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 Research | Napoleonic Spectateur Militaire Histoire de l'armée d'Italie French 11e de bataille

HISTOIRE
Régimentaire et Divisionnaire
DE L'ARMÉE D'ITALIE

11e DEMI-BRIGADE DE BATAILLE.

La 11e demi-brigade de bataille, employée d'abord dans la division de gauche de l'armée d'Italie, joignit l'armée active devant Coni. Elle continua sa marche, traversa Borghetto, Vallegio, et alla s'établir à la Corona. Attaquée le 29 juillet 1796 par les troupes de Wurmser, elle les arrêta toute la journée, se porta le lendemain sur les hauteurs de , attaqua, fut ramenée, et se retira sur Peschiera. Le capitaine Étienne, trop lent à abandonner le poste qui avait été confié à son courage, fut pris avec sa compagnie. Le chef de bataillon Roux, au moment d'éprouver le même sort, se jeta à travers les colonnes ennemies, et se dégagea. Le sergent-major Rondelet, le caporal Rivière, déployèrent même bravoure, même fermeté: attaqués par un détachement de hussards, ils abattirent les trois premiers qui vinrent à eux, imposèrent aux autres et s'éloignèrent. Le troisième bataillon, commandé par le chef Agarrat, fit également preuve de courage: détaché du côté de Gavardo, il repoussa l'ennemi, et couvrit la retraite du général Guyeux. Le lieutenant Chrétien et le sous-lieutenant Barat ne s'en tinrent pas là: emportés par leur bravoure, ils voulurent intercepter le passage de l'Adige; ils bravèrent la mitraille, incendièrent le pont de Salo, mais furent grièvement blessés et eurent 80 hommes hors de combat.

La demi-brigade continua de combattre, mais par parties brisées. Ses trois bataillons assistèrent isolé- ment aux affaires de Lonato, de Gavardo, de Castiglione. Le premier, envoyé, sous les ordres du général Dallemagne, au secours de la division Guyeux cernée à Salo, battit les Autrichiens qui la bloquaient.

Le troisième, commandé par le général Bertin, attaqua l'ennemi à Lonato, et lui fit 500 prisonniers; il marcha ensuite sur le camp de Termini, enlève une masse de troupes, d'artillerie considérable. Chargé à son tour avec vigueur, s'il ne put conserver sa prise, il ne la céda du moins qu'après avoir fait un mal affreux aux Impériaux; le sergent-major Teyssier, entre autres, les cribla de mitraille avec une pièce qu'il leur avait prise.

Une partie du deuxième bataillon, sous les ordres du général Victor, combattit aussi à Lonato, où il eut la satisfaction de voir 4,000 Autrichiens mettre bas les armes. L'autre partie, renfermée dans Peschiera, contribua à la défense de la place.

Réunie après ces diverses affaires, la demi-brigade joignit les Autrichiens en avant de Rivoli, et les attaqua avec une vivacité peu commune. Chassés des hauteurs où ils avaient pris position, ils se replièrent sur la Corona, et essayèrent de s'y mettre en défense; mais culbutés par une partie de la demi-brigade dirigée par le chef Carvin, ils furent atteints par l'autre dans leur fuite, et perdirent une partie de leur artillerie. La résistance néanmoins fût des plus vives. Le capitaine, Pastour fut tué à la tête de sa troupe, le lieutenant Favre dangereusement blessé, 250 volontaires furent pris ou couchés dans la poussière.

