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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 17e légère

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

17e DEMI-BRIGADE D'INFANTERIE LÉGÈRE.

La 17e légère était commandée par le chef de brigade Rampon, lorsque s'ouvrit la campagne de 1796, et occupait la redoute de Montelegino. L'ennemi vint l'attaquer le 10 avril au point du jour. Il était nombreux, déterminé; mais la demi-brigade venait de prendre son numéro de bataille; elle jura de périr plutôt que de le laisser ternir. Trois fois les Autrichiens montèrent à l'assaut, trois fois ils furent repoussés avec perte, et laissèrent le champ de bataille couvert de morts. Tout le monde fit preuve de courage dans cette journée mémorable, mais personne ne déploya plus d'intrépidité, Plus d'audace que le sergent Moreaux. Les ennemis commençaient à prendre de l'avantage. Déjà maîtres d'un retranchement, ils menaçaient d'emporter le deuxième. Moreaux sent le besoin de les arrêter, et de les arrêter sans délai. Il se jette sur eux à la tête de quelques braves, il les ébranle et les chasse.

Pertes 29 blessés, 3 morts, 10 prisonniers.

La demi-brigade quitta la redoute le 23, au point du jour, et attaqua aussitôt Montenotte. Elle prit l'ennemi sur sa gauche; elle le culbuta dans un ravin qui se trouvait en arrière de sa position, et passa la nuit sur le champ de bataille.

Elle gagna Cairo le 24, Rocqueta le 25, et prit le 26 la droite du corps d'aimée qui se porta sur Dego. Conduite par le général Causse, elle s'avança à travers la mitraille et les précipices sur les derrières de l'ennemi, s'empara de l'artillerie autrichienne qui cherchait à s'échapper, et poussa aux redoutes, sur les quelles chacun s'élança avec la bravoure qui lui était propre. Le chasseur Belle s'empara d'un drapeau, le caporal Olagnié en prit un autre. Attaqué partout avec la même énergie, l'ennemi céda sans néanmoins se tenir pour battu. Le lendemain, au milieu d'une forte pluie, il se jeta sur la demi-brigade et la chassa des redoutes. Celle-ci se reforma presque aussitôt, prit la droite de la division et culbuta les Autrichiens.

Elle rallia son 2e bataillon détaché, le 2, sur Mondovi; elle se porta, le 5, sur la gauche de Cano, entra le 7 en Piémont, à la tête de la division Massena, poussa, le 9, sur Cherasco, passa le Tanaro et s'empara de Bra. Un parti ennemi essaya de franchir cette rivière. La fusillade s'alluma, devint des plus vives, mais la troupe fit ferme. Le sergent Maurice se glissa derrière un arbre, tua quatre Piémontais, en saisit un autre; en un mot, il fit si bien qu'il empêcha la compagnie d'être tournée.

13. Bivouac en avant de Bra.

14. Entrée à Alba.

15. Marche sur Nice.

16. Passage du Pô. Organisation des bataillons de grenadiers et de carabiniers qui doivent composer l'avant-garde. Ceux de la demi-brigade réunis à ceux de la 3e légère, forment le 1er de carabiniers sous les ordres de Croisier qui se met immédiatement en marche.

17. Passage de la Scrivia; marche sur Voghera.

18. Marche sur Plaisance ; les carabiniers passent le Pô.

19. La demi-brigade passe le fleuve; le combat de Fombio s'engage; l'avant-garde seule y prend part; elle s'empare de Codogno, de CasaI, et enlève les bagages de l'ennemi. Fourset, lieutenant; Petit, caporal; Bertrand, Cayet, Pelissier, Clairandor, carabiniers, font mettre bas les armes à 70 Autrichiens.

20. Les carabiniers marchent sur Lodi; la demi-brigade, retardée par une marche des plus pénibles, ne peut prendre part à la bataille; elle arrive au moment où les Autrichiens fléchissent; elle les suit, fait quelques prisonniers , et s'empare de plusieurs barques chargées de vins et de comestibles.

