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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 18e légère

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

18e DEMI-BRIGADE LÉGÈRE.

La 18e demi-brigade d'infanterie légère était forte de 2,500 hommes lorsqu'elle quitta l'armée des Alpes. Arrivée à Tortone le 30 mai 1796, elle porta le lendemain sur Arquata un détachement de 1,200 hommes qui dissipa les rassemblements formés dans ces montagnes, et dégagea 300 Français au moment d'être égorgés.

Cette petite expédition faite, elle reprit son mouvement, gagna l'Adige, s'établit d'abord au camp de val Dominique, puis à celui de Magnon. Ses trois compagnies de carabiniers établies à la Corona marchèrent, le 29 juin, sur les redoutes de Carpio; elles les enlevèrent après la plus vive résistance, tuèrent quelques hommes, et firent 165 prisonniers.

Les Autrichiens ne tardèrent pas à prendre leur revanche. Ils se jetèrent, le 29 juillet, sur les avant-postes de la Corona, et les replièrent vivement. La demi-brigade accourut au secours. Elle se plaça dans les redoutes et les défendit avec vigueur; cependant, bientôt épuisée de munitions, entourée, pressée de toutes parts, elle fut obligée de céder. Elle avait jonché le champ de bataille de cadavres ennemis, mais elle avait elle-même 160 hommes tués, blessés ou prisonniers. Jullane, chef cordonnier, donna dans cette rencontre une preuve des généreux sentiments qui remplissaient son âme. Au premier bruit de la fusillade, il quitta son atelier et courut prendre part à l'action; il tomba dans un groupe d'ennemis, écarta les uns, tua les autres, et était au moment de se dégager lorsqu'il fut atteint d'un coup de feu qui l'étendit roide mort.

La lutte recommença avec le jour; la demi-brigade établie sur les hauteurs de Rivoli, de Garda, de Caulas, continua d'opposer la résistance la plus vive; mais quelque valeur qu'elle déployât, elle fut encore contrainte de céder, et se retira sous le canon de Peschiera. Le capitaine Rolland perdit la vie dans cette affaire malheureuse. L'adjudant-major Ney, le lieutenant Fannet, et 50 volontaires furent mis hors de combat.

Le 31, la demi-brigade fut chargée de défendre Borghetto. Elle coupa le pont sous le feu de l'ennemi, et se retira sur Castiglione. Attaquée le 4 août dans cette position, elle se replia, partie sur Montechiaro où était la division d'Augereau, partie sur Ponte-San-Marco où se trouvait celle de Massena.

La 1re colonne se porta le lendemain de Montechiaro sur Castiglione. L'action s'engagea. La 18e, sillonnée par la mitraille, eut bientôt une partie des siens hors de combat. Le général Aubert, qui la commandait, était gravement atteint, le chef de bataillon Boulogne couché dans la poussière, avec une foule de soldats. Cependant le feu devenait à chaque instant plus vif, les balles couraient plus épaisses et frappaient à coups redoublés. La troupe ne tint compte de ces ravages. Elle combattit, manoeuvra, opposa à l'ennemi une fermeté que le danger ne fit qu'accroître.

La partie de la 18e, qui s'était repliée sur Ponte-San-Marco, prit la droite des colonnes qui marchaient sur Lonato. Les Autrichiens, mis en fuite après une résistance opiniâtre, essayèrent vainement de se rallier à Salo. Ils en furent chassés, et deux compagnies de la demi-brigade passèrent la nuit dans la place. Attaquées au jour par une colonne formidable que soutenait de l'artillerie, elles essayèrent en vain de s'emparer des pièces. Trois fois elles les chargèrent et furent repoussées autant de fois. Mais secourues bientôt après, elles reprirent l'attaque, rompirent les Autrichiens, et leur firent 900 prisonniers. Les capitaines Sage et Mulot. et le lieutenant Pelet, contribuèrent à ce résultat par leur audace. Ils se jetèrent sur les bouches à feu qui les foudroyaient, les prirent et les tournèrent contre l'ennemi.