La demi-brigade prit, à la suite de cette affaire, position sur la Corona, qu'elle quitta le 22 avril pour se déployer le long de l'Adige, garder les ponts de Paulo et de Bussolengo. Elle poussa ensuite dans le Tyrol où elle obtint un succès signalé. Elle trouva les Autrichiens en position sur les rochers de la Pietra, les aborda, les rompit, leur enleva 6 drapeaux, 22 pièces de canon et 5,000 prisonniers. Elle continua son mouvement après ce beau fait d'armes. Elle assista aux affaires de Roveredo, de Trente, de Saint-Michel, de Bassano, revint sous Mantoue, s'établit d'abord à Saint-Georges, puis à Saint-Antoine, à la Favorite enfin, au château de Prada, où elle eut souvent à lutter contre les sorties de la garnison. Elle eut entre autres un engagement des plus vifs le 7 octobre: attaquée par une colonne composée d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie, elle fut d'abord obligée de céder; mais, ralliée par une partie de la 69e, elle reprit l'avantage, battit les Autrichiens et leur enleva un convoi qu'ils introduisaient dans la place.

Le 17 novembre, le premier bataillon suivit la colonne mobile qui joignit l'armée attaquée sur l'Adige; il gagna Ronco avec elle, assista à la bataille d'Arcole, marcha ensuite contre la colonne autrichienne qui s'était emparée de la Corona, et reprit le chemin de Mantoue dès qu'elle fut en fuite. Le blocus était plus animé. Le 23 s'ouvrit par une canonnade furieuse, bientôt suivie d'une irruption qui s'étendit de Saint-Antoine au château de Prada. La 11e resta d'abord impassible sous ce torrent de feux; mais lassée bientôt de servir de but au tir de l'ennemi, elle aborda les Impériaux à la baïonnette, et les refoula sur la Favorite. Soutenue alors par un bataillon qui vint à son aide, elle continua de charger les colonnes qu'elle avait battues, et les rejeta dans la citadelle. Elle avait mis 600 hommes hors de combat; elle s'était emparée de deux pièces d'artillerie, avait fait un assez grand nombre de prisonniers, mais elle avait 50 hommes morts ou blessés.

Le 15 janvier 1797 , le corps de blocus fut de nouveau attaqué. Une colonne autrichienne était parvenue à surprendre le passage de l'Adige; elle s'était portée d'un trait sous Mantoue, et avait enveloppé Saint-Georges et la Favorite. La 11e s'avança à sa rencontre et fut rejetée sur le château. Pressée par les colonnes de Provera, par celles qui étaient sorties de Mantoue, elle se défendit avec courage, et donna le temps aux troupes françaises d'accourir. Elle fondit alors sur les Autrichiens, les mit en désordre, leur enleva un assez grand nombre de prisonniers, et eut 150 hommes hors de combat.

De Mantoue, la 11e se rendit à Trente, à Pergine, à Lavico dans le Tyrol. Elle assista à toutes les affaires qui eurent lieu dans ces montagnes; elle combattit tour à tour les troupes réglées et les paysans, et mérita -les éloges du général Joubert par le courage, la célérité dont elle fit preuve. Elle enleva le pont et le village de Clausen sans tirer un seul coup de feu. Elle poussa les Autrichiens au-delà de Brixen, s'empara des hauteurs de Mulbach, mit en déroute un rassemblement d'insurgés considérable, et lui fit 500 prisonniers. Elle se rendit ensuite à Villach, où la nouvelle des préliminaires de Leoben arrêta sa course.

Le Conseil d'administration de la 11e demi-brigade de bataille.

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Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: B., A.
Main Title: Histoire régimentaire et divisionnaire
de l'armée d'Italie,
commandée par le général Bonaparte :
historiques des demi-brigades rédigés
en vertu des ordres du général en chef Bonaparte
par les chefs de corps ou les conseils d'administration /
recueillis par A.B. ;
avec une carte,
dressée spécialement pour l'intelligence du texte.
Published/Created: Paris : A la direction du Spectateur militaire, 1844.
Description: 328 p., [1] folded leaf of plates : map ; 23 cm.
Subjects: Napoléon I, Emperor of the French, 1769-1821 --Military leadership.
First Coalition, War of the, 1792-1797--Campaigns--Italy.
LC Classification: DC223.4 .B11
Pages: 89-92