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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 20e légère

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

20e DEMI-BRIGADE D'INFANTERIE LÉGÈRE.

La 20e demi-brigade d'infanterie légère fut formée à Milan le 31 décembre 1796. Mise en marche deux jours après pour se rendre sur l'Adige, elle laissa des détachements à Plaisance, à Ferrare, et ne présentait le 14 janvier, lorsqu'elle arriva à Legnago, qu'une force de 300 hommes. Le canon tonnait, elle joignit la 27e légère et s'avança avec elle par la chaussée. Les Autrichiens ne s'étaient pas arrêtés au point où ils avaient franchi le fleuve. Ils avaient immédiatement poussé sur Mantoue, et n'avaient laissé qu'une forte arrière-garde à Anghiari, soit qu'ils voulussent s'assurer des moyens de retraite, soit qu'ils cherchassent simplement à se mettre en sûreté contre les entreprises que ne pourrait manquer de faite la division Augereau. Cette arrière-garde n'eut pas plus tôt aperçu les troupes qui venaient à elle qu'elle les couvrit de feu; mais la 20e, qui tenait la tête de colonne, avait sa réputation à faire: elle resta ferme, compacte, arriva à petite portée sans se laisser ébranler. L'adjudant-général Duphot, qui la conduisait, entonna alors le chant patriotique: Français, laisserons-nous fléchir, etc.; le 1er peloton de carabiniers croisa la baïonnette, la colonne entière s'ébranla au pas de charge, culbuta l'ennemi, lui enleva 2 pièces de canon, 900 prisonniers, le mena battant l'espace de trois milles et lui prit encore 3 bouches à feu. Les fuyards cependant ne tardèrent pas à se rallier; des réserves les avaient joints; ils prirent position. La colonne, épuisée de fatigue, n'avait plus de son côté le même élan; néanmoins, elle s'avançait encore fière et menaçante, lorsqu'une décharge lui abat 50 hommes. A cette explosion subite elle s'arrête et se trouble; mais la présence de l'intrépide Lannes, la bravoure de quelques dragons, l'activité, l'adresse de l'artillerie, lui eurent bientôt rendu son énergie. Elle chargea avec audace; l'ennemi fléchit, abandonna 2 pièces de canon et se réfugia dans le village de Roverchiera, où la colonne du général Point, qui arrivait alors, engagea une action qui fut vive, opiniâtre, et se termina par la prise de 8 bouches à feu et de la colonne ennemie presque entière. La demi-brigade eut 22 hommes tués et 32 blessés. Le chef de bataillon Mazurier était vivement atteint, ainsi que plusieurs officiers, dont cinq moururent peu de temps après de leurs blessures.

Arrivée le lendemain devant Mantoue, la 20e vit défiler Provera et gagna immédiatement Vérone. Elle y reçut les bataillons de Saint-Amant et de Jemmapes, qui entrèrent dans ses rangs, et se mit, le 25 janvier, à la poursuite des Autrichiens. Elle les mena battant jusqu'à Primolano, et tint près d'un mois les avant-postes de la division Massena. Elle prit alors la tête de la colonne, que commandait le général Molle, marcha sur Feltre et atteignit les Impériaux près de Longaro. Elle s'engagea aussitôt, ouvrit une vive, une bruyante fusillade, et donna au reste de l'avant-garde le temps d'arriver. L'ennemi occupait une position d'un difficile accès: à sa droite s'élevait une montagne, qui, fort escarpée en cet endroit, présentait une suite de retranchements; à sa gauche était la Piave avec un bois. L'espace que ne défendait pas la nature était rempli de troupes, ainsi que le seul chemin par lequel on pût arriver à lui sans franchir la rivière. La 20e avait l'attaque, elle la continua sans se laisser arrêter par ces obstacles; mais à mesure qu'elle s'avançait, la route devenait plus sinueuse. L'ennemi était en position à chaque coude, et l'espace était si resserré par les abîmes, que le soldat ne pouvait se donner le moindre avantage sans courir la chance de s'y précipiter. Le feu, du reste, était vif, animé; chaque balle frappait de mort, et peut-être le soldat se serait-il lassé de cette lutte meurtrière si le chef de bataillon Marchaix n'eût imprimé l'élan. Cet intrépide officier ne tarda pas à expier sa généreuse audace; mais l'impulsion était donnée; la cavalerie d'ailleurs passait la Piave, une pièce de canon mettait en batterie. L'ennemi, défait, abandonna à la demi-brigade 700 hommes avec le général qui les commandait.

La 20e joignit de nouveau les Autrichiens à Tarvis; elle les mit en désordre et en prit une masse considérable; mais le succès qui la suivit sur le champ de bataille fut précisément ce quil'en éloigna. Chargée de conduire sur les derrières les prisonniers qu'elle avait faits, elle ne laissa en ligne que ses carabiniers, et s'achemina sur Mantoue. Le commandant de la place manquait de troupes pour prendre le convoi; elle fut obligée de l'escorter elle-même, et le mena jusqu'à Milan. Rendue le 10 avril dans cette capitale, elle en repartit le même jour et s'avança sur Vérone, où il venait d'éclater une insurrection violente. Elle arriva le 20 à la Croix-Blanche, prit la gauche de la colonne chargée de franchir l'Adige, et se présenta le 21 devant le village de Pescantine. Le parlementaire envoyé pour demander le passage avait été reçu à coups de fusil; le tocsin appela la multitude aux armes. Deux carabiniers et un musicien de la 20e se jetèrent dans la rivière et ramenèrent un bateau. Une partie de la troupe gagna la rive opposée ; elle marcha aussitôt sur un bois de mûriers, où s'étaient retranchés les paysans, et les dispersa. Pendant que celle-ci les chasse devant elle, l'autre se jette à travers le village et accourt au pont; mais un feu violent part des caves, des croisées; atteints sans pouvoir discerner ceux qui les frappent, les soldats sont obligés de recourir à l'incendie pour mettre fin à cette agression inopinée. Loin de s'effrayer de l'exécution qui les menace, les insurgés n'en deviennent que plus ardents. Ils continuent de faire feu, gagnent les toitures, et tirent encore du faîte des maisons que le bas est déjà réduit en cendres.

Cette misérable affaire était à terme la demi-brigade reprit son mouvement et déboucha le 22 devant Vérone. Elle y trouva encore des nuées de paysans qui avaient pris les armes; elle les battit, leur enleva une de leurs pièces et, marchant à la cavalerie vénitienne, elle la rejeta au-delà de Vicence. Les préliminaires de Leoben ayant mis fin aux hostilités, la 20e arrêta sa course.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 161-164