22. Les carabiniers se rendent du côté de Pizzighetone; la demi-brigade bivouaque en avant de Mulessano.

23. La demi-brigade rétrograde sur Lodi.

24. Elle forme, sous les ordres du général de brigade Joubert, la tête de la colonne qui marche sur Milan.

25. La demi-brigade entre à Milan, investit le château et continue le blocus jusqu'au 20 mai. Elle se met alors en route pour Marignano. Arrivée le 21 à Lodi, elle fait halte le 22 et le 23, reprend son mouvement le 24, passe l'Oglio le 25, stationne le 26 à Casayoll, se rend le 27 à Brescia où se fait le tirage des numéros que doivent porter les demi-brigades.

Devenue la 17e de l'arme, elle alla prendre position à Montechiaro, y bivouaqua jusqu'au 30, et se porta sur Borghetto. Les carabiniers étaient en tête, ils se présentèrent avec leur audace accoutumée. L'ennemi essaya vainement de faire résistance. Le capitaine Dodanne, le capitaine Boireau, l'enfoncèrent et le rejetèrent derrière la porte; le sergent-major Poupon, le caporal Lacomble, le carabinier Mortalier, accoururent sur sa trace; en un instant tout fut ébranlé, mis en pièces. 31. La demi _brigade fait halte en avant de Castel-Novo. Les carabiniers poussent jusque dans les gorges du Tyrol; un combat assez violent s'engage sur l'Adige.

1er juin. La demi-brigade marche sur Vérone. Elle va s'établir en avant de la porte de Vescovo derrière Saint-Michel. Les carabiniers rentrent au corps, qui se porte le 18 sur Rivoli.

19. La demi-brigade prend position à la droite de la 18e de bataille au camp de Valdonichi. Les carabiniers sont détachés au village de Montagna.

18. Reconnaissance sur le Montebaldo. Quelques postes ennemis sont enlevés.

Dans les derniers jours de juin, la 17e retourna à Vérone. Elle reprit les positions qu'elle occupait d'abord en avant de la porte de Vescovo, où elle resta jusqu'au 29. Elle gagna Villafranca le 30, se rendit à le 31, passa le Mincio la nuit suivante, et arriva à Brescia le 1er août dans la journée. Elle rétrograda le 2 sur Montechiaro où elle prit la droite de la division Augereau.

Le 3, elle se mit en marche avant le jour, et attaqua Castiglione. Quatre compagnies détachées en tirailleurs pénétrèrent dans la ville, enlevèrent un obusier et une pièce de 7. La demi-brigade de son côté enfonça les Autrichiens sur leur centre et sur leur gauche; elle s'empara du vieux château, de l'artillerie ennemie, et fit un nombre considérable de prisonniers. Officiers et soldats firent noblement leur devoir dans cette grande journée; mais le capitaine Dumareix, le lieutenant Girard, se distinguèrent entre tous par le plus brillant courage, ainsi que le capitaine Peyroulous, qui lutta contre plusieurs hussards et fut laissé sur le champ de bataille percé de coups. La demi-brigade fit dans cette affaire une perte assez considérable. Le général Beyraud, qui la commandait, fut tué; le chef Fornesi atteint d'un coup de feu; les sous-lieutenants Cottey, Rochefort, Gouville, furent faits prisonniers; 10 sous officiers on volontaires furent tués, et 147 plus on moins grièvement blessés.

La bataille recommença le 5 La demi-brigade était au centre; elle enfonça l'ennemi sur les hauteurs de Solferino, et le jeta en désordre dans le chemin creux qui mène à Borghetto. Elle lui prit encore quelques pièces de canon, des bagages et des prisonniers. Elle montra dans cette affaire plus d'abandon et de courage encore que dans la première. Le général Frontin fut tué à sa tête; le chef Chavardès, les lieutenants Graissier, Bach, furent blessés.

La demi-brigade se déploya autour de Borghetto le feu s'alluma et dura toute la journée. A la nuit les Impériaux s'éloignèrent, et la 17e regagna Vérone, où elle reprit ses anciennes positions. Le 11, elle se porta sur les hauteurs de Sainte-Suzanne, et enleva un rocher à pic que défendaient 400 Croates. Le 13, elle descendit dans la vallée de l'Adige, revint à Vérone, se rendit de là à Castel-Novo, à Desenzano, à Salo, où elle s'établit le 17. Elle quitta cette ville le 18, gagna le camp de la Corona, se remit en marche le 30, parcourut la vallée de Store, arriva à Torbole le 3 septembre, et se porta le 4 à Mori, où les Autrichiens venaient d'être battus par l'avant-garde de la division Vaubois. Elle prit position entre ce village et celui d'Isera. Attaqué le 9 novembre par une colonne nombreuse, son 2e bataillon évacua Cadenes, se replia sur Trente, et mit près de six heures à céder un espace de 4 Il es.

