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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 29e légère

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

29e DEMI-BRIGADE D'INFANTERIE LÉGÈRE.

La 29e légère faisait partie de la brigade du général Rusca lorsque s'ouvrit la campagne de 1796. Placée à Bardinetto, elle se porta sur Saint-Jean et contribua à enlever les retranchements qui couvraient cette position. Elle suivit les Austro-Sardes, se déploya devant les redoutes et les couvrit de feux. Les Allobroges attaquèrent de front, et la 29e prit l'ennemi en flanc. En un instant tout fut culbuté; ce qui échappa à la mort se réfugia dans le fort de Ceva. La demi-brigade eut 3 hommes tués et 20 blessés. Les ennemis tenaient encore la plaine qui se trouve devant la place. La 29e chercha d'abord à les occuper par de fausses attaques, pendant que le général Serrurier les tournait sur Mondovi; puis elle les suivit jusqu'à Alba, où elle apprit que la paix avec le Piémont était conclue.

La brigade se porta presque aussitôt sur Plaisance. Les carabiniers, enbataillonnés depuis deux jours, avaient forcé le passage. Elle gagna Borghetto, et y trouva un corps de réserve qui venait de l'occuper pour couvrir Lodi, où était le ralliement de l'armée autrichienne. 2 pièces de canon et quelques tirailleurs suffirent pour mettre cette troupe en fuite. Toutefois, la 29e l'avait à peine dissipée, qu'elle reçut l'ordre de se porter sur Lodi même. On s'exprimerait mal si l'on disait qu'elle s'y rendit au pas accéléré; car, s'exaltant au bruit du canon, elle fit le trajet à la course. Rendue au lieu du combat, elle se forma vivement en colonnes serrées et poussa au pont. Il fallait traverser l'Adda devant l'armée ennemie en bataille, et le traverser sous une pluie de projectiles. Le 1er bataillon de carabiniers. composé des compagnies de la 29e et de celles des Allobroges, l'avait déjà franchi; mais ces forces n'étaient pas suffisantes pour faire face à la tempête. En vain le capitaine Philippe s'élance sur les redoutes; en vain ses carabiniers le suivent et font des prodiges de valeur. Cet intrépide officier est renversé sans vie, et ses soldats sont couverts de feu. A la fin cependant l'attaque triomphe de la résistance. Le sergent-major Coste, le caporal Fontaine, le carabinier Vauché, pénètrent dans les retranchements. La troupe se précipite sur leurs pas, le carnage redouble, le sang coule par torrents. La fortune néanmoins reste encore indécise. Mais la demi-brigade s'est formée; elle s'avance sur le pont; elle le traverse avec ordre et sang-froid. Malgré l'artillerie qui tonne à coups pressés, pis un soldat ne sourcille, pas un ne songe à quitter son rang. L'ennemi effrayé chancelle et ses ligues sont emportées. La cavalerie essaie de relever le combat; mais elle est désorganisée, rompue. En un instant, elle couvre la terre de cadavres. La 29e continue la charge; elle s'avance la baïonnette haute, et fait une foule de prisonniers.

Pertes: 20 morts et 50 blessés.

De Lodi, la demi-brigade se rendit à Pavie, à Milan, à Cassano et sur le lac de Garda. Elle prit position à Thermini. Les Allobroges, se prolongeant à droite, s'établirent sur les débouchés du val de Sabio. La ligne, un peu étendue, fut renforcée d'abord par la 27e, qui alla occuper un château situé sur les bords du lac, puis par un bataillon de la 11e de ligne, qui se plaça à Gavardo, gardant la route de Brescia et la gorge qui mène dans le Tyrol. Ces troupes, qui s'élevaient au plus à 3,000 hommes, passèrent sous les ordres du général Sauret, dont elles formèrent la division.

