, à la faveur de quelques rochers, jusque sous les murs du fort, et, s'élançant elle-même dans le défilé, elle le franchit d'un bond, et enleva le parc et le château. Les Autrichiens, stupéfaits de tant d'audace, n'essayèrent pas de prolonger la résistance. Ils se rendirent et se laissèrent prendre en masse. Un volontaire qui avait déjà signalé son courage à Dego, le brave Cambon, leur enleva un drapeau. La demi-brigade eut 36 blessés.

5. Prise de Trente. La 32e traverse cette ville et va s'établir à Serezano.

6. A Borgo-Valgusana.

7. A Cismone.

8. A. Bassano.

9. A Vicence.

10. A Montebello.

11. La demi-brigade passe l'Adige à Ronco; elle le passe trop tard; elle ne peut assister à l'affaire de Cerea, dont l'issue eût peut-être été plus heureuse si elle s'y fût trouvée.

12. Elle se rend à Sanguinetto.

13. Elle se porte à Castellar.

14. - Premier combat de Saint-Georges. Wurmser, vivement poursuivi depuis plusieurs jours, échappe aux colonnes qui le pressent; il se jette sur Mantoue et défend les approches du faubourg Saint-Georges. L'avant-garde, conduite par le général Pijeon, engage l'action avant que le gros de la colonne soit à même de la soutenir. Elle est culbutée et se replie en désordre, La 32e qui débouche, entraînée d'abord, parvient cependant à se dégager et rétablit le combat. Elle force les Autrichiens à faire à leur tour volte-face. Elle les rejette sur Saint-Georges et leur enlève les pièces de canon dont ils s'étaient rendus maîtres. Vainement les cuirassiers, les hulans, accourent à la charge. Les éclaireurs les attendent à l'abri des fossés; ils les traquent, les fusillent, les attirent dans des embuscades et les immolent. Le quartier-maître Pouchelon se signale entre les plus braves. Il se jette d'élan à la tête des grenadiers et pousse jusqu'à l'entrée du faubourg.

La demi-brigade laissa sur le champ de bataille le capitaine Caille et 23 sous-officiers ou soldats. Elle eut en outre 177 blessés et 106 prisonniers.

15 septembre. Deuxième bataille de Saint-Georges. - La division d'Augereau et celle de Massena reprennent l'attaque. La 32e est placée en réserve et suit les mouvements des colonnes qui entrent dans Saint-Georges. Elle est longtemps à brûler une amorce; mais enfin elle est mise à une rude épreuve. Les Autrichiens descendirent inopinément de la Favorite, et arrivèrent sur elle sans avoir pour ainsi dire été aperçus. Prise en flanc, labourée par les balles et la mitraille, elle chercha à éloigner une attaque aussi inopinée: elle détacha d'abord une compagnie, puis les grenadiers, puis un bataillon, enfin elle marcha elle-même tout entière: il ne fallait pas moins pour arrêter les progrès des Impériaux. Ils étaient 6,000 hommes; 6 pièces de canon les soutenaient; la 32e n'avait pas encore eu de rencontre si vive. L'ennemi occupait quelques maisons éparses; il fallut le joindre, le chasser de pièce en pièce pour le déloger. La nuit arrivait; la troupe redoubla d'efforts, et triompha enfin de cette longue résistance. Les colonnes autrichiennes lui abandonnèrent le champ de bataille avec leurs pièces, et regagnèrent tumultueusement la citadelle. Ce succès, moins éclatant, ne fut pas moins important que celui de la veille. Sans la réserve, peut-être le faubourg aurait été repris. 4 officiers, les sous-lieutenants Bruyère, Turq, Peyrou, Bijourdat, furent tués dans cette rencontre sanglante; 6 autres, les lieutenants Bosc, Hardempon, les sous-lieutenants Labat, Josse, Abal et Buisson furent mis hors de combat; les sous-officiers ou soldats eurent 61 morts et 248 blessés.

16. La 32e stationne devant Mantoue.

17. Un coup de canon, parti de la citadelle, l'atteint sur la grande route et lui enlève 5 hommes. Elle se rend à Roverbella et y stationne jusqu'au 24.