Réunie le 5 à la division Massena, la 18e prit part au combat de Solferino; elle culbuta les colonnes qu'elle avait en face, et perdit 60 hommes. Elle alla se renfermer dans Peschiera, fit le 6 une sortie où elle fut d'abord mise un peu en désordre; mais, ralliée presque aussitôt, elle joignit les Autrichiens, et les força d'abandonner une pièce de 4 qui fut de suite dirigée contre eux. Plusieurs officiers se distinguèrent dans cette rencontre. Le capitaine Cottin, à la tête de quelques braves, donna l'impulsion à la colonne ébranlée. Le lieutenant Neperchmitt appuya le mouvement, et la troupe incertaine épuisa sur l'ennemi le trouble qui l'agitait. Elle n'avait qu'une quarantaine d'hommes hors de combat; elle se mit à la suite des Autrichiens, traversa Rivoli, et s'avança sur les redoutes de la Corona, par section, l'arme au bras, sans répondre au feu qui la sillonnait. L'ennemi épouvanté n'osa l'attendre et s'éloigna. C'est dans cette rencontre que périt le capitaine Bigey. Mortellement atteint, ce brave officier aperçoit des volontaires qui se disposent à le secourir: Non! non! leur dit-il, à votre poste; que la victoire soit complète, je mourrai content. Il mourut, en effet, deux jours après, eu faisant des voeux pour la France.

La 18e se répandit dans les montagnes qui sont en avant de la Corona; elle les fouilla, poussa ses excursions jusqu'au Magnon et au Montebaldo. Enfin, elle passa l'Adige, et joignit de nouveau les Autrichiens à Saint-Marc. Elle les battit, leur prit 200 hommes, en perdit une vingtaine, et eut deux capitaines hors de combat. L'un d'eux, le brave Millot, fut vivement regretté par la troupe qui faisait cas de son courage. La 18e atteignit encore les Autrichiens au village de Sainte-Marguerite. Elle les refoula sur Roveredo, sur la Pietra, les força de nouveau et leur fit un nombre considérable de prisonniers. Elle leur prit de l'artillerie, des caissons, et eut elle-même 40 hommes hors de combat. Le capitaine Boisset, ne pouvant atteindre l'ennemi assez promptement, se jeta à cheval, chargea avec les hussards, tua plusieurs hulans, en prit d'autres, et s'empara d'un cheval.

L'ennemi était en fuite. La demi-brigade le suivit avec sa vivacité habituelle. Elle occupa Trente le 5 septembre, entra à Bassano le 8, à Vicence le 9, passa l'Adige le 10, et arriva le 11 devant Cerea. Quoique exténuée de marches, de combats, elle prit hardiment l'attaque. Mais les masses qu'elle avait en tête étaient trop compactes, elle fut ramenée et perdit 123 hommes. De ce nombre était le capitaine Guignard, dont le courage et les talents étaient appréciés du corps entier. La 18e attaqua de nouveau, le 14, sans être plus heureuse. Elle eut 14 officiers faits prisonniers et 200 hommes hors de combat. Elle reprit néanmoins l'offensive le 15. Elle joignit les Autrichiens près de la Favorite et les aborda avec une sorte de fureur, mais elle éprouva une résistance non moins vive; déjà les munitions commençait à lui manquer lorsqu'un caisson ennemi se jetant inopinément dans ses rangs lui rendit toute son énergie. Elle rafraîchit ses cartouches et poussa sur une batterie qui la fatiguait. Se trouvant inopinément en face d'un large fossé, elle montrait de l'indécision. Le capitaine Gibert, le lieutenant Frazet, jettent quelques madriers devant elle et s'élancent sur les retranchements. Le lieutenant Gruder, les sergents Chabrié, Dubout, Courtois, Parisot, Trescourt, Camus, le carabinier Brunet, le tambour Pillot, tombent au même instant sur une pièce; ils s'en emparent et la tournent contre l'ennemi. Le sous-lieutenant Rigollier, suivi de 50 hommes, en prend une seconde. Le sergent Parisot, avec un grenadier de la 5e de bataille, fond sur un peloton de cavalerie. Il se saisit de l'officier, met la troupe en fuite et prend encore deux pièces.