Le temps s'écoulait paisible; rien n'annonçait une agression sérieuse, lorsque, le 29 juillet 1796, le camp des Allobroges est brusquement attaqué. Le général Rusca est presque aussitôt atteint d'une balle; il se retire. à Salo, et expédie aux carabiniers de la 29e l'ordre d'accourir au secours des Allobroges. Mais, épuisés par un long combat, ceux-ci se retirent eux-mêmes sur la demi-brigade, Les carabiniers se trouvent cernés par les colonnes ennemies qui ont déjà enveloppé la 27e, et la bloquent dans son château. Ils font volte-face, arrivent à Salo avec elle, les attaquent à coups de crosse et de baïonnette: les uns réussissent à se faire jour; les autres sont tués, pris, ou se rallient au camp des Piémontais qui servait de point de retraite à la division. Cependant la colonne qui avait passé la Chiesa à Gavardo marchait sur le camp de Thermini. Le chef de brigade Ballaydier détacha 4 compagnies pour surveiller la route, avec ordre de la suivre, dès qu'elle effectuera sa retraite. Le 1er bataillon se mit en bataille le long de la Chiesa pour arrêter l'ennemi qui se présentait sur les hauteurs de la rive opposée; le 2e et le 3e se déployèrent en face de la route de Gavardo, et continrent pendant deux heures les Autrichiens qui voulaient emporter le camp d'assaut.

Fatigué d'une si opiniâtre résistance, l'ennemi changea son plan d'attaque. Il tourna la grande montagne et se porta sur la route par laquelle la demi-brigade devait se retirer. Prise entre deux feux, celle-ci se met en marche à trois heures du soir avec les Allobroges, un escadron de cavalerie et s'avance sur Salo. L'ennemi, déployé en colonnes profondes, présentait au moins une force de 8,000 hommes. Les carabiniers n'ouvrent que plus vivement l'attaque. La colonne se déploie, et après quatre heures de combat rejette les Autrichiens dans la place, où sont les pièces d'artillerie qui battaient la route.

Le général Sauret, à son tour, divise son petit corps de bataille en deux. Les Allobroges et une partie de la 29e, filent vivement, le long du lac; le reste de la demi-brigade suit les hauteurs et tourne la gauche de Salo. Deux fois les chasseurs pénètrent dans la ville, deux fois ils sont repoussés. Mais les bataillons qui avaient pris à gauche avaient accompli leur mouvement. L'ennemi inquiet chercha à faire évacuer ses équipages et filer son artillerie. Il n'était plus temps: les deux petites colonnes descendaient sur Salo. La 27e fit une sortie; les Autrichiens furent obligés de céder en abandonnant 6 pièces de canon, 2 obusiers et 1,200 prisonniers. Le reste regagna en désordre le camp de Thermini. La 29e avait une vingtaine de blessés et 7 ou 8 morts. Elle rentra le jour même à Desenzano, gagna Sainte-Euphémie et arriva à Salo avec la division. Le général Guyeux avait succédé à Sauret. Il prit position dans le bas de la gorge avec les Allobroges, la 27° et les compagnies de carabiniers. La 29°, commandée par l'adjudant-général Veaux, s'établit avec la 11e sur la montagne qui domine Thermini. Le 2 août, il apprend qu'un parc considérable se trouve dans ce village. Il charge l'adjudant-major Obert de refouler sur Thermini les troupes qui le gardent. Pendant que la 11e reste en observation sur les hauteurs, une partie de la 29e va intercepter la route de Villanova. Tout réussit à souhait. L'ennemi plongé dans une sécurité profonde, n'a pas même la temps de prendre les armes. Il fuit épouvanté, abandonne 7 pièces de canon, 2 obusiers, 37 caissons et 150 chevaux. Témoin du désordre qui l'emporte, le général le fit suivre; mais 4 bataillons hongrois étaient en bataille dans la petite plaine qui s'étend entre la Chiesa et la montagne; la colonne se replia sur le camp. Veaux, croyant qu'elle se retirait sur lui, gagna une position plus en arrière, fut enveloppé et pris. La 29e résista plus de cieux heures; mais le chef de brigade Ballaydier était abandonné à lui-même; il fut obligé de se retirer sur Salo.

Cependant la petite colonne qui était descendue dans cette ville obtint tout le succès qu'elle pouvait attendre. Elle culbuta les colonnes autrichiennes, et leur fit en un instant 2,000 prisonniers. Des escadrons de hulans voulurent relever le combat; mais ils furent eux-mêmes mis en désordre, refoulés sur le lac et obligés de rendre les armes. Le général Guyeux, ne trouvant pas prudent de rester à Solo avec cette niasse d'hommes, gagna le camp des Piémontais où la demi-brigade le joignit avec une centaine de prisonniers qu'elle avait enlevés sur sa route.