25. Elle gagne Vérone, où elle séjourne jusqu'au 1er octobre.

2 octobre. Elle se rend à Montebello.

3. A Vicence, où elle séjourne le 4 et le 5.

6. Elle se rend à Bassano et y fait halte jusqu'au 3 novembre.

1er novembre. Le général Massena porte sur Rivoli une forte découverte dont les grenadiers de la 32e font partie.

4. La 32e se rend à Vicence.

5. Elle bivouaque sur la route de Citadella.

6. Combat de la Brenta. - Les Autrichiens, conduits par le feld-maréchal Alvinzi, avaient passé la Brenta. La division Massena les joignit sur la route de Citadella et les repoussa jusqu'à la rivière. Là se trouvaient des forces supérieures; elle fut arrêtée, mise en désordre, pénétrée jusqu'à ses réserves. L'artillerie et la cavalerie, qui encombraient la route, furent au moment d'être enlevées. Des Autrichiens portaient déjà la main sur les chevaux des hussards français; heureusement 6 compagnies de la 32e se trouvaient en bataille dans un champ voisin. Elles firent feu et s'ébranlèrent sans recharger. L'ennemi, qui venait également d'être repoussé sur les autres points, fut poursuivi, refoulé sur la Brenta, qu'il repassa en désordre.

La demi-brigade fit des pertes assez considérables. Un de ses chefs de bataillon, Charlot, fut blessé; deux autres, Minguant et Lacaille, restèrent sur le champ de bataille avec le lieutenant Camponurci. 22 sous-officiers et volontaires furent tués et 79 blessés.

7. La demi-brigade se rendit à Montebello.

8. A Vérone.

9. Séjour.

10. A Castelnovo.

11. Sur les hauteurs de Saint-Martin. .

12. Bataille de Caldiero et Codognula.

Notre feinte retraite de Vicenza avait attiré l'ennemi dans la plaine de Villanova. L'armée fait tout-à-coup volte-face, et nous allons le chercher au moment où il s'y attend le moins. Pendant qu'Augereau attaque Caldiero, Massena marche vers Codognula, situé sur une colline à gauche et au-delà de Caldiero. Le mauvais temps nous contraria toute la journée. La pluie dans un terrain gras avait rendu les chemins presque impraticables. Malgré ces obstacles nous nous emparons de Codognula et de la colline. Roex, caporal, prend un canon, mais il n'a que le temps de ramener les chevaux. Une colonne fraîche, après avoir fait un long détour, menaçait de nous prendre par derrière. -Nous découvrions au loin la plaine, et ne voyions paraître aucun renfort. Nous fûmes forcés d'abandonner la hauteur. Quaud nous fûmes descendus, la 75e et la 25e vinrent soutenir la retraite. Demi-heure plus tôt elles eussent décidé la victoire. L'ennemi n'osa nous suivre, et nous reprîmes notre première position. Nous eûmes dans cette affaire 49 morts, 119 blessés et 55 prisonniers. Dans ce nombre comptent les capitaines Bab et Bruyère, tués; le chef de brigade Dupuy et le lieutenant Cormier, blessés; les capitaines Giraud et Pouillac, les lieutenants Rostain et Cormier, prisonniers.

13. La 32e se rend à Vérone.

14. Séjour. Dans la nuit du 15 au 16 nous partons pour Ronco, où nous passons l'Adige sur le pont de bateaux nouvellement construit.

15. Première bataille d'Arcole et de Ronco.

La division Augereau luttait depuis le matin devant le village d'Arcole. Cependant l'ennemi faisait filer une division vers notre gauche. La 12e demi-brigade fut attaquée, et commençait à plier quand un bataillon de la 32e arrive à son secours. Il fond sur les Autrichiens, leur enlève deux pièces et fait beaucoup de prisonniers. L'ennemi reçoit un renfort, et nous allions céder au nombre; mais les 1er et 2e bataillons viennent joindre le 3e, ayant à leur tête le général Gardanne. Alors la victoire est complète. Nous prenons 800 hommes et un drapeau. Ce drapeau fut enlevé par Bélot, caporal, qui le présenta lui-même à Bonaparte. L'adjudant-général Verdeling fut tué dans cette affaire, qui coûta à la demi-brigade 2 morts et 17 blessés, parmi lesquels le lieutenant Moricart.