Établie à la Favorite le 22 septembre, la ,18e se mit en route dès le lendemain. Elle traversa Borghetto, Saint-Michel, Vérone, Montebello, Vicence, et arriva le '18 octobre à Romano. Elle continua le mouvement, emporta le village de Fontaniva, et s'engagea, le 6 septembre, sur la Brenta où elle essuya des pertes assez fortes. Le chef de brigade Lucotte, les capitaines Sage, Bourote, Gouillot, l'adjudant-major Ducher, le lieutenant Bortal, étaient hors de combat; 150 sous-officiers et soldats étaient tués, blessés et prisonniers. La demi-brigade n'avait pas encore eu de journée si fâcheuse. Elle se replia le 7 sur Montebello, le 8 sur les glacis de Vérone. Elle se porta de là sur Saint-Michel, et assista le 12 à la bataille de Caldiero. Placée à la gauche de la division Massena, elle s'empara d'un village que l'ennemi occupait en forces, enleva une pièce de canon et trois caissons. Mais attaquée à son tour, elle ne put tenir tête à une colonne épaisse qui se déploya sur la droite. Elle perdit les trophées dont elle s'était saisie, et se mit en retraite laissant sur le champ de bataille le général Delaunay avec une quarantaine d'hommes. Elle se remit dès le lendemain en campagne, passa l'Adige, prit la tête de la division Augereau, et s'avança sur Arcole. Elle ne put en débusquer les Autrichiens malgré les efforts, le dévouement de ses officiers, qui furent blessés la plupart. Plus heureuse le 16, elle contribua à la défaite des Impériaux qui, les deux jours précédents, avaient balancé la fortune de l'armée française. Elle eut dans cette longue lutte une centaine d'hommes hors de combat.

La demi-brigade se remit en mouvement le 18. Partie alla garder le pont de Ronco, partie marcha au secours de la division de droite. Elle s'avança, le '19, sur Villafranca, Castel-Nuovo, puis se porta sur Garda d'où elle chassa les Autrichiens. Cette expédition achevée, elle s'établit à Caldiero et à Saint-Michel où elle resta jusqu'au 10 décembre.

L'ennemi était depuis quelques jours en mouvement. Le 13 au matin, un coup de canon se fit entendre; ce fut le signal de l'attaque. Les Autrichiens se portèrent sur Saint-Martin et replièrent les avant-postes. Les trois compagnies de carabiniers étaient placées en arrière du village. La cavalerie impériale fut obligée de faire halte, mais l'artillerie légère accourut à son aide. Les carabiniers contraints de se mettre en retraite prirent position à la tête de la demi-brigade qui était en bataille en avant du dôme de Saint-Michel, la droite appuyée à l'Adige.

Le combat dura six heures. Il fut vif et sanglant L'ennemi, quoique bien supérieur en forces, fut chassé deux fois à la baïonnette, deux fois mis dans un affreux désordre. Mais , rallié presque aussitôt, il se déploya sur la gauche et cherchait à envelopper la demi-brigade, lorsqu'un renfort de la 75e arriva. Les Autrichiens furent de suite abordés, rompus, perdirent 5 canons, 14 caissons, 400 prisonniers, et laissèrent la terre jonchée de morts. La 18e eut de son côté 160 soldats tués ou blessés, et 10 officiers hors de combat. Elle passa, à quelques jours de là, dans la division Victor, franchit le Pô, gagna Imola, Faenza, Forli, Cesene, Laurette, Macerata, Serravale, et arriva le 18 janvier 1797 à Foligno sur les terres de l'Église. Elle se remit en route le 24 mai, revint sur l'Adige séjourna quelque temps à Vicence, et gagna Venise, où elle reçut la nouvelle des préliminaires de Leoben.

Le chef de brigade,

BOYER.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 82-88