Les Autrichiens, malgré ces échecs, étaient restes en position à Thermini; la 29e alla les chercher le lendemain à la pointe du jour, les battit après une vive résistance, et leur prit un millier d'hommes et les dernières pièces de canon qui leur restaient. Elle eut 4 hommes tués et une vingtaine de blessés.

Elle resta quelques jours dans la position qu'elle venait d'emporter et gagna Valleggio d'où elle alla s'établir en arrière de Saint-Michel. Les Autrichiens approchaient; elle jeta, le 6 septembre, 400 hommes dans le fort, et plaça ses carabiniers dans une redoute en avant de la barrière, puis détacha quelques tirailleurs. L'ennemi se laissa emporter; il chargea avec impétuosité sur la route, et vint tomber sur le feu qui l'attendait. Dégoûté d'un tel accueil, il poussa sur Legnago. La 29e le suivit. Elle gagna Castellar, se remit en route le 14 à deux heures du matin, et s'avança sur Saint-Georges avec la division Massena. Un bataillon de grenadiers ouvrait la marche que fermait la 32e de ligne. Les compagnies de carabiniers de la 29e, les 4e et 17e d'infanterie légère avaient filé sur la droite. La demi-brigade, avec 2 bataillons, marcha à l'appui de cette colonne qui commençait à plier. Le 3e, posté sur la gauche de la route pour soutenir un bataillon, arrêta court la cavalerie impériale; les grenadiers néanmoins ne se ralliant pas, il fit un mouvement rétrograde pour se placer derrière un large fossé qu'il avait à dos. Les Autrichiens s'avancent aussitôt sur sa gauche et le menacent par le flanc. Mais les grenadiers s'étaient ralliés: la 32e accourut. Le feu recommença sans que la division pût se maintenir. L'aile droite se mit en désordre. Les 2 bataillons de la 29e, entraînés par le mouvement rétrograde de ceux qu'ils allaient soutenir, eurent bientôt une foule d'hommes hors de combat. Le capitaine Beguin, qui commandait le 2e, fut atteint d'un coup de feu. Le capitaine Drouilli, déjà blessé deux fois sans avoir voulu quitter l'arène, tomba sous le sabre d'un hulan. Les lieutenants Petel, Ducret, Benoist, les carabiniers les plus braves, perdirent la vie en cherchant à arrêter la déroute et à contenir l'ennemi. Massena cependant réussit à opérer ce que ces braves gens n'avaient pu faire. Il rallia les troupes les groupa , les forma en avant de la cavalerie qui n'avait pas encore donné, et s'avança pour reprendre les pièces que la division avait perdues. L'action se ralluma aussitôt et devint des plus vives. L'ennemi, masqué par les vignes, couvert par les tranchées qui sillonnent le terrain, faisait un feu terrible. Mais le général en chef survient. Le soldat reprend son énergie, la charge bat, les colonnes s'ébranlent et triomphent de cette longue résistance sous laquelle elles se débattent. Les cuirassiers impériaux essaient cependant encore de relever le combat, et se jettent sur un bataillon de la 29"; mais , reçus à bout portant par cette troupe intrépide, ils sont désorganisés et obligés de s'éloigner en toute hâte. La demi-brigade cut dans cette affaire 20 morts, 30 blessés, 80 prisonniers.

Le 15, la division Massena se porta sur Saint-Georges à 2 heures du matin. Elle s avança par pelotons en colonnes serrées, dans un ordre parfait. Elle se déploya dès qu'elle fut en présence. Le feu s'ouvrit, et devint ardent. Le 1er bataillon de la 29e se porta vers le lac, sur la gauche de Saint-Georges, où était la division Augereau. Il cherchait à rompre le cordon que formait l'ennemi à le prendre entre deux feux et à lui couper la retraite. Il y réussit, contribua même à faire mettre bas les armes à 600 cuirassiers et 2,000 hommes d'infanterie. Les deux autres bataillons se dirigèrent, avec la 52e sur la droite de la route de Saint-Georges, où se trouvait une foule de batteries qu'on ne pouvait atteindre qu'à travers de larges fossés remplis d'eau. Ils attaquèrent des colonnes, fermes, intrépides, sans inquiétude pour leurs derrières et éprouvèrent la plus énergique résistance. Pendant six heures, ils se battirent à portée de pistolet; pendant six heures, ils ne purent obtenir aucun avantage; mais enfin ils réussirent à faire plier ces troupes si braves. Ils s'emparèrent de cette artillerie qui les avait vivement foudroyés, et firent 7 à 800 prisonniers. La nuit était déjà noire; ils n'essayèrent pas de pousser leurs avantages, et bivouaquèrent au milieu des cadavres autrichiens. Les 2 bataillons eurent 60 hommes tués ou blessés.