16. Deuxième jour, deuxième bataille.

La 32e avait bivouaqué à la gauche du pont de Ronco, sur la chaussée qui mène à Caldiero. Au point du jour les éclaireurs, envoyés à la découverte, rencontrent une colonne d'attaque ennemie; ils se replient après nous avoir avertis par une décharge. La demi-brigade se porte en avant pour les soutenir: l'action s'engage avec la plus grande vivacité. Le champ de bataille était étroit: c'était une chaussée flanquée à gauche par l'Adige, et à droite par des marais. Quelques soldats trouvèrent au milieu des joncs une langue de terre assez ferme pour les porter. Ils n'hésitent pas à s'y engager, et prenant en flanc l'ennemi, lui font beaucoup de mal. Mais ce qui fixa la victoire, ce fut l'exemple du général Gardanne. Ce brave homme, voyant qu'on s'amuse trop à fusiller, monte sur la chaussée, met son chapeau au bout de son épée, et court en avant à travers les balles et la mitraille, en appelant à lui ses camarades. La demi-brigade se précipite sur ses traces. Un canon se trouve à trente pas, le canonnier tient la mèche allumée. Nous mettons ventre à terre, le coup part: on saute sur la pièce; l'ennemi fuit épouvanté. Nos soldats ne se servent plus que de la baïonnette les morts tombent les uns sur les autres, et roulent dans les marais: de ce nombre est un officier-général. Nous en prenons un autre, avec 1,600 hommes et trois canons, et poursuivons le reste jusqu'aux portes de Caldiero. Trois sergents de la 32e se distinguèrent particulièrement par leur courage: Abal, Pailhès et Devrenne. Ces trois héros pendant le combat ne cessèrent de braver la mort dans l'endroit le plus périlleux de la chaussée. Quand l'ennemi commença à s'ébranler, ils fondirent sur lui avec la rapidité de l'éclair, et Devrenne seul perça plus de vingt Autrichiens de sa baïonnette. Cet excellent soldat fut tué le lendemain. Abal et Pailhès existent, et sont devenus officiers par leur bravoure. Une si brillante affaire ne coûta pas un homme à la 32.

17. Troisième jour. Prise d'Arcole.

La droite n'avait pu réussir à emporter Arcole ; la chaussée qui mène à ce village était depuis trois jours le théâtre du combat le plus sanglant. Le 17 au matin l'ennemi prenait le dessus et menaçait d'arriver au pont de Ronco; alors Bonaparte retire de la gauche la 32e et l'ayant portée vers la droite, la place en embuscade an milieu d'un bois entre l'Adige et la chaussée. Déjà l'ennemi lions avait dépassés, quand tout-à-coup nous sortons de notre embuscade, et marchant droit à la chaussée, nous allons déboucher au milieu des Autrichiens: tout ce qui se trouve coupé met bas les armes, le reste tourne le dos. La chaussée ne peut les contenir; ils rencontrent dans leur fuite un canal qui la traverse et dont le pont n'est pas assez large; plusieurs se jettent dans cette eau profonde et s'y noient. Toutefois ce défilé donne à ceux qui l'ont passé moyen de se rallier; ils prennent position et recommencent le feu, Il faut encore payer d'audace pour les débusquer; le sergent Devrenne et d'autres braves tombent morts sur la terrible chaussée. Le général Gardanne est blessé; mais leur résistance est vaine, nous forçons le passage, culbutons une seconde fois l'ennemi et le suivons jus-qu'an pont d'Arcole, que nous passons pèle mêle avec lui. Une partie de la demi-brigade le jette dans a direction de Villanova , l'autre traverse Arcole, prend à droite et arrive devant un château où s'étaient réfugiés 800 hommes; on cerne le château, et an bout d'une heure tout ce qu'il contient met bas les armes.

