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 Research | Napoleonic Cugnac Campagne de L’Armée de Réserve en 1800 French Partie 2 Chapitre 3

CAMPAGNE
DE
L'ARMÉE DE RÉSERVE
EN 1800

{p.83}

(DEUXIÈME PARTIE)
CHAPITRE III
OCCUPATION DE MILAN ET DE PAVIE

Le Premier Consul entre à Milan le 2 Juin avec Murat et les divisions Monnier et Boudet. – Lannes occupe Pavie le 2 juin. – Combats de Melegnano (3 juin), où Duhesme franchit le Lambro, et de Lodi (4 juin) où il passe l'Adda. – Ordres à Lannes et à Murat de franchir le Pô.

2 JUIN

Le quartier général passe le Tessin, et entre le soir dans Milan, que Murat vient d'occuper sans combat avec les divisions Monnier et Boudet.

L'adjudant général Stabenrath, au général divisionnaire Dupont, chef de l'état-major général de l'armée, à Novare.

Novare, le 13 prairial an 8 (2 juin 1800), à 3 heures du matin.

Mon Général,

J'ai quitté le Tessin à minuit et demie, après avoir été relevé par l'adjudant général Dampierre. Alors le fond du 1er régiment de hussards, le 15e de chasseurs et un escadron et demi du 8e de dragons étaient passés de l'autre côté. La barque porte 25 chevaux et met un quart d'heure à faire un voyage; d'après cela, je pense que la cavalerie est entièrement passée actuellement.

Vous reposiez lorsque j'ai eu l'honneur de me rendre chez vous pour vous faire verbalement ce rapport.

J'ai l'honneur de vous saluer avec attachement respectueux.

L'adjudant général,

Léopold STABENRATH. {p.84}

Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au général Dupont.

Buffalora, le 13 prairial an 8 (2 juin 1800).

Vous trouverez ci-joint un ordre pour le général Lechi et un autre pour le général Bethencourt (1).

Je vous prie, après en avoir pris lecture, de les leur faire parvenir par un officier d'état-major auquel vous donnerez six gendarmes d'escorte. Faîtes sentir à cet officier qu'il est chargé d'une mission importante et qu'il est essentiel qu'il vienne sur-le-champ rejoindre le quartier général, aussitôt qu'il aura remis ses dépêches au général Lechi et au général Bethencourt.

Donnez une instruction à cet officier sur la marche qu'il tiendra pour se rendre auprès du général Lechi.

Alex. BERTHIER.

Extrait du Journal de la campagne de l'armée de réserve, par l'adjudant-commandant Brossier.

13 prairial (2 juin). – Passage du Tessin par le Premier Consul. – Le même jour, le Premier Consul et le général Berthier avec son état-major général l'ont traversé à Buffalora. . . . . .

13 prairial. – Prise de Milan. – Le lieutenant général Murat. – Les 30e et 19e demi-brigades et toute la cavalerie avaient ordre de l'attaquer (l'ennemi), mais il fuyait vers Milan avec une telle précipitation qu'il fut impossible de l'atteindre. Le général Murat le suivit jusqu'aux portes de la ville sans relâche et sans donner le moindre repos à ses troupes. Là, apprenant qu'elle avait été évacuée pendant la nuit, il y fit entrer un détachement de troupes légères conduit par l'adjudant général Berthier et l'aide de camp Beaumont; ceux-ci-pénétrèrent immédiatement dans la ville et chassèrent devant eux quelques éclaireurs que les Autrichiens avaient laissés en arrière-garde.

Le général Monnier fut chargé de l'investissement de la citadelle (2). Son aide de camp Molien cerna l'extérieur avec {p.85} la 19e légère, tandis que lui-même en complétait le blocus du côté de la ville avec la 70e demi-brigade.

13 prairial. – Retraite de l'ennemi sur San-Giuliano et Melegnano. – Sur-le-champ des reconnaissances de cavalerie furent envoyées pour éclairer les routes de Lodi, Pavie, Cassano, Côme et Varèse. Celle sur Cassano rapporta que l'ennemi occupait cette ville. Celle de Côme n'aperçut rien; il en fut de même de celle sur Pavie. Celle de Varèse apprit que dix chasseurs à cheval de l'avant-garde du général Moncey y étaient entrés le 13, à 10 heures du matin. La reconnaissance sur Lodi rencontra l'ennemi et en vint aux mains avec lui. La résistance qu'il faisait détermina le général Murat à détacher le 2e régiment de chasseurs sur le point où l'affaire ayait lieu; mais lorsque celui-ci arriva, l'ennemi avait déjà pris la fuite et s'était retiré dans les trois petits camps qu'il avait établis entre San-Giuliano et Melegnano.

Les Autrichiens laissèrent à Milan beaucoup d'objets utiles à l'armée et abandonnèrent dans les hôpitaux 1800 malades. Le même jour le commandant du château, dans lequel environ 2,000 hommes avaient été jetés, signa la convention de ne point tirer pourvu qu'il ne fût fait aucun ouvrage hostile dans l'arrondissement intérieur des remparts et qu'il ne pût jamais exister aucune espèce d'attaque du côté de la ville (3).

13 prairial. – Entrée triomphale des Français à Milan. – L'occupation de Milan se trouvant assurée par toutes ces dispositions, le quartier général s'y transporta le même jour au milieu des témoignages de l'allégresse générale (4). Les habitants {p.86} de tout âge et de tout sexe se précipitaient au-devant de celui qui leur apportait une seconde fois la liberté et le bonheur. Enfin, l'amitié et la reconnaissance se manifestaient de toutes parts et remplissaient tous les coeurs (5).

Extrait de la Revue militaire autrichienne.

Le 2 juin, au matin, Murat partit avec son avant-garde vers Milan. L'arrière-garde du feld-maréchal lieutenant Vukassevich, qui se composait de {p.87} 9 escadrons sous les ordres du général Doeller, était posté devant la porte de Verceil. Ce n'est qu'à 4 heures de l'après-midi que Murat arriva. Son approche fut inquiétée par plusieurs coups de canon de la citadelle, tandis que le général Doeller, traversant la ville, arrivait au secours. Le feld-maréchal lieutenant Vukassevich posta alors son avant-garde à Melegnano et se retira avec le reste de ses troupes sur Lodi. Mais Murat occupa Milan, envoya des patrouilles vers Giuliano, Binasco et Cassano et donna l'ordre au général Monnier d'investir la citadelle de Milan.

Trois heures après, Bonaparte entrait à Milan avec son état-major (6).

* * *

Lannes porte dans la journée du 2 son infanterie à Mortara (7) pendant que lui-même atteint Pavie avec sa cavalerie (8).

Lannes, général de division, commandant l'avant-garde, au Premier Consul de la République française.

Pavie, le 13 prairial an 8 (2 juin 1800).

J'ai annoncé, citoyen Consul, au général en chef que nous étions entrés dans Pavie, aujourd'hui vers les 11 h. 1/2 de la matinée (9).

Nous faisons à tous les moments de nouvelles découvertes; vous serez étonné que nous ayons trouvé ici 3 ou 400 bouches à feu, soit de siège, soit de campagne, et sur leurs affûts; que nous ayons trouvé encore des bombes et des boulets en très grande quantité, 1000 barils de poudre et beaucoup de cartouches {p.88} d'infanterie; des fusils, des magasins entiers de draps de lit et de couvertures; des grains et des farines en abondance; 4 ou 5,000 quintaux de chandelle.

Envoyez-moi, je vous prie, un officier supérieur du génie pour faire ramasser tous les bateaux et faire un pont sur le Pô, à l'effet d'enlever des canons, des caissons et des munitions qui sont de l'autre côté. Je ne peux trop m'écarter de la ville, n'ayant que très peu de cavalerie avec moi. L'infanterie n'arrivera que très tard (10).

Salut et respect.

LANNES.

P.-S. – L'ennemi est toujours devant Gênes, qu'il canonne et bombarde sans relâche. Il n'y a pas un moment à perdre, si vous voulez marcher sur lui. La place ne peut pas tenir longtemps d'après les renseignements que j'en ai eus (11).

Tous les canons qui sont ici sont encloués.

Si l'on pouvait voler, on prendrait Mantoue, qui n'est gardé que par deux bataillons de Belgioso, composés de cisalpins qui vraisemblablement ne demanderaient pas mieux que de livrer cette place. {p.89}

Vous trouverez ci-joint deux lettres adressées à un général autrichien; personne n'a pu me les lire, ni, par conséquent, m'en donner connaissance (12).

Extrait du journal de la campagne de l'armée de réserve par l'adjudant-commandant Brossier.

8 prairial. – Occupation de Chivasso et marche sur Pavie. – Lieutenant général Lannes. – Il semble que les généraux de l'armée de réserve se soient accordés pour triompher sur tous les points et en même temps dans les journées des 12 et 13. Si les succès du général Lechi (13), si ceux du général Murat sont dignes d'admiration, ceux du général Lannes ne sont ni moins glorieux ni moins importants.