La demi-brigade quitta peu de temps après le blocus de Mantoue. Elle se rendit d'abord à Vérone, et arriva le 23 à Lavis , où était le quartier-général de Vaubois. Elle alla le lendemain s'établir à Pressano , et resta dans cette position jusqu'à l'attaque de Saint-Michel. C'était le 2 novembre. Elle se porta, une heure avant le jour, sur le plateau de la Madone avec le général Guyeux, tandis que les carabiniers sous les ordres de l'adjudant-général Veaux, suivaient; la crête de la montagne. L'ennemi était retranché dans Saint-Michel. Il avait crénelé les maisons et barricadé les rues. Son artillerie, placée à l'avancée de l'autre côté de l'eau, battait toutes les avenues. Des compagnies de grenadiers de différentes demi-brigades l'attaquèrent vainement. Le 3e bataillon de la 29e se porta sur le village de Fay, où étaient quelques compagnies de Tyroliens, le 2e fila le long de l'Adige, et l3 1er , côtoyant la montagne, se porta directement sur Saint-Michel. Les deux bataillons avaient ordre d'enlever le village; ils se jetèrent sur les Autrichiens, les enfoncèrent après un combat opiniâtre, leur prirent un poste de 300 Croates retranchés dans un couvent, et les poussèrent jusqu'au château de Königsberg. Là était un pont défendu par de magnifiques batteries et des retranchements formidables. La demi-brigade s'avanca pour le détruire; mais, abandonnée par les sapeurs, elle fut obligée de se retirer. Elle eut dans cette affaire 13 morts et 17 blessés.

Elle se mit en retraite, et gagna la Pietra, où la division fit halte, résolue d'attendre l'ennemi. Battue, le 6 novembre, par l'artillerie autrichienne placée de l'autre côté de l'AdiGe, elle fut attaquée, le 7, par des partis qui avaient passé le fleuve. Elle les repoussa, prit l'attaque à son tour, et massacra 4 à 5 compagnies de chasseurs francs qui avaient eu la témérité de l'attendre. Elle eut 6 hommes tués, 10 blessés et 12 prisonniers.

La demi-brigade se mit ensuite en retraite, gagna la Corona, Bassolino, et se porta, le 16, sur Rivoli. L'ennemi avait fait plier la 17'e et la 22e. La 27e, accourue au secours, n'avait pu contenir le flot. La 29e s'avança; mais tout était en retraite lorsqu'elle parut. Elle suivit le mouvement, et se retira avec la division d'abord sur Castelnovo, puis sur Peschiera. Le 18, la colonne fit volte-face, passa sous les ordres de Massena, et alla bivouaquer en avant de Castelnovo. Elle reprit son mouvement le lendemain, à la pointe du jour. L'ennemi, en bataille dans la petite plaine de Rivoli, avait des piquets assez considérables sur tous les mamelons qui se trouvent entre ce village et la Corona mais il n'avait pas occupé les hauteurs qui sont du côté du lac. Le général Joubert se mit en devoir de les saisir; les Autrichiens cherchèrent à le devancer. Républicains et Impériaux gravirent simultanément la montagne par les revers opposés. Ceux-ci couronnent la cime; le feu s'ouvre, la demi-brigade fléchit, rétrograde un instant; mais elle aperçoit la 85e qui vient à son aide. Elle fait volte-face, joint l'ennemi à la baïonnette, et le pousse en désordre dans la plaine. La cavalerie française, s'ébranlant à son tour, culbute les hulans, et les refoule pêle-mêle jusqu'au Passon. Le lieutenant Jacob périt dans cette affaire.

L'ennemi avait été débusqué de la Corona; la 29e alla occuper cette position. Le général Joubert commandait alors la division, et le général Vial avait sous ses ordres les 4e, 17e, 22e et 29e d'infanterie légère, (lui se relevaient tous les dix jours, et allaient tour à tour cantonner au Passon. Le 12 janvier 1797, l'ennemi s'avança sur l'une et l'autre de ces positions. Joubert, averti de son approche, jeta pendant la nuit toutes ses troupes dans les retranchements qui défendaient la montagne. Les carabiniers de la 4e et de la 17e poussèrent sur le chemin qui conduit à Rivalta. Les compagnies de la 22e et celles de la 29e se dirigèrent vers le col du Campion. La demi-brigade occupait le poste de la barrière.