Les Autrichiens manoeuvraient pour couper la division qui se trouvait à Saint- Michel; mais le chef de bataillon Levesque ayant brûlé le pont de l'Adige, après avoir fait rentrer sous son feu tout ce qui se trouvait sur la rive droite, ils furent obligés de s'arrêter. Le capitaine Peyroulous, le lieutenant Deshayes, firent preuve dans cette retraite de constance et d'audace, mais nul ne montra plus d'énergie que le capitaine Herron. Placé avec quatre compagnies sur les han leurs de Segonzano, il avait ordre d'attendre la brigade qui était à Pergine. Celle-ci fit son mouvement par une autre route. Il fut cerné, sommé de mettre bas les armes. Pour toute réponse, ii se jeta à la tête de sa troupe et se fit jour.

La demi-brigade atteignit Cagliano le 7 ; elle attaqua l'ennemi, s'empara de deux canons, d'un obusier, et fit 150 prisonniers.

Pertes: en officiers, 3 tués, 2 blessés, 24 prisonniers; en sous-officiers et soldats, morts 12, blessés 84. prisonniers 62.

La demi-brigade passa l'Adige le S et s'établit à la Corona; elle quitta cette position le 16, et se replia sur Rivoli où elle prit le centre de la division; elle combattit avec courage, repoussa trois fois l'ennemi jusque sur les hauteurs de Caprino. Le général Joubert était à sa tête. Officiers et soldats déployèrent la plus brillante valeur. Le sergent-major Arnauld se jeta sur les retranchements; le lieutenant Herlaut, pris et dépouillé par les Croates, ne s'échappa pas seulement dé leurs mains, mais dégagea encore deux de es camarades prisonniers comme lui. Le sous-lieutenant Rogieux fut tué sur place; le chef Fornesi, les adjudants-majors Dufour et Robert, le capitaine Champmol, furent blessés; 24 sous-officiers et soldats furent mis hors de combat. La demi-brigade se retira le soir sur Castel-Novo avec sa division.

Le 18, elle gagna Peschiera, Villafranca, et rentra le 20 à Castel-Novo avec les troupes de Massena.

Elle fit partie, le 31, de la colonne qui coupa en deux la ligne ennemie à Rivoli, et contribua tant au succès de la journée. Elle poursuivit les Autrichiens dans les gorges du Passon, enleva trois bouches à feu avec leurs caissons, poussa jusqu'au Montebaldo, et ramassa les débris de l'armée vaincue. Le caporal Guillemain, envoyé en patrouille avec 4 chasseurs, fit mettre bas les armes à 50 hommes.

La 17e était campée à la Corona lorsque, le 12 janvier 1797, l'armée autrichienne se présenta devant les retranchements de la Ferrare. L'attaque s'ouvrit avec violence; cependant, quelqu'animée qu'elle fût, la demi-brigade la contint, éteignit même plusieurs fois son feu. La gauche ne tarda pas à être ébranlée, mais quoiqu'au moment d'être tourné, le 1er bataillon opposa aux Autrichiens une résistance si opiniâtre qu'il les arrêta longtemps. Forcé à la fin de céder, il fit sa retraite par les bois qui se trouvaient au bas de la grande redoute. Il fut joint par un bataillon de la 22e, fit volte-face, sous la conduite du général Joubert, et reprit à la baïonnette toutes les positions qu'il avait perdues. Les chefs de bataillon Croizier et Levesque donnaient l'exemple; chacun rivalisa d'audace.