La 32e se réunit en avant d'Arcole; nous croyions la journée terminée; mais à l'entrée de la nuit une alerte nous force à reprendre les armes. L'ennemi se présente en force à la tête du village, soit qu'il eût réellement dessein de prendre sa revanche, soit que ce fût une colonne égarée qui, cherchant à se rallier à son armée, errait au hasard dans la campagne. La nuit devenait obscure; la lueur seule des coups de fusil nous fit distinguer les casques des Autrichiens. On s'approchait sans se voir, et on se fusillait à bout portant; plus d'une méprise funeste eut lieu dans cette bagarre. L'artillerie légère faisait pleuvoir les boulets et les obus sur la route de Villanova. Nous parvînmes, non sans peine, à repousser cette attaque après deux heures d'un combat nocturne. Ils laissèrent une vingtaine de morts; dans cette journée furent tués le capitaine Husson et les lieutenants Jobert, Chalabeau et Joussi. Le capitaine Duranteau fut blessé, ainsi que les lieutenants Henry et Roget. Notre perte en sous-officiers et soldats fut de 82 morts et de 195 blessés.

18. A Caldiero.

19. A Vérone.

20. Séjour.

21. La 32e marche sur Rivoli, mais l'ennemi était déjà repoussé; elle revient sur ses pas.

22. A Saint-Michel.

23. Séjour.

24. A Vago.

25. Séjour jusqu'au 5 décembre.

6 décembre. A Vérone jusqu'au 11 janvier 1797.

12 janvier 1797. L'ennemi attaque Saint-Michel, il est battu et repoussé; il attaque également à dix heures du soir les postes de la 32e sous la citadelle de Vérone. Après s'en être emparé d'abord, il en est chassé à son tour; nous prenons un officier et une trentaine d'hommes; nous perdons le lieutenant Petit, 2 soldats tués et 3 blessés.

13. Nous partons dans la nuit pour Rivoli.

14. Bataille de Rivoli. - La 32e faisait partie des 6,000 hommes de la division Massena dont parle Bonaparte dans son rapport: "Les légions romaines, dit-il, faisaient 24 milles dans un jour; les nôtres en font 30 et se battent dans l'intervalle." Quand nous atteignîmes Rivoli, la bataille était commencée depuis deux heures, et non seulement la victoire était indécise, mais elle semblait pencher pour les Allemands. La 32e reçoit ordre de reprendre les hauteurs de San-Marco, dont l'ennemi venait de déloger nos troupes. Pendant que nous montons droit à lui, la 75e nous seconde, en s'avançant par la crête, et prend à dos les tirailleurs qui nous fusillaient à mi-côte. A l'instant le combat change de face, les Autrichiens sont culbutés et poursuivis jusqu'à la Corona.

Cependant on nous annonce que l'armée est coupée et la communication avec nos derrières interceptée. Un corps autrichien, qui avait filé entre le Montebaldo et le lac de Garda, était venu se prolonger sur une longue crête en arrière de Rivoli et s'était rendu maître de la grande route. Quand nos soldats, qui les apercevaient de loin, apprirent que c'étaient des Autrichiens: "Tant mieux, dirent-ils, ce sont autant de prisonniers." En effet, après avoir battu complétement Alvinzi, que nous avions en tête, et l'avoir mis hors d'état de nous inquiéter, Bonaparte se tourna contre ce corps détaché. Quatre compagnies de la 32e furent employées dans l'une des colonnes. Elles partent à l'instant et arrivent sur l'ennemi l'arme au bras. Ce n'est pas assez de rétablir la communication; en une heure toute cette colonne de plus de 3,000 hommes est faite prisonnière. Cette bataille célèbre décida du sort de Mantoue. Nous y perdîmes le capitaine Dorgeval, tué, le lieutenant Deltour et le sous-lieutenant Moricard, blessés. La perte de la troupe fut de 8 morts et de 37 blessés.