Les carabiniers, attaqués à la pointe du jour, soutinrent quelque temps le choc, puis se retirèrent, comme ils en avaient l'ordre, sur leurs brigades respectives. Les Autrichiens descendirent alors de tous côtés; ils envahirent la gorge, et se rangèrent plusieurs fois en bataille devant les redoutes, comme pour les attaquer de front. Les troupes françaises restaient immobiles et ne tiraient point. Ils se reportent en masse sur les 4e et 17e, placées dans les redoutes de Ferrare. Le feu éclate alors. Les demi-brigades criblent l'ennemi de balles; la 29e tente une sortie, l'action devient ardente. Mais le soldat n'a qu'un chemin étroit pour arriver en ligne; les Autrichiens le couvrent de projectiles. La diversion néanmoins a produit son effet. Les 4e et 17e, un instant ébranlées , reprennent l'offensive. Elles fondent sur les assaillants et les refoulent dans Ferrare. La 29e garde sa position, qui est vainement attaquée. Instruit que les colonnes autrichiennes le tournaient à la faveur des ténèbres, Joubert porte ses troupes sur Rivoli. La 29e prit position sur le petit coteau qui domine Saint-Martin et Caprino, la droite appuyée à l'artillerie disposée sur la route qui mène à la Corona, la gauche à la 85e de bataille, qui se prolongeait du côté du lac. mais disséminée sur un espace immense. L'ennemi s'avança, le 13, sur Caprino, et attaqua, le 14, deux heures avant le jour, du côté de la chapelle de Saint-Marc. Repoussé plusieurs fois sur ce point, il se porta sur la 85e, et fit bientôt après marcher les Croates sur la 29e. Le 3e bataillon de celle-ci leur opposa d'abord un feu des plus vifs ; mais la 85e ayant abandonné ses positions, le bataillon se trouva entre deux feux. Il essaya de résister, et fit en un instant les pertes les plus cruelles. Le chef Marchi avait la jambe cassée par une balle; deux capitaines, Guiller et Muller, étaient tués; une foule de sous-officiers et de soldats étendus sans vie. La troupe gagne Rivoli en désordre, et ne reprend ses positions que le soir, après neuf heures de combat.

La 29e, conduite par l'adjudant-général Veaux, se remit en marche le 15. Deux bataillons, s'avançant sur Caprino, atteignirent la Corona sans éprouver grande résistance; l'autre, passant par la Chapelle-Saint-Marc, trouva les Autrichiens embusqués dans un bois, d'où il ne les chassa pas sans peine. Il les débusqua cependant et les refoula sur la Corona, où ils mirent bas les armes Un corps considérable, qui arrivait par l'Hermitage. tomba comme eux au milieu des troupes françaises, et comme eux fut obligé de se rendre. L'ennemi perdit dans cette journée plusieurs milliers de prisonniers, et eut un assez grand nombre de morts. La 29e eut dans les trois affaires de la Corona 160 hommes pris ou blessés, et 40 morts. Elle regagna ses anciennes positions de Campadella, où elle séjourna jusqu'à la nouvelle irruption que l'armée fit sur le Tyrol. Elle était alors sous les ordres du chef de bataillon Clément.

Elle s'avança sur le Lavis, passa cette rivière à gué, attaqua une colonne de 3,000 Hongrois, en prit une partie, tua ou dispersa le reste, et le mena battant jusqu'à Saint-Michel. Elle fut moins heureuse à l'attaque de Fay, où elle eut 17 officiers enlevés et 2 blessés. Elle s'établit ensuite à Pressano, quitta cette position le 21 mars, attaqua l'ennemi dans ce même village qui lui avait été si funeste, et contribua vaillamment au succès de la journée.

Les Autrichiens, atteints de nouveau dans les gorges de Clausen, furent de nouveau battus et rejetés sur Brixen. La demi-brigade s'établit sur les hauteurs qui dominent cette ville, où elle bivouaqua jusqu'au moment de l'insurrection. Elle marcha alors aux paysans descendus des montagnes, les battit , entra en Carinthie, et gagna Villach, où elle reçut la nouvelle des préliminaires de Leoben.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 248-259