La 17e forma, le 14, avec la 4e d'infanterie légère, la droite de la division Joubert. Elle monta à deux heures du matin à la chapelle Saint-Marc, qu'elle avait eu d'ordre d'évacuer quelques instants plus tôt. Un combat meurtrier s'engagea et donna lieu à une foule de traits de courage. Nous en reproduirons quelques uns. Le capitaine Dumareix escalada le rocher du corps d'Épine, sous un feu des plus violents; il fut suivi par un grand nombre de braves qui presque tous furent blessés comme lui. Le capitaine Kader, fait prisonnier, attaqua son escorte, tua un de ceux qui la composaient, en étourdit un autre et s'échappa. Le lieutenant Herant, se trouvant inopinément en face d'une douzaine de Croates, en désarma un et fit le reste prisonnier. Le tambour-major Imperiale lutta à coups de canne, à coups de poing, se battit de toutes manières. Les sergents Mondain et Benoît, les caporaux Davergne, Riche, Tesseur, le chasseur Benoit, ne cessèrent d'animer, d'exciter leurs camarades, de donner l'exemple de la bravoure. Le chef de brigade Fornesi, les chefs de bataillon Henon et Vedel, les capitaines Deschamps, Hue, Touals, le lieutenant Deshayes, les sous-lieutenants Goulal, Dalliol, Henry, furent blessés dans cette sanglante affaire. 8 sous-officiers ou soldats furent tués, 94 blessés, et 15 faits prisonniers.

Le 15, la demi-brigade marcha sur Saint-Martin. Elle culbuta les colonnes ennemies qui occupaient cette position formidable, fit des prisonniers, et revint s'établir à la Ferrare.

Le 26, elle se mit en mouvement sous la conduite de l'adjudant-général Veau, et s'engagea à travers les précipices du Montebaldo. La nuit était noire, la neige tombait à gros flocons; la troupe se trouva bientôt hors d'état de faire feu. Elle continua cependant, atteignit au point du jour les avant-postes ennemis, les culbuta, et poussant, la baïonnette au canon, sur les redoutes de Brentonico , elle les enleva sans tirer un seul coup. Le tambour-major Imperiale, entré le premier dans les redoutes, fut fait lieutenant sur le champ de bataille.

La division avait pénétré dans le Tyrol parla vallée de l'Adige. La demi-brigade la joignit le 28, elle marcha sur Villa le 29, atteignit Trente le lendemain, passa l'Adige, et porta son bivouac en avant de la porte de Bolzano. Placée, le 31, à la droite de la division, elle nettoya la rive gauche du Lavis, garda les hauteurs qui commandent cette rivière, et s'avança, le 2 mars, sur les redoutes de Saint-Michel. Elle les enleva, gravit ensuite la montagne, débusqua les Autrichiens, et les mena battant jusqu'aux hauteurs de Salurne. Le sergent major Hervellan, secondé par le caporal Legendre, leur prit un drapeau.

Pertes en officiers. Blessés: Auder, capitaine; Gérard, Vincent, lieutenants; Cottey, Regnier, Bononchy, Bédard, Ricard, sous-lieutenants. Prisonniers: Cazaux, Cantel, Alexandre, capitaines; Bossé, Vidal, Michel, lieutenants; Boyer, sous-lieutenant; Becanière, officier de santé. Pertes en sous-officiers et soldats: tués 5, blessés 34, prisonniers 37.

La demi-brigade marcha sur Brozollo le 21 mars. Elle entra à Bolzano le 23, gagna Clausen le 24, culbuta les paysans et s'avança sur Brixen. Elle fit halte, le 25, autour de cette ville, poussa, le 26, une reconnaissance sur les montagnes qui sont à la gauche de l'Eysach, marcha, le 27, sur le château de Mulbach où elle trouva une multitude de paysans armés. Elle les chargea à la baïonnette, en tua une partie et dispersa le reste. Les capitaines Delaunay et Grinet se distinguèrent dans cette rencontre. Mis en joue par des paysans qui les attendaient aux portes du château, ils se jetèrent sur eux et les tuèrent.

La 17e continua à fouiller ces montagnes. Elle occupa successivement Minder-Winst, Saint-Laurent, Bruneg, Wilsberg. Elle arriva le 7 avril à Lientz, entra le 8 dans la Carinthie, gagna Venise, où elle prit garnison.

Le chef de bataillon commandant la demi -brigade,

CROISIER.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 122-131