15. Nous partîmes pour Mantoue.

Provera, qui avait passé l'Adige à Anghiari et comptait se joindre avec Alvinzi, voyant que ce dernier manquait au rendez-vous, résolut de se jeter dans la place. Nous arrivâmes à temps pour assister à la bataille de la Favorite, qui fit échouer ce dessein.

16. Bataille de la Favorite. - Quoique la 32e dans cette bataille n'ait pas brûlé une amorce, elle ne laissa pas d'être utilement employée. Elle prit poste à la Favorite en observation, pour former entre Wurmser et Provera une barrière impénétrable et rendre leur jonction impossible. Là, le 1er bataillon, qui était le plus avancé, essuya pendant une heure tout le feu de la citadelle sans qu'il lui fût permis de riposter. Provera et sa colonne prisonnière défilèrent devant nous.

17. La 32e se rend à Vérone, où elle séjourne les 18, 19 et 20.

21. A Montebello.

22. A Vicenza.

23. Séjour.

24. Sur la route de Bassano. 25. A Bassano. Le second bataillon, sans s'arrêter, part pour Carpenetto, malgré un temps affreux. Il atteint l'arrière-garde ennemie, lui prend 600 hommes, un major et plusieurs officiers. Ce bataillon était commandé par le chef Darmagnac. Il eut dans cette affaire 7 morts et 8 blessés.

26. La 32e séjourne à Bassano les 26 et 27.

28. A San-Lazaro.

29. Séjour.

30. A Primolano.

31. A Borgo, où nous nous emparons d'un convoi de farines.

1. février. Nous retournons à Cismone.

2. Séjour à Bassano jusqu'au 15.

16. A Crispan et autres villages en avant de Bassano, où nous demeurons jusqu'au 9 mars.

10 mars. A Quero.

11. A Feltre.

12. Séjour.

13. A Bellune.

14. Séjour.

15. A Serravalle.

16. A Pordenone.

17. A Spilemberg.

18. A Gemona, passage du Tagliamento.

19. La demi-brigade séjourne à Gemona. Mais l'avant-garde, composée de nos éclaireurs et grenadiers, et de ceux de la 75e sous les ordres des chefs de bataillon Duranteau et Nugues, de la 32e, entre dans la gorge du Tagliamento et rencontre l'ennemi retranché au pont de Casasola. En une heure il est forcé dans ses retranchements, et nous faisons 600 prisonniers, tous de régiments récemment arrivés du Rhin. Les grenadiers et éclaireurs eurent dans cette affaire 4 hommes tués et 15 blessés.

20. A Hospitaletto, Benezeth, grenadier, est tué en voulant arrêter seul une petite colonne ennemie. Il était connu depuis longtemps pour une intrépidité extraordinaire.

21. Séjour à Hospitaletto.

22. A Rasiuta.

23. Combat de Tarvis.

Le prince Charles fut battu et mis en fuite par la moitié de la division Massena. Nos éclaireurs et nos grenadiers s'y trouvèrent et eurent part au succès. L'ennemi perdit 3,000 hommes prisonniers et un grand nombre de morts, une quantité considérable de chevaux, six canons .... La 2 demi-brigade d'infanterie légère s'y couvrit de gloire. Le résultat de cette victoire fut de couper la retraite à une colonne de 1,600 hommes, poursuivie par le général Guyeux, et qui n'avait d'autre issue pour s'échapper que Tarvis, où nous entrâmes le jour même. La demi-brigade y perdit le capitaine de grenadiers Barbe (c'était le quatrième de cette compagnie depuis la campagne). Elle eut aussi à regretter 5 morts et 14 blessés.

24. La demi-brigade marcha sur la route de Trieste à la rencontre de la colonne de 1,600 hommes poursuivie par le général Guyeux. Après un léger combat, cette colonne, prise entre deux feux, se rendit avec tous ses équipages et nombre de chevaux.