Il était entré le 8 prairial à Chivasso, le surlendemain du combat de la Chiusella (14), et il paraissait menacer Turin quoiqu'il eût un tout autre plan à exécuter. En effet, dès le même jour (15) il laisse la 6e légère et un escadron du 12e d'hussards aux ordres du général Gency, pour garder le pont sur la Dora-Baltea, à Rondisson, et, marchant par sa gauche, il se porte sur Crescentino, Trino et en face de Casale, chassant devant lui quelques partis ennemis qui faisaient, de temps à autre, quelques incursions sur la rive gauche du Pô, et le forçant partout à passer sur la rive droite. Se dirigeant ensuite sur Mortara, par la route qui se trouve entre Verceil et le Pô (16), {p.90} il tombe inopinément sur Pavie le 12 (17), n'ayant laissé à ses troupes, pendant cinq jours de marche, que le temps nécessaire pour préparer à la hâte leurs aliments. Il y devance l'ennemi qui marchait pour l'occuper et y entre en vainqueur.

Pavie était l'un des principaux dépôts de l'armée autrichienne; tout est tombé au pouvoir de l'armée française; beaucoup d'objets utiles: 200 bouches à feu, dont 30 de campagne sur leurs affûts, 8,000 fusils, 600,000 cartouches, 1 million de poudre, etc., etc.

Dupont, général de division, chef de l'état-major de l'armée de réserve, au Ministre de la guerre.

Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

. . . . . (18) . . . . .

Le général Lannes qui, par sa position à Chivasso, menaçait Turin et donnait à croire que toute l'armée prenait cette direction, a également marché par sa gauche. Il s'est porté le 12 (19), par Crescentino et Trino, sur Verceil, et il s'est rendu le 13, par Mortara, à Pavie, où il a devancé l'ennemi, qui marchait pour l'occuper.

Les Autrichiens avaient rassemblé dans cette place de grands approvisionnements en tous genres et une immense artillerie. Tout est tombé en notre pouvoir. D'après les premiers aperçus, on y a trouvé environ 200 bouches à feu, dont 30 de campagne sur leurs affûts, 600,000 cartouches, 1 million de poudre, 8,000 fusils, etc. (20) . . . . . A Milan, on nous a {p.91} également abandonné beaucoup d'objets utiles à l'armée, et 1800 hommes y sont restés aux hôpitaux. Je vous adresserai l'état détaillé de ces différentes prises, lorsqu'il sera dressé.

. . . . . (21) . . . . .

DUPONT.

* * *

La ligne d'opérations continue à être menacée par quelques partisans.

Le général Carra-Saint-Cyr, au général Bonaparte, Premier Consul de la République.

Ivrée, le 13 prairial an 8 (2 juin 1800).

Citoyen Consul,

Je crois devoir vous rendre un compte exact de ce qui s'est passé ici, depuis votre départ:

Le 10, l'ennemi ne fit aucun mouvement.

Le 11, un corps assez considérable de cavalerie se porta sur la route de Chivasso à Ivrée et poussa des patrouilles jusqu'à deux lieues et demie de la ville, au delà du pont de Romano.

Le 12, il poussa ces patrouilles de cavalerie encore sur le pont de Romano et d'autres par le pont des Prêtres, sur les villages de Parella et de Samone, aussi à une lieue et demie de distance environ d'Ivrée. Je fus instruit qu'il faisait partir ses reconnaissances de Rivarolo, Saint-Georges, Aglié et environs, où il réunissait un corps de deux à trois mille hommes d'infanterie, quelques troupes de cavalerie et quatre pièces de canon. Les différents rapports, qui me parvinrent, tendant à me prouver que leur intention était de chercher à débloquer le fort de Bard, je redoublai d'activité, je renforçai mes postes et je poussai en personne, hier à midi, une forte reconnaissance au delà du pont des Prêtres, à une demi-lieue de leur avant-poste, mais ils ne se montrèrent point.

Aujourd'hui, ils sont revenus par la même route et ont forcé deux faibles détachements de chasseurs à cheval à se replier sur les avant-postes de mon infanterie.

Si j'en croyais encore les rapports de mes espions, leur projet serait de tenter un coup de main sur Ivrée, mais j'ai peine à me le persuader. Ce qui est beaucoup plus certain, c'est qu'ils emploient tous les moyens pour soulever et armer les habitants des campagnes contre les Français. Déjà plusieurs soldats marchant isolément ont été par eux désarmés, déshabillés et plusieurs {p.92} assassinés. J'ai pensé qu'il fallait couper le mal dans sa racine; la terreur était telle à Ivrée que la plupart des officiers municipaux avaient disparu; plus j'étais faible (alors je n'avais pas encore reçu le second bataillon que m'a envoyé depuis le général Chabran) et plus je crus devoir déployer de vigueur. Je donnai deux heures à tous les habitants de la ville pour déposer toutes espèces d'armes qu'ils pouvaient avoir à leur disposition, à la maison commune; je menaçai les contrevenants à ces ordres des punitions les plus graves, et de prendre, parmi les officiers municipaux, douze otages pour m'assurer de son exécution; le désarmement s'est fait avec célérité et dans le plus grand calme, et cela a produit le meilleur effet. J'ai employé les fusils de munitions et les sabres de guerre à armer mes volontaires qui n'en avaient pas. La nuit dernière j'ai fait désarmer aussi le village de Paôu à trois quarts de lieue d'ici. Je me propose de continuer cette mesure pour différents villages reconnus pour être entièrement dévoués à l'ennemi mais toujours avec prudence et circonspection.

200 et quelques malades ont été évacués aujourd'hui sur Novare; 230 autres sont établis au fort où l'approvisionnement en subsistance est à peu près terminé. Parmi les troupes que j'ai sous mon commandement, je ne puis guère compter que sur 400 hommes de la 12e de ligne, 300 hommes à choisir dans les 69e et 85e, car tout le reste sont des conscrits, et 80 hommes du 7e de chasseurs à cheval. Je ne peux donc pas me dissimuler, citoyen Consul, que le poste qui m'a été confié par le général en chef, ne soit très délicat et peut-être au-dessus de mes forces, mais puisse-t-il au moins me donner l'occasion de vous convaincre de mon sincère et entier dévouement.

Salut et respect.

CARRA-SAINT-CYR.

Rapport d'un affidé, qui m'est remis à l'instant, le 14 à 10 heures du matin.

Parti de cette ville le 13, il s'est rendu au village de Montalengo par des chemins de traverse où il a vu une patrouille de 35 dragons d'un régiment qui porte des chapeaux, venant de la route de Foglizzo; ils se sont rendus au bourg Saint-Georges.

A la chapelle de Saint-Georges, un corps de garde avancé de 30 hommes d'infanterie, régiment de Toscane et 12 dragons.

Du côté de Saint-Just, un autre corps de garde avancé de 50 dragons.

Dans le bourg de Saint-Georges, 100 dragons avec des casques.

Dans le village d'Aglié; un piquet de 15 dragons avec le chapeau.

A Castellamonte, des patrouilles à cheval de temps à autre.

A Valperga, ayant passé sur une planche pour passer la rivière, il a vu une garde de 50 hommes d'infanterie, chasseurs de Cheitz, et 30 dragons.

A Courgne, une avant-garde de 15 dragons.

A Rivarolo, 250 dragons et 350 hommes d'infanterie de divers corps.

Au delà de la rivière, en descendant la colline et venant à Notre-Dame-d'Ozegna, une garde de 100 dragons, 200 fantassins et une pièce de canon, deux caissons et diverse artillerie.

A Notre-Dame-d'Ozegna, dans le couvent des moines, 300 hommes d'infanterie, {p.93} Croates et hussards et 200 dragons; ils ont posté deux barques pour 1e passage de la rivière.

Par des informations prises dans le bourg de Rivarolo, il a pu savoir que l'ennemi tient un camp entre les villages de Valpiano et Leyni, sans savoir le nombre et que, dans les villages de Caselle, Saint-Maurice, Cirié, il existe des militaires, et que l'on fait aller leur nombre de 10,000 à 12,000 tout compris, avec 10 pièces de canon.

A Romano et à Strambino, les paysans sont toujours contraires aux républicains.

(Pas de signature.) {p.94}

3 JUIN

Duhesme, dirigé sur Lodi avec les divisions Boudet et Loison, force le passage du Lambro à Melegnano.

Le Général en chef au général Dupont.

Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

Je viens de donner l'ordre au général Duhesme de partir sur-le-champ pour se rendre à Lodi avec son corps de troupes et une brigade de cavalerie. La 30e demi-brigade restera pour la garnison de Milan. Prévenez l'ordonnateur de ces dispositions.