25. La demi-brigade se rend à Test.

26. A Ernoldstein.

27. A Willach. 28. Séjour.

29. A Clagenfurth. Il y eut une affaire dont nous demeurâmes spectateurs. Nos éclaireurs seuls donnèrent.

30. Séjour.

31. A Saint-Weit.

1er avril. Au bivouac.

2. Combat de Freisack. - Après avoir poursuivi les Autrichiens toute la journée, nous atteignîmes leur arrière-garde dans l'après-midi. Elle était composée de grenadiers qui firent une fort belle défense. Ils avaient pris position au-delà de Freisack dans un vallon assez large. Ils avaient en batterie six canons qui vomissaient une grêle de boulets et de mitraille dans la prairie qu'il fallait traverser pour arriver à eux. Mais nos soldats, accoutumés à la guerre de montagnes, grimpèrent sur les hauteurs de droite et de gauche, les prirent en flanc et eu queue; ce mouvement les obligea à la retraite, qu'ils firent en bon ordre. Nous ne leur fimes que 150 prisonniers: ils laissèrent quantité de morts et emportèrent nombre de blessés. Notre perte fut de 6 morts et de 21 blessés, parmi lesquels se trouvèrent les lieutenants Renouvier et Berchou.

3. A Neumarkt, où nos éclaireurs donnèrent.

4. A Judemburg.

5. Séjour.

6. A Kintelfeldt.

7. A Leoben.

8. Séjour.

9. A Pruk, où nous séjournâmes jusqu'au 25.

Tel fut le terme de notre marche victorieuse. C'est là que l'empereur d'Allemagne, voyant sa capitale menacée, et n'ayant ni places ni armées capables de nous arrêter, envoya enfin des plénipotentiaires à Leoben pour traiter avec Bonaparte. C'est là qu'une paix glorieuse vint couronner une immortelle campagne. La 32e, partie de Pruk le 25 avril, et passant par la Styrie et la Carniole, revint en Italie avec le reste de l'armée. Sa conduite pendant cette retraite et durant son séjour à Goritzia prouve qu'elle n'est pas moins amie de l'ordre et de la discipline qu'elle s'est montrée jalouse de gloire, et qu'après avoir fait la guerre avec courage, elle saura jouir de la paix avec modération, non que l'image de ses travaux passés lui fasse redouter de nouveaux périls, car au premier cri de la patrie en danger tous les individus qui la composent sont prêts à revoler à son secours.

DATE des événements. PERTES FAITES Par la trente-deuxième demi-brigade PRISES Faites à l'ennemi.
Morts sur le champ de bataille Blessés. Prisonniers de guerre.
Officiers. Sous-officiers et soldats. Officiers. Sous-officiers et soldats. Officiers. Sous-officiers et soldats. Prisonniers de guerre. Canons. Drapeaux.
Défense de Montelesino 11 avril 1796. "2 "10 "" """
Bataille de Montenotte 12 idem. "3 "7 "" 1500"1
Bataille de Millesimo 14 idem. "" "6 "" 100075
Perte de reprise de Dego 15 idem. 330 6100 17252 1500""
Bataille de Lodi 10 mai "4 29 "" """
Affaire de Pavie 26 idem. "1 "5 "" """
Passage du Mincio 30 idem. "3 "" "" """
Combat de Lonato 31 juillet "4 "15 "" 600""
Bataille de Lonato 3 août 112 235 "" 11006"
Combat de Salo 4 idem. "3 "8 "" 12002"
Bataille de Castiglione 5 idem. "" "" "" """
Combat de Peschiera 6 idem. 216 1130 "" 50012"
Prise de la Corona 11 idem. "" "" "" """
Bataille de Roverédo 4 septembre "" "36 "" """
Passage le la Brenta 6 et 7 idem. "" "" "" """
Bataille de Bassano 8 idem. "" "" "" """
Combat de Cerea 11 idem. "" "" "" """
Combat de Castellare 12 idem. "" "" "" """
Combat de Saint-Georges 14 idem. 123 1177 5112 """
Bataille de Saint-Georges 15 idem. 461 6248 "" "6"
Combat de Citadella 5 novembre. 322 179 "" """
Combat de Caldiero 12 idem. 247 2117 451 """
Première bataille d'Arcole 15 idem. "2 117 "" 800""
Deuxième bataille d'Arcole 16 idem. "" "" "" 16013"
Troisième, bataille d'Arcole 17 idem. 482 3195 "" 800""
Combat de Saint-Michel 11 janv. 1797. 12 "3 "" """
Bataille de Rivoli 13 idem. 18 237 "" """
Bataille de la Favorite 11 idem. "" "" "" """
Combat de Carponetto 15 idem. "" "8 "" 600""
Passage du Tagliamento 18 mars. "" "" "" """
Combat de Casa-Sola 19 idem. "4 "15 "" 600""
Combat de Tarvis 1er avril. 15 "14 "" """
Combat de Freisack 25 mai. "6 219 "" """
23340 291280 26415 11601365

Il résulte de cet état que la 32e demi-brigade de ligne, pendant la mémorable campagne de l'an IV, et de l'an V, à l'armée d'Italie, c'est-à-dire du 11 avril 1796 au 7 avril 1797, époque de la cessation des hostilités (un an moins quatre jours), a pris part à 15 batailles et 18 combats; qu'elle y a eu 23 officiers et 340 sous-officiers et soldats tués, 29 officiers et 1,280 sous-officiers et soldais blessés, 26 officiers et 415 sous-officiers et soldats prisonniers de guerre: ce qui suppose que 2,113 des individus qui l'ont composée (nombre supérieur à sa formation), ont subi les chances de la guerre. Ses trophées, consistant en 11,601 prisonniers, 36 canons et 5 drapeaux, semblent être le produit des travaux de toute une armée, et justifient cette haute réputation qu'elle avait acquise parmi tant de glorieux émules. On en trouvera d'ailleurs une preuve surabondante dans l'état ci-après, (lui indique les généraux qu'elle a donnés à l'armée française.

Etat des bataillons qui ont concouru à la formation de la 32e demi-brigade et des officiers-généraux qui sont sortis de ces bataillons pendant la guerre de la Révolution.

Demi-brigades de première création qui out concouru à l'organisation de la 32e de ligne. Bataillons qui composaient les demi-brigades de première création. Noms des officiers- généraux sortis de ces bataillons. Leur grade en 1792 au début de la guerre. Grade auquel ils sont Parvenus.
21e demi-brigade de ligne. 1er bataillon du 11e régiment, ci-devant Vieille Marine. Mussias. Colonel. Génér. de div.
Hamel. Lieut.-colon. Génér. de brig.
1er bataillon de la Haute-Garonne. Vicose. Chef de bat. Génér. de brig.
Dupuy. idem. Génér. de brig.
Pijeon. Adj.-m.-cap. Génér. de div.
Roguet. Adjudant. Génér. de div.
Darmagnac. Capitaine. Génér. de div.
2e bataillon du Var. Massena. Adjudant. Maréch. de Fr.
Gazan. Chef de bat. Génér. de div.
118 demi-brigade de ligne. 2e bataillon du 59e régiment, ci-devant Bourgogne. " " "
2 bataillon de la Drôme. Ponchelon. Quart.-maît. Génér, de brig.
5e bataillon de l'Isère. Charlot. Chef de bat. Génér. de brig.
129e demi- brigade de ligne. 1er bataillon du 70e régiment ci-devant Medoc. Serrurier. Colonel. Maréch. de Fr.
Rampon. Sergent-maj. Génér. de div.
Duranteau. Capitaine. Génér. de brig.
La Plane. Lieutenant. Gênér. de div.
1er bataillon de l'Hérault. Tisson. Capitaine. Génér, de brig.
Soulier. Capitaine. Génér. de brig.
2° bataillon de l'Hérault. Dortoman. Chef de bat. Génér. de brig.
Lescale. Chef de bat. Génér. de brig.
RÉSUMÉ DE L'ÉTAT.
Maréchaux de France 2
Généraux de division 7
Généraux de brigade 10
Total 19

Les Membres du Conseil d'administration de la 32e de ligne.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 181-208