Alex. BERTHIER.

Envoyez sur-le-champ à l'archidiacre deux passeports, l'un pour Gasparet Schiaffinali, prêtre, et l'autre pour Michaële Rosa, prêtre, qui vont du côté de Brescia porter des lettres à l'archevêque.

B.

Extrait du rapport des opérations militaires du lieutenant général Duhesme.

Le 14, elles (les divisions Boudet et Loison) quittèrent leurs positions et marchèrent sur Melegnano, où elles rencontrèrent l'ennemi qui défendit assez longtemps le village, mais bientôt forcé, se retira derrière le Lambro et défendit le passage du pont avec deux pièces de canon. La défense de l'ennemi a été des plus opiniâtres, l'attaque de nos troupes des plus audacieuses. La 9e légère, accoutumée dès longtemps à connaître peu d'obstacle, battant la charge, les officiers généraux à la tête, força le pont.

L'ennemi, craignant pour son artillerie, fit charger sa cavalerie qui deux fois échoua vis-à-vis notre infanterie. {p.95}

L'ennemi, non content de sa défaite, gagne la crête de la colline et défend encore cette position.

Le combat s'engage de nouveau avec acharnement surtout avec la légion de Bussy, qui déjà s'était mesurée avec le 11e d'hussards. Après deux heures de combat, nous restâmes maîtres du champ de bataille. La nuit s'approchant, le général y prit position.

Nous avons dans cette affaire, dont on n'a point parlé (22), tué beaucoup de monde à l'ennemi; sa cavalerie surtout a beaucoup souffert; nous avons fait 150 prisonniers, parmi lesquels 4 à 5 officiers de la légion de Bussy, mais tous blessés sérieusement. Nous avons à regretter quelques braves. La division Boudet a mérité les plus grands éloges.

Extrait du rapport des marches et opérations de la division Boudet.

Le 14, la division du général Loison et la mienne, réunies sous les ordres du lieutenant général Duhesme, eurent ordre de se mettre en marche sur la route de Lodi. La 9e légère forma l'avant-garde. Je me portai à la tête de son premier bataillon pour reconnaître la position de l'ennemi et je trouvai ses avants-postes en avant de Marignano (sic). Là, ils engagèrent une action qui devint assez chaude par l'opiniâtreté avec laquelle ils défendirent le pont construit sur la rivière Lambro, qui coupe le village.

L'ennemi fut débusqué et poursuivi jusqu'à Tavazano, où j'eus l'ordre du lieutenant général Duhesme de m'arrêter.

Les forces de l'ennemi dans cette affaire étaient de 1200 hommes d'infanterie et de 800 de cavalerie. Sa perte fut de 20 hommes tant tués que blessés, et celle du premier bataillon de la 9e légère de 11. {p.96}

L'adjudant général Dalton, au Général de division, chef de l'état-major de l'armée, à Milan.

Tavazano, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

Je vous prie, citoyen Général, de donner des ordres pour qu'il soit fourni de suite 50,000 cartouches à la division (23).

Le passage de la Sesia nous en a fait perdre une grande quantité. L'affaire d'aujourd'hui a consommé une grande partie de celles de la 9e et la quantité que je vous demande ne complétera guère la division qu'à 40 par homme.

Je vous envoie trois hussards pour les escorter.

Salut et respect.

W. DALTON.

P.-S. – A Ivrée nous avons donné 10,000 cartouches au général Watrin.

* * *

L'infanterie de Lannes rejoint sa cavalerie à Pavie.

F. Watrin, général de division, au général Dupont, chef de l'état-major général.

Pavie, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

D'après les ordres du général Lannes, la division que je commande, mon cher Général, vient d'entrer dans Pavie, où elle s'est emparée de plus de 200 bouches à feu en bronze, d'une quantité immense de poudre, fusils et munitions de bouche et de guerre de toute espèce. Le général Lannes, fait dresser l'état détaillé et vous le fera sûrement passer.

L'on doit cette prise importante aux marches forcées de la troupe, qui, après avoir longé et balayé le Pô, à Chivasso, Crescentino, Trino, et près de Casale, s'est rendue à grandes journées à Verceil et Mortara, et ne s'est arrêtée ni jour ni {p.97} nuit depuis cinq jours, que le temps nécessaire pour faire la soupe (24).

La 6e légère et un escadron du 12e d'hussards, aux ordres du général Gency, qui était resté pour garder le pont de la Dora-Baltea à Rondisson, nous rejoindront demain matin.

Depuis quatre jours l'ennemi fait filer ses gros bagages par Plaisance et du côté de Mantoue. Il continue toujours à bombarder Gênes.

Le chef d'état-major de la division vous a fait passer l'état de situation et des mouvements journaliers des troupes qui la composent. Vous avez dû être surpris de ne point voir porter sur le tableau la 28e de bataille, que vous m'aviez annoncé devoir faire partie de ma division, mais le général, n'ayant absolument que ma division sous ses ordres, a jugé à propos d'en faire un corps séparé, aux ordres du général Mainoni.

Salut et amitié.

F. WATRIN.

Rapport au Premier Consul sur l'état de l'arsenal de Pavie.

Milan, le 16 prairial an 8 (5 juin 1800).

Les Autrichiens ont abandonné dans le château de Pavie, ainsi que dans divers magasins aux environs de la ville, des objets très considérables et très importants, principalement deux cents bouches à feu, de différents calibres, des voitures et munitions d'artillerie.

Suivant l'état général ci-annexé, l'on peut former deux parties d'équipage, l'une pour siège et l'autre pour campagne.

L'équipage de siège pourra être composé de trente et une bouches à feu, dont dix mortiers; l'état est ci-joint. L'équipage de campagne sera composé de trente bouches à feu; l'état est aussi ci-joint (25).

A l'égard de l'équipage de siège, j'observe qu'il faudrait faire faire sur-le-champ deux crapauds pour mortiers de 12 pouces, ayant soin d'y mettre des liens de fer très forts, plus cinq petits crapauds pour mortiers de 6 pouces. {p.98}

Le général Marmont peut faire couler beaucoup de boulets pour le 8 piémontais qui, suivant moi, est un très bon calibre; on approvisionnerait ces pièces à raison de 1200 boulets par pièces. Il serait nécessaire aussi de faire couler des bombes pour les mortiers de 6 pouces, pour compléter le nombre de 1000 bombes par mortier.

Quant à l'équipage de campagne, j'observe qu'il faudrait faire monter, s'il est possible, 5 des pièces de 16 courtes sur les affûts de siège supplémentaires. En faisant couler le nombre de boulets suffisants pour les différents calibres, il existe assez de poudre en magasin pour confectionner les munitions nécessaires.

Il faudrait se pourvoir tout de suite de charrettes que l'on ferait couvrir; elles suppléeraient aux caissons, toutes les munitions des Autrichiens étant dans de bonnes caisses et y en avant beaucoup de vides. L'on peut monter sur-Ie-champ, dans le château, un atelier considérable de cartouches d'infanterie.

Le château de Pavie renferme d'ailleurs toutes les localités nécessaires à l'établissement d'ateliers de constructions en tous genres.

D'après le rapport des Français échappés des prisons de l'Autriche et de ceux qui ont déserté, il est sûr qu'à Cremone il existe des magasins en tous genres, si considérables qu'il sera impossible aux Autrichiens de les enlever en peu de temps.

Alex. LAURISTON,
Aide de camp du Premier Consul.

* * *

Le quartier général, avec la cavalerie et les divisions d'infanterie Monnier et Chambarlhac, est à Milan, dont le château est bloqué. On presse le mouvement des colonnes Bethencourt et Moncey qui sont encore à plusieurs étapes de Milan.

Les renseignements reçus montrent que Mélas a été complètement surpris par la marche de l'armée de réserve.

Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au général Bethencourt.

Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

Vous voudrez bien, citoyen Général, aussitôt après la réception du présent ordre, vous rendre le plus promptement possible {p.99} à Milan, avec toutes les troupes et l'artillerie qui sont à vos ordres. Rien ne peut différer l'exécution de cet ordre (26).

Alex. BERTHIER.

Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au général Dupont.

Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

Vous voudrez bien, citoyen Général, donner des ordres pour faire venir ici l'adjudant général Hulin pour commander la place de Milan sous les ordres du général Vignolle et le faire remplacer à l'avant-garde par un autre adjudant général.

Je vous salue.

Alex. BERTHIER.

Extrait de la Revue militaire autrichienne.

Pour ménager la ville et les habitants, il (le Premier Consul) envoya le lendemain (3 juin) l'adjudant général Didier, son aide de camp, au général Nicoletti pour lui proposer de suspendre toutes sortes d'hostilités du côté de la ville. Le général Nicoletti accepta cette proposition à la condition, cependant, que si les Français exécutaient le moindre travail ou entreprenaient le moindre mouvement de ce côté contre la citadelle, il pointerait impitoyablement ses batteries sur la ville (27).

Ordre du jour du 14 prairial.

Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

Tous les corps enverront sur-le-champ, au parc d'artillerie, établi au Lazaret à Milan, toutes les balles provenant des cartouches avariées.

Il est défendu à tout officier d'état-major de se servir de chevaux de troupes.

Il est ordonné à tout officier attaché soit à l'état-major général, soit aux états-majors des divisions, de porter les marques distinctives de leur grade et d'observer constamment la meilleure tenue militaire.

Pour le général de division chef de l'état-major général.

L'adjudant général,

Léopold STABENRATH. {p.100}

Le Premier Consul, aux Consuls de la République.

Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

Je vous envoie, citoyens Consuls, le bulletin de l'armée. Depuis huit jours, nous avons tous les soirs un orage d'une demi-heure, ce qui fatigue un peu les troupes.

Je vous salue affectueusement.

BONAPARTE.

Le Premier Consul, aux Consuls de la République.

Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

Vous trouverez ci-joint, citoyens Consuls, le bulletin de l'armée. Je vous envoie également copie d'une lettre du général Suchet. L'ennemi avait encore, le 7 et le 8, une partie de ses forces à Nice (28).

Je reçois votre courrier du 8. Vous pouvez annoncer publiquement que je serai de retour à Paris le 25 prairial (29).

BONAPARTE.

Bulletin de l'armée.

Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800), au soir.

La division du général Lannes avait fait l'avant-garde depuis le Saint-Bernard jusqu'à Ivrée, et s'était avancée jusqu'à Chivasso, pour faire croire à l'ennemi que notre dessein était d'opérer la jonction avec le général Turreau, qui était entré à Rivoli et Suse. Pendant ce temps-là, l'armée filait par un côté opposé, et passait la Sesia et le Tessin.

Lorsque l'on fut suffisamment avancé, le général Lannes repassa la Dora-Baltea, passa à Crescentino, Trino, Verceil, d'où il reçut ordre de se porter sur Pavie, où il est entré ce matin. Il y a trouvé des magasins très considérables en vivres, 100 milliers de poudre, 1000 malades ou blessés autrichiens, 500 pièces de canon de bronze avec affûts, magasins à poudre, boulets, etc. On en attend demain l'inventaire de Pavie.

Le général Lechi, avec la légion cisalpine, s'est porté à Cassano (30). {p.101}

Le général Duhesme, avec le corps sous ses ordres, marche sur Lodi.

Le mouvement a été si brusque sur Milan, que le peuple de cette ville n'a su, que vingt-quatre heures avant leur entrée à Milan, que les Français étaient en Italie.

Quant au Premier Consul, on répand dans le peuple que ce n'est pas lui, mais un de ses frères, ce qui l'oblige de se montrer beaucoup au peuple.

Deux pièces de 12, que le général Chabran avait fait placer dans une église, ont fait brèche à l'enceinte du fort de Bard; ce qui l'a forcé à capituler (31). On y a trouvé 18 pièces de canon. La garnison, forte de 400 hommes, est prisonnière de guerre et se rend en France.

Les deux lettres ci-jointes, une du lieutenant général Suchet et l'autre, interceptée à Pavie, de M. le prince de Hohenzollern, commandant le blocus de Gênes (32), font connaître parfaitement la position où se trouvent, à l'heure qu'il est, les deux armées en Italie.

Après la lecture de ces deux lettres (33), on se dit : Comment {p.102} était-il possible que M. Mélas ne sût pas, le 5 prairial, les mouvements considérables qui se faisaient en Piémont, lorsque à cette époque il y avait dix jours que l'armée de réserve était entrée à Aoste? Mais ce qui paraît être le plus surprenant, c'est que M. le prince de Hohenzollern, commandant le blocus de Gênes, ignorait la force de l'armée de réserve, qu'il appelle un parti. Au moment où il écrivait, ce prétendu parti avait envahi le Piémont, la Lombardie, et pris tous les magasins de Pavie. M. Mélas a toujours soutenu que l'armée de réserve avait été appelée à Paris pour contenir le peuple (34).

Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au Premier Consul.

Milan, le 14 Prairial an 8 (3 juin 1800).

. . . . . (35) . . . . .

Le général Moncey et son corps sont arrivés hier au soir à Varese, où l'on a trouvé des magasins. Le général Bethencourt a passé le lac Majeur, il est à Angera. L'un et l'autre ont l'ordre de se rendre à Milan (36). {p.103}

La légion italienne (37) bloque la citadelle d'Arona; elle a l'ordre de se porter sur Brescia par les montagnes.

Je joins ici la capitulation du fort de Bard (38).

Alex. BERTHIER (39).

Dupont, général de division, chef de l'état-major général de l'armée de réserve, au Ministre de la guerre.

Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

. . . . .

. . . . . (40) . . . . .

L'ennemi qui nous a disputé la Sesia et le Tessin, se retire derrière l'Adda, vers Lecco et Lodi. Les principales forces de Mélas sont encore sur la rive droite du Pô.

Vous serez sans doute étonné, citoyen Ministre, d'apprendre que ce général est encore dans le Piémont et continue à agir dans la Rivière de Gênes, lorsque nous nous emparons de la Lombardie, mais le véritable but et la force de l'armée lui ont été dérobés avec tant de succès, et elle a marché avec tant de rapidité qu'il a dû être partout surpris et battu.

Le général en chef vient d'apprendre que le corps du général Moncey, qui a traversé le mont Gothard, est arrivé hier à Varese. Celui du général Bethencourt, qui a passé par le Simplon, est à Palanza. La réunion de toutes les forces de l'armée ne peut plus rencontrer d'obstacles, et le plan, non moins audacieux que savant, du Premier Consul, se trouve exécuté dans toutes ses parties (41).

DUPONT. {p.104}

4 JUIN

Duhesme, avec la division Boudet, force le passage de l'Adda à Lodi.

Il reçoit l'ordre de marcher sur Orzinovi avec la division Loison, tandis que Boudet est mis sous les ordres de Murat. Celui-ci doit franchir le Pô à Plaisance, pendant que Lannes le passera en face de Castel-San-Giovanni.

L'armée manque d'artillerie, n'ayant que le peu de pièces qui ont pu passer sous le feu du fort de Bard.

L'adjudant général Paulet, au Général de division, chef de l'état-major général, à Milan.

Lodi, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800), à 9 heures du soir.

Citoyen Général,

Les divisions Boudet et Loison quittèrent ce matin, à 6 heures, les positions qu'elles occupaient au delà de Marignano, pour se diriger sur Lodi. A 9 heures la division Boudet entra dans la ville.

Les dispositions furent prises pour forcer le passage du pont, que nous trouvâmes coupé après une légère fusillade, l'ennemi qui n'avait laissé qu'un fort poste d'observation, commença sa retraite. On répara le pont et la 9e légère, avec les hussards du 11e régiment, essayèrent de suivre l'ennemi, qui se laissa faire quelques prisonniers. Nos reconnaissances ont été jusque près de Crema, que l'ennemi évacue, suivant les rapports de quelques déserteurs.

Le pont entièrement réparé, la division Boudet prit position ainsi qu'il suit:

Un bataillon de la 9e légère, à un demi-mille en avant du {p.105} pont, avec les hussards du 11e régiment ; les deux autres bataillons de cette demi-brigade sont à la tête du pont;

La 59e demi-brigade forme la réserve et se trouve bivaquée de ce côté-ci de la rivière (42) ;

La division Loison a son avant-garde à San-Martino, sur la route de Pizzighettone, derrière la Muzza. Le corps de bataille est bivaqué à Sesto (43) ;

Le 2e régiment de chasseurs est bivaqué en arrière de la ville. {p.106}

J'ai l'honneur de vous faire passer la note des magasins de cette place qui consistent en :

Un magasin de fourrage contenant 15,000 rations.
Un magasin de farine assez considérable
que nous n'avons pas eu le temps de
bien faire examiner.
Un magasin de tabac estimé 14,000 (44).
Un de sel blanc estimé 5,600
Un de sel noir estimé 10,372
Un de salpêtre de 2,990

Il se trouve dans les caisses publiques, savoir:

A la caisse générale 167 (45) argent. 118 (45) papier.
A la municipalité 140 658

Le général Loudon, qui a passé hier dans cette ville, a emporté des caisses ce qui suit: 3,000, papier et 600, argent.

Voilà, mon Général, l'état exact des magasins (46).

Salut et respect.

PAULET.

Le Premier Consul au général Berthier (47).

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Donnez l'ordre, citoyen Général, au général Duhesme que, si l'ennemi n'a point armé Crema comme place de guerre, il {p.107} aille jusqu'à Orzinovi pour tâcher de s'emparer de cette place, ce qui est possible dans le désordre où se trouve l'ennemi.

Si l'ennemi avait armé Orzinovi comme place de guerre, qu'il y eût mis bonne garnison et qu'il eût eu le temps de l'approvisionner, alors, qu'il arme le château de Soncino ou de Crema (celui des deux qui sera le plus en état), qu'il y mette 100 hommes de garnison avec un bon chef de bataillon et quatre pièces de la division Loison (48), et le fasse approvisionner.

Faites sentir au général Duhesme combien il serait intéressant d'avoir Orzinovi.

Donnez l'ordre au général Lapoype de faire filer le plus promptement possible toutes les troupes d'infanterie et de cavalerie venant du Saint-Gothard sur Milan.

Donnez l'ordre qu'on remplace l'escouade de canonniers de la garde qui sert deux pièces de 4 devant la citadelle. Ces pièces resteront sans attelage; les attelages se rendront à Pavie pour prendre des pièces de 8 ou des obusiers. Par ces dispositions, le général Murat n'emmènera avec lui que l'obusier qu'a actuellement la garde; il sera joint de Pavie à Casale (49) par les deux pièces que vont prendre les chevaux et les canonniers qui servent les deux pièces de 4 devant la citadelle (50).

BONAPARTE. {p.108}

Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au chef de l'état-major.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800) (51).

Donnez l'ordre qu'on fasse passer sur-le-champ des cartouches à la 9e demi-brigade, qui est à Lodi, et qui doit en partir sur-le-champ; 40,000 cartouches si cela est possible. Cette demi-brigade part demain matin avec le général Murat; s'il n'y avait pas assez de cartouches ici il faudrait en prendre à Pavie.

Donnez l'ordre au commandant d'artillerie pour qu'on remplace l'escouade des canonniers de la garde des Consuls, qui sert deux pièces de 4 devant la citadelle.

. . . . . (52) . . . . .

Vous sentez combien il est pressant que vous donniez ces ordres à l'officier d'artillerie qui commande ici en l'absence du général Marmont et que vous écriviez à l'officier qui commande l'artillerie à Pavie.

Envoyez une centaine d'exemplaires des proclamations ci-jointes, que vous ferez prendre à la municipalité, aux généraux pour qu'ils les fassent publier et afficher dans les lieux où ils se trouvent.

Mettez à l'ordre du jour de demain qu'il est expressément ordonné de faire armer de fusils tous les sous-officiers, que les corps qui manqueront d'armes fassent sur-le-champ leur demande pour en prendre à Pavie, de ceux qui ont été pris à l'ennemi. Donnez tous les ordres en conséquence.

Comme la route de la communication de l'armée a été ordonnée par le Simplon, il est utile que vous envoyiez un adjudant général pour s'assurer que les subsistances et les chevaux pour les courriers soient assurés depuis Varese jusqu'à Brieg, et qu'il y ait des barques toujours prêtes pour le passage du lac (53).

Alex. BERTHIER. {p.109}

Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au chef de l'état-major général.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Vous trouverez ci-joint copie des ordres que je viens de donner aux généraux Murat, Duhesme et Harville. Donnez tous les ordres de détail pour leur exécution, officiers du génie, pontonniers, sapeurs, etc. Prévenez l'ordonnateur en chef.

Alex. BERTHIER.

P.-S. – Envoyez sur-le-champ un officier d'état-major en poste pour porter l'ordre ci-joint au général Duhesme, et un autre pour porter celui au général Lannes (54).

Donnez les ordres pour qu'il ait à sa disposition les sapeurs, pontonniers et officiers du génie.

B.

Le général Marescot, au citoyen Dupont, chef de l'état-major.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

En conséquence des ordres du général en chef que vous m'avez transmis par votre lettre d'aujourd'hui, je viens, citoyen Général, d'envoyer deux officiers du génie au général Murat, à Plaisance, et trois au général Lannes, à Pavie; c'est la seule partie des ordres du général en chef qu'il soit en mon pouvoir d'exécuter à la lettre (55).

Vous m'avez demandé 150 sapeurs pour le général Murat et autant pour le général Lannes. Vous avez oublié que sur les 500 sapeurs qui sont à ma disposition vous en avez laissé 50 à Genève, aux ordres du général Marmont, pour faire des {p.110} cartouches; 130 au mont Saint-Bernard, au même général, pour les transports; qu'il en est resté 100 environ aux ponts volants sur le Tessin; qu'il y en a employés au blocus de la citadelle de Milan, à la carte de Verceil en ordonnance; que plusieurs ont été tués ou blessés; et que ce qui reste enfin disponible ici monte à 100 ou 120. J'en envoie la moitié au général Murat et l'autre au général Lannes.

Vous demandez 40 pontonniers pour le général Murat et autant pour le général Lannes. Des 100 que vous m'avez demandés par votre ordre du (56). . . . . pour être mis à ma disposition, et qui sont des bateliers et non des pontonniers, 30 seulement ont rejoint après la confection des ponts volants près de Galliate. L'adjudant général Berthier en a congédié une partie. Il n'en restait ici que 10 que je viens de faire partir pour Pavie.

Je viens d'écrire aux généraux Loison, Monnier et Chambarlhac, une lettre pressante au nom du général en chef pour en avoir d'autres (57). S'ils m'en envoient, je les ferai partir sur-le-champ; au reste, j'ai recommandé aux officiers du génie de se servir, autant que possible, des bateliers et ouvriers du pays, qui, pour ces sortes de travaux, sont toujours ce qu'il y a de mieux. Les officiers du génie inviteront les généraux Murat et Lannes de vouloir bien faire les avances pour payer ces travaux qui exigent une certaine dépense à laquelle vous avez oublié de pourvoir par votre lettre.

Puisque dans cette circonstance vous ne me parlez pas des pontonniers qui viennent d'arriver à l'armée, c'est qu'apparemment {p.111} vous en avez envoyé travailler sur un troisième point (58).

MARESCOT.

(Livre d'ordres du général Marescot. – Archives du génie.)

Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au général Duhesme.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Vous voudrez bien, citoyen Général, mettre provisoirement tout ce qui compose la division du général Boudet, infanterie, artillerie et chasseurs du 11e, à la disposition du lieutenant général Murat, auquel j'ai ordonné de passer le Pô vers Plaisance.

Quant à vous, mon intention est qu'avec la division Loison et la brigade de cavalerie que j'ai mise à votre disposition (59) vous vous informiez si l'ennemi a armé et approvisionné la petite place de Crema sur le pied d'une place de guerre. {p.112}

Dans le cas où l'ennemi ne l'aurait pas fait, vous occuperiez cette place.

Si, au contraire, l'ennemi avait armé et approvisionné Crema, alors vous vous contenteriez de pousser l'ennemi loin de Lodi et vous masqueriez, avec les troupes à vos ordres, Lodi et Pizzighettone par la rive droite de l'Adda.

Je vous préviens que la légion cisalpine, aux ordres du général Lechi, a ordre de filer par Côme et Lecco sur Brescia.

Vous voudrez bien me donner connaissance des nouvelles que vous pourrez avoir de l'ennemi. Je suis instruit que dans ce moment il abandonne Brescia. Tâchez d'avoir des renseignements bien sûrs sur l'état où se trouve la place de Pizzighettone et si l'ennemi a fait des ouvrages à la tête du pont du côté de la rive droite. Il n'y en avait pas de notre temps.

Alex. BERTHIER.

Le Premier Consul, au général Lannes, à Pavie.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

J'ai reçu, citoyen Général, votre lettre du 13 (60). Le général Marmont doit être rendu à Pavie avec les pontonniers. Jetez un pont entre le Tessin et Castel-San-Giovanni. Une autre division passera à Plaisance, où on jettera également un pont (61).

Je vous salue.

BONAPARTE.

Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au général Lannes.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Vous voudrez bien, citoyen Général, passer le Pô entre l'embouchure du Tessin et Porto-Morone et Castel-San-Giovanni. Vous ferez jeter un pont ou vous ferez construire des ponts volants, et lorsque votre passage sera effectué, vous vous porterez sur la position de Stradella; vous aurez à vos {p.113} ordres: 40 pontonniers, 150 sapeurs et 3 officiers du génie. L'état-major donne des ordres en conséquence.

Vous effectuerez votre passage le plus tôt possible.

J'ordonne au général Murat de passer le Pô à Plaisance.

Le général Duhesme est à Lodi.

Le corps de Victor se portera sur le point où le passage du Pô sera effectué le premier.

Je vous prie, citoyen Général, de me donner souvent de vos nouvelles et de celles que vous pourriez avoir de l'ennemi.

Alex. BERTHIER.

Alexandre Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au chef de l'état-major.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

J'ai ordonné au général Murat de partir sur-le-champ avec le 1er régiment de hussards, le 8e de dragons, le 2e et le 20e de cavalerie, les deux pièces d'artillerie servies par la garde du Consul et qui étaient avec la division, 40 pontonniers, la moitié des sapeurs avec deux officiers du génie, pour se rendre en toute diligence à Lodi, où il prendra la division Boudet que le général Duhesme mettra à sa disposition, et il se rendra le plus promptement possible à Plaisance où il passera le Pô soit en jetant un pont, soit avec un pont volant.

Je l'ai prévenu que le général Duhesme, avec la division Loison et une brigade de troupes à cheval à ses ordres, doit s'emparer de Crema, si l'ennemi ne l'a pas armé et dans le cas contraire masquer Lodi et Pizzighettone.

Le général Murat est prévenu que le général Lannes a l'ordre de passer le Pô, entre l'embouchure du Tessin et Porto-Morone, pour prendre la position de Stradella. Lorsque le général Murat aura passé le Pô, il se portera par Castel-San-Giovanni sur la position de Stradella.

Le général Murat est autorisé à demander au chef d'escadron Sezille, commandant l'artillerie à Milan, toutes les munitions dont il pourra avoir besoin.

Alex. BERTHIER. {p.114}

Le Général en chef, au général Harville.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Vous resterez à Milan, citoyen Général, avec le 5e et le 9e régiments de dragons, le 1er, le 2e et le 5e de cavalerie. Le général Murat a l'ordre de partir à l'instant avec le 1er de hussards, le 8e de dragons, les 2e et 20e de cavalerie.

Alex. BERTHIER.

* * *

Le Premier Consul appelle à Milan les colonnes du Simplon et du Saint-Gothard. – Il écrit le succès de sa manoeuvre, qui vient de lui livrer, presque sans combat, la ligne d'opérations de Mélas.

Alexandre Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au chef de l'état-major.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800). à 1 heure après-midi.

Ordonnez au général Gardanne de tâcher d'enlever la citadelle d'Aronna, avec les troupes aux ordres du général Bethencourt, ou du moins de la bloquer avec les troupes nécessaires; le reste des troupes viendra à Milan.

Alex. BERTHIER.

Le Premier Consul, au général Moncey, lieutenant du général en chef de l'armée de réserve.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Je reçois, citoyen Général, votre lettre du 13 (62). Faites filer à grandes journées en Lombardie votre cavalerie et toute votre infanterie, et rendez-vous de votre personne, le plus tôt possible, à Milan. {p.115}

Nous avons pris, à Pavie, le parc des Autrichiens, 300 pièces de canon, 200 milliers de poudre, etc.

Les troupes manoeuvrent pour passer le Pô, à Plaisance et Castel-San-Giovanni, et pour couper l'armée autrichienne qui, le 8 prairial, était à Nice et, le 13, devant Gênes. Vous sentez donc combien il est nécessaire de brusquer votre mouvement sur la Lombardie (63).

BONAPARTE.

Le Premier Consul, au général Moreau.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Je reçois, citoyen Général, votre lettre du 7 prairial. Nous sommes depuis trois jours à Milan; l'armée ennemie était le 7 prairial à Nice. Le général Hohenzollern, qui bloque Gênes, ne se doutait de rien, et il y avait vingt-quatre heures que nous étions à Milan; ceci est constaté par une lettre que nous avons interceptée, et dans laquelle il dit que nous sommes un parti de 3 à 4,000 hommes.

Nous nous sommes emparés de tous les hôpitaux des ennemis, de leurs magasins et d'une grande partie de leur parc de réserve qui était à Pavie. Vous voyez que cet état de choses va donner lieu à des événements assez intéressants.

Donnez-moi, je vous prie, par votre premier courrier, des nouvelles de Leclerc et Dessolle.

Je vous salue affectueusement (64).

BONAPARTE.

Le Premier Consul, au Ministre de la guerre.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Nous sommes à Milan, citoyen Ministre. Nous avons trouvé à Pavie 300 pièces de canon sur leurs affûts, moitié de pièces de campagne, moitié de siège; 200 milliers de poudre, 10,000 fusils neufs, une grande quantité d'approvisionnements de guerre de toute espèce, des magasins de tout genre.

Voici la situation de l'Italie: {p.116}

L'ennemi a longtemps cru que nous n'étions au plus, que 7,000 à 8,000 hommes, que nous tentions une incursion pour lui faire quitter le blocus de Gênes et Nice; il a persisté dans cette idée jusqu'au 8 prairial.

Au combat de la Chiusella, leur cavalerie fit 7 ou 8 prisonniers; l'ennemi en tira des renseignements auxquels il refuse encore d'ajouter foi.

Le 13, le général Hohenzollern, qui commande le blocus de Gênes, paraissait, comme l'aurez vu par la lettre que j'ai envoyée aux Consuls, ne pas faire encore grand cas de nos forces. Le général Mélas écrivait à Pavie, à une femme qu'il a avec lui: « Je sais que l'on dit en Lombardie qu'une armée française « arrive; ne craignez rien, je vous défends de partir » Douze heures après nous entrâmes dans Pavie.

Nous sommes à Lodi, l'avant-garde de Moncey arrive à Côme et l'on s'occupe à rassembler des bateaux pour passer le Pô.

Tous les hôpitaux de la Lombardie sont restés en notre pouvoir, nous y avons trouvé 5,000 à 6,000 malades ou blessés (65).

Une partie de la garnison de Savone, qui s'en retournait prisonnière, a été coupée et est venue nous rejoindre.

Vous sentez qu'il va se passer, dans peu de jours et rapidement, des événements bien importants et qui peuvent avoir une influence bien singulière sur la situation future de la maison d'Autriche.

Il faut porter actuellement toute votre attention:

Sur l'habillement des troupes, c'est le moment de rétablir les masses;

Sur la seconde armée de réserve;

Remonter la cavalerie, lui fournir les choses dont elle peut avoir besoin, afin de faire sortir des dépôts ce tas d'hommes qui nous coûtent beaucoup et ne rendent aucun service.

Je ne vous recommande pas les fusils, puisque ce sera encore, trois ans après la paix, un objet à l'ordre du jour. Je ne regarderai pas la République comme consolidée tant qu'elle n'aura pis trois millions de fusils dans ses arsenaux.

Salut et amitié.

BONAPARTE.

Le Premier Consul, au général en chef Bernadotte. (Armée de l'ouest.)

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Je ne vous dirai rien autre chose, mon cher Général, que nous sommes à Milan, que nous avons pris le parc de l'ennemi, 300 pièces de canon de siège et de campagne, tous ses hôpitaux et magasins.

Moreau se soutient toujours du côté d'Ulm. {p.117}

Prenez mort ou vif ce coquin de Georges. Si vous le tenez une: fois, faites-le fusiller vingt-quatre heures après, comme ayant été en Angleterre àprès la capitulation.

Je vous salue et vous aime (66).

BONAPARTE.

Le Premier Consul, aux Consuls de la République.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Je reçois, citoyens Consuls, votre courrier du 9. Vous pouvez être certains que je serai à Paris du 25 au 30 prairial. Vous pouvez même l'annoncer.

Vous trouverez ci-joint un petit bulletin de l'armée.

BONAPARTE.

Bulletin de l'armée de réserve.

Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

Le Te Deum a été chanté à la métropole de Milan pour l'heureuse délivrance de l'Italie des hérétiques et des infidèles.

Tous les hôpitaux des ennemis sont tombés au pouvoir de l'armée. Il y avait 1500 malades à Pavie et 1200 à Milan. Tous les jours on découvre de nouveaux magasins; on vient, entre autres, d'en découvrir à Pavie un de 5,000 paires de draps et de 10,000 fusils neufs.

Le général Duhesme a passé hier le Lambro. Après une petite affaire d'avant-poste, où il a tué une vingtaine d'hommes à l'ennemi, il est arrivé à Lodi; il a passé l'Adda et est à la poursuite de l'ennemi.

Les Autrichiens ont eu le talent d'indisposer tous les partis dans la Lombardie. Leur rapacité est sans exemple; ils avaient enlevé jusqu'aux arbres.

Milan d'aujourd'hui ne ressemble plus à Milan du jour où l'ont quitté les Français. Les prêtres mêmes étaient très mécontents de voir les hérétiques anglais et les infidèles musulmans profaner le territoire de la sainte Italie. Ajoutez à cela qu'aucun n'était payé. Les Autrichiens s'emparaient de tout.

L'Université de Pavie a été détruite; on a appelé des Jésuites, auxquels on a confié les différents collèges pour l'instruction de la jeunesse.

Une chose bien remarquable, c'est que tous les individus qu'ils ont le plus persécutés sont ceux qu'on peut appeler les 89 de la Cisalpine.

On a vu plusieurs de ceux qui, dans les derniers temps, étaient les plus exaltés et les plus exclusifs, se concilier avec eux et prendre du service.

Les Autrichiens ont encore traité plus mal le Piémont que la Lombardie. On aurait dit que, craignant de se trouver obligés de rétablir le roi de Sardaigne, ils ne voulaient lui laisser que la terre et l'eau.

Ils ont inondé l'Italie de billets, espèce d'assignats qui perdent beaucoup.

Des individus qui avaient occupé des charges dans la République cisalpine, mais qui étaient connus par leur attachement à la maison d'Autriche, ont été {p.118} disgraciés et emprisonnés sans miséricorde. C'est en vain qu'ils alléguaient les services qu'ils avaient rendus à beaucoup de parents de personnes attachées à l'Empereur.

Tandis qu'ils jouissaient des États du roi de Sardaigne, ils ont laissé ce malheureux prince à Florence dans un état de misère: une mauvaise voiture, deux chevaux, quatre domestiques et à peine de quoi vivre.

Le caractère et l'ambition de Thugut se retracent dans tous les actes du gouvernement autrichien; parce que ce gouvernement avait obtenu quelques succès sur les armées françaises, il n'y a pas d'extravagances où il n'osât prétendre.

Les troupes françaises n'étaient plus que des barbets, leurs généraux des gens sans aucun talent. C'est surtout sur l'armée de réserve que s'exerçaient leurs plaisanteries, ils en avaient fait des caricatures: la cavalerie était montée sur des âmes; l'infanterie, composée de vieillards invalides et d'enfants armés de bâtons avec des baïonnettes au bout; l'artillerie consistait en deux espingoles du calibre d'une livre. Ils commencent à bien changer de langage, et le mécontentement paraît extrême parmi leurs troupes (67).

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    {p.84}
  1. Ces ordres n'ont pas été retrouvés. On a vu plus haut celui envoyé par Berthier, le 21 mai, à Bethencourt. (v. p. 68).
  2. « Le 13, les deux divisions sous les ordres du général Murat, à la tête desquelles était le Premier Consul, entrèrent à Milan. La division formant l'avant-garde cerna la citadelle de Milan et je campai la mienne en avant de la ville, sur la route de Lodi. »

    (Rapport des marches et opérations de la division Boudet.)

    « Le 13, les deux divisions (Boudet et Loison) entrèrent à Milan et se mirent à cheval sur la route de Lodi.» (Rapport des opérations militaires du lieutenant général Duhesme.) {p.85}

  3. Monsieur le Général,

    J'accepte les conditions qui ont été observées en pareil cas par rapport à la ville, pourvu qu'il ne soit fait aucun ouvrage hostile dans l'arrondissement intérieur des remparts de la ville et qu'il ne puisse jamais exister aucune espèce d'attaque de ce côté.

    J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Général, votre très humble serviteur.

    A la citadelle de Milan, le 3 juin 1800.

    NICOLETTI,
    Général commandant.

  4. Petiet, conseiller d'État détaché près le premier Consul, aux officiers municipaux de Milan.

    Milan, le 13 prairial an 8 (2 juin 1800).

    Plusieurs officiers français se plaignent, Citoyens, du peu d'égards qu'ils éprouvent de la part des habitants chez lesquels ils sont logés. L'intention du Premier Consul n'est {p.86} point sans doute d'autoriser des demandes indiscrètes ou exagérées, mais il ne peut pas tolérer que les officiers de son armée soient reçus des Cisalpins avec indifférence et souvent avec mépris. Je vous engage, Citoyens, à faire sentir aux habitants de Milan combien leur conduite vis-à-vis des Français pourrait devenir dangereuse pour eux, et que leur intérêt comme leur devoir est de traiter avec plus d'amitié et d'égards les officiers et autres militaires de l'armée auxquels ils donnent l'hospitalité.

    PETIET.

    Alexandre Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au général Dupont.

    Milan, 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

    Vous trouverez ci-joint une lettre du général Vignolle ; mettez à l'ordre que l'on ne doit exiger dans les logements que ce qui est permis par le règlement en France et qu'aucun propriétaire n'est obligé de fournir la table.

    Faites connaître ces dispositions à la municipalité.

    Alex. BERTHIER.

  5. Bulletin de l'armée.

    Milan, le 14 prairial an 8 (3 juin 1800).

    Le général Murat est entré le 13 à Milan. Il a sur-le-champ fait cerner la citadelle. Trois heures après, le Premier Consul et tout l'état-major ont fait leur entrée au milieu d'un peuple animé du plus grand enthousiasme. Les horreurs qui ont été commises par les agents de l'Empereur, à Milan, sont sans exemple. On n'a épargné ni le sexe, ni l'âge, ni les talents. Le célèbre Fontana, mathématicien, gémissait sous le poids des chaînes. Son seul crime était d'avoir occupé une place dans la République.

    Tous ceux qui avaient fait partie des municipalités, administrations départementales, corps législatif, du ministère, ont été arrêtés et renfermés dans des cachots; aussi les Autrichiens sont-ils en horreur.

    Il y avait dix jours que les nobles avaient établi à Milan un casino, où eux seuls pouvaient aller. Tous les privilégiés ont paru vouloir, pendant cette année où leur règne était revenu, s'indemniser par toutes sortes de vexations et d'arrogance des trois ans d'égalité qu'ils avaient soufferts, Ceux de leur caste, qui avaient été employés dans la République cisalpine, ont été plus maltraités encore que les autres citoyens.

    Caprara, d'une des plus riches et des premières maisons d'Italie, est dans les fers. Il n'a jamais été membre d'aucune administration cisalpine, mais, sénateur à Bologne lorsque les Français y entrèrent, il fut de la partie du Sénat qui appuya la cause de la liberté et de l'égalité.

    Le détail de tout ce qui s'est passé cette année sera recueilli avec le plus grand soin. Il est nécessaire que le peuple français connaisse le sort que lui destinent les rois de l'Europe, si la contre-révolution s'opérait. C'est cette réflexion surtout qui doit pénétrer la nation de reconnaissance pour la bravoure des phalanges républicaines, qui assure à jamais le triomphe de l'égalité et de toutes les idées libérales.

    Le général Moncey a passé le Saint-Gothard. Il doit arriver demain à Varese. (Corresp. de Nap., n° 4854.) {p.87}

  6. OEstreichische militärische Zeitschrift, t. XXVI, p. 251.
  7. Les étapes de Lannes depuis Chivasso sont difficiles à reconstituer avec certitude en présence de plusieurs documents contradictoires.

    Si l'on s'en rapporte au registre d'ordres du chef d'état-major de la division Watrin, qui semble offrir les plus grandes chances d'authenticité, le quartier général de cette division était:

    Le 29 mai (9 prairial) à Chivasso (p. 47 et 48);

    Le 30 mai (10 prairial) à Chivasso (note 2, p. 54) ;

    Le 31 mai (11 prairial) à Crescentino (note 2, p. 54);

    Le 1er juin (12 prairial) à Trino (note 4, p. 81).

    Il venait le même jour, 1er juin, à Verceil (ordre du 1er juin de Berthier à Dupont, p. 82), se portait le 2 à Mortara et le 3 à Pavie.

  8. La totalité ou une partie de la brigade Rivaud (12e de hussards et 21e de chasseurs).

    (V. la fin de la lettre de Lannes, p. 88.)

  9. Il y a donc un lapsus dans les Mémoires de Napoléon où il est écrit que Lannes entra le 1er juin à Pavie. (Corresp. de Nap., t. xxx, p. 377.) {p.88}
  10. L'infanterie de Lannes est venue le 2 juin de Verceil à Mortara et ne doit quitter ce point que le 3.

    Le chef d'état-major de la division Watrin au commandant de l'artillerie de la division.

    Mortara, le 13 prairial an 8 (2 juin 1800).

    Je vous préviens, Citoyen, que la division ne partira pas d'aujourd'hui. Elle ne se mettra en marche que demain à 2 heures très précises du matin; vous voudrez bien, en conséquence, ordonner que tout soit prêt à cette heure pour le départ de l'artillerie que vous commandez; vous la ferez placer de suite sur la route près du camp de la 40e demi-brigade. Telles étaient les intentions du général Watrin.

    Pour le chef de l'état-major,

    FOURNIER.

    Ordre du four de la division.

    Mortara, le 13 prairial an 8 (2 juin 1800).

    Plusieurs officiers de la 22e demi-brigade de ligne ont été mis aux arrêts pour avoir quitté leurs troupes au camp avant que les distributions fussent faites et sans avoir pris connaissance de leurs besoins.

    Le général commandant la division ordonne qu'aucun officier ne quitte la troupe à son arrivée dans un autre camp ou cantonnement avant d'avoir pourvu, pour ce qui le concerne, à tout ce qui est susceptible d'améliorer la situation du soldat.

    Pour le chef de l'état-major,

    FOURNIER.

    NOTA. – Le registre de correspondance de la division Watrin s'arrête au 2 juin.

  11. Ces renseignements étaient d'une grande précision. Gênes capitulait le 4 juin. {p.89}
  12. L'une de ces lettres était écrite par le prince de Hohenzollern, qui était devant Gênes. Le Premier Consul put la faire traduire. Il en fait mention dans le bulletin de l'armée du 3 juin (V. p. 101).

    On verra plus loin, au 7 juin (chap. V), un cas analogue. Il paraît presque certain qu'à l'état-major de Murat on ne put pas traduire les lettres de Mélas prises à Plaisance. Ce n'est qu'au quartier général du Premier Consul qu'il se trouva quelqu'un sachant assez l'allemand pour remplir cette tâche.

  13. Lechi passe le Tessin à Sesto-Calende le 1er juin (12 prairial). (V. chap. IV, p. 125.)
  14. V. chap. I, p. 28.
  15. Il semble qu'il y a là une erreur. Lannes ne quitte Chivasso que dans la nuit du 30 au 31 mai. (V. p. 54, note 2.)
  16. D'après cette phrase, Lannes ne serait point passé par Verceil.

    Cependant l'ordre de Berthier du 1er juin (V. p. 82) est très catégorique au sujet de l'arrivée de Lannes à Verceil le 1er juin. Le rapport de Dupont au ministre (V. p. 90) et la lettre de Watrin à Dupont du 3 juin (V. p. 96) indiquent aussi que Lannes est passé par Verceil.

    Il semble qu'on doit ajouter foi à ces documents, plutôt qu'au journal de Brossier rédigé après la campagne. {p.90}

  17. Ici le journal de Brossier est certainement en défaut. Ce n'est pas le 12 prairial, mais le 13 (2 juin) que Lannes entre à Pavie sa lettre, au Premier Consul le prouve surabondamment. (V. p. 87,)
  18. Le début de la lettre est relatif au passage du Tessin et aux opérations de Lechi. (V. 31 mai, p. 64 et chap. IV, p. 122, note 2.)
  19. Il faut lire: le 11 et le 12. (V. la note 2, p. 87.)
  20. On lit dans le rapport du 3 juin, de Berthier au Premier Consul:

    « . . . . . De son côté le général Lannes se portait sur Pavie. L'ennemi a abandonné cette ville en nous laissant 200 bouches à feu, qu'il n'a pas eu le temps d'embarquer sur le Pô, 8,000 fusils, 2,000 barils de poudre, des magasins immenses et un million de cartouches. . . . . »

    Comparer aux chiffres donnés dans les autres rapports p. 87, 97, 100 et 115, et au compte rendu spécial fait par Lauriston sur l'arsenal de Pavie. (V. Annexe n° 1.)

    D'après la relation autrichienne, Lannes prend, à Pavie: « 191 canons, 9,000 fusils, une grande quantité de poudre et d'approvisionnements de toute sorte et l'hôpital de campagne dans lequel se trouvaient 2,000 malades et blessés ». (OEstreichische militärische Zeitschrift, t. XXVI, p. 253.) {p.91}

  21. Voir la fin de la lettre au 3 juin, p. 103. {p.92} {p.93} {p.94} {p.95}
  22. Le combat du 3 juin semblerait en effet peu important, si l'on s'en rapportait aux deux citations suivantes:

    « . . . . . Le 14 (3 juin), le corps commandé par le général Duhesme s'est porté sur Lodi, occupé par des postes ennemis qui se sont retirés à son approche. . . . . » (Rapport du 9 juin de Berthier au Premier Consul.)

    « Le 3 juin, dans 'laprès-midi, l'arrière-garde du feld-maréchal lieutenant Vukassevich fut attaquée et refoulée à Melegnano par les divisions Boudet et Loison. Il recueillit cette arrière-garde à Lodi, fit rompre le pont sur l'Adda, et se retira dans la nuit vers Crema. » (OEstreichische militärische Zeitschrift, t. XXVI, p. 254.) {p.96}

  23. On lit en marge: Donné l'ordre en conséquence le 14 prairial. {p.97}
  24. Le corps Lannes semble être venu en 4 jours de Chivasso à Pavie. (V. note 2, p. 87.)

    La longueur des étapes est approximativement la suivante, d'après la carte de Borgonio :

    • Chivasso à Crescentino par Rondisson : 23 kilomètres.
    • Crescentino à Verceil : 35 kilomètres.
    • Verceil à Mortara : 26 kilomètres.
    • Mortara à Pavie: 35 kilomètres.

    La cavalerie de Lannes est venue le 2 juin, en une seule étape, de Verceil à Pavie. (V. p. 82 et 87.)

  25. Voir ces états à l'annexe n° 1. {p.98} {p.99}
  26. Bethencourt, immobilisé au siège du fort d'Arona, ne rejoignit pas l'armée. (Voir chap. IV, p. 141 et suivantes.)
  27. OEstreichische militärische Zeitschrift. XXVI, p. 251. {p.100}
  28. Voir la lettre de Suchet à la note 3, page suivante.
  29. Correspondance de Napoléon, n° 4863.
  30. Il semble qu'il s'agit ici de Cassano-Magnago, sur l'Arno, à 3 kilomètres nord-est de Gallarate. Lechi, qui avait passé le Tessin à Sesto, le 1er juin, se porte de là sur Varese. (V. chap. IV, p. 126.) {p.101}
  31. Les documents relatifs au siège et à la capitulation de Bard ont été publiés dans le t. 1er p. 532 à 544. La capitulation était signée le 1er juin à 9 heures du soir.

    Quelques jours après, Marescot demandait des ordres au sujet du fort:

    Le général Marescot au général en chef Berthier.

    Le 22 prairial an 8 (11 juin 1800).

    Citoyen Général,

    Je vous prie de vouloir bien me faire connaître vos intentions au sujet du fort de Bard. Faut-il le raser ou faut-il rétablir la brèche et les dégradations qui y ont été faites par notre artillerie?

    Dans l'un et l'autre cas il est indispensable que vous fassiez mettre 3 ou 4,000 francs à la disposition du citoyen Deschampsneufs, chef de bataillon du génie, chargé de ce fort et de celui d'Ivrée.

    . . . . .

    MARESCOT.

    (Livre d'ordres du général Marescot. – Archives du génie.)

  32. La lettre du prince de Hohenzollern n'a pas été retrouvée. C'est celle que Lannes a prise à Pavie le 2 juin et n'a pu faire traduire. (V. p. 89.) Cette lettre est écrite le 2 juin devant Gênes. (Voir les lettres du Premier Consul, p. 115 et 116.)
  33. La lettre du général Suchet semble être une lettre écrite à Saint-Laurent-du-Var, le 7 prairial (27 mai) :

    . . . . .

    « . . . . . Hier j'étais informé que quatre régiments, venant de Gênes, devaient arriver dans la nuit pour relever les onze bataillons de grenadiers qui avaient ordre de se rendre à {p.102} Turin; ce mouvement me paraît aujourd'hui incertain et il se peut, comme on me le rapporte, que les régiments aient reçu dans la Rivière ordre de se rendre sur-le-champ en Piémont. Dans ce cas. les grenadiers pourraient bien me rester et tenter de nouvelles attaques. . . . .

    « D'après ce récit (attaque de la tête de pont du Var par les Autrichiens les 26 et 27 mai), mon Général, d'après le soin que j'ai de reconnaître, par les nombreux déserteurs qui m'arrivent, les corps que j'ai devant moi, je suis fondé à vous assurer qu'il ne s'est encore opéré aucune diversion dans cette partie; je m'en réjouis pour l'armée de réserve et pour la réussite de vos projets. . . . . »

  34. Ce bulletin est publié dans le Moniteur du 20 prairial (9 juin) moins les deux derniers paragraphes. Il figure à la Correspondance de Napoléon sous le n° 4865.
  35. Les premières pages de ce rapport ont été citées à des dates différentes. Voir au 31 mai et au 1er juin, p. 62 et 77, note l, pour le passage du Tessin, et au 2 juin p. 90, note 4, pour la prise de Pavie.
  36. Avant d'envoyer ce rapport à Paris, le Premier Consul, ayant reçu de nouvelles indications sur les mouvements de Bethencourt et de Moncey (V. au chap. IV, p. 141 et 153, les opérations de ces deux généraux), remplace cette phrase par la suivante :

    « Le général Moncey est arrivé à Bellinzona. – La 44e, qui a passé le Simplon, est arrivée à Arona. »

    La correction est de la main de Bourrienne. {p.103}

  37. Le Premier Consul fait mettre: la légion cisalpine.
  38. Dans la lettre insérée au Moniteur, on trouve la phrase suivante, qui ne figure pas sur l'original: « Le chef de bataillon Kyriener s'est particulièrement distingué à ce siège ».
  39. Le rapport de Berthier, avec les modifications faites par le Premier Consul, est publié au Moniteur du 21 prairial (10 juin).
  40. Ce rapport a été cité partiellement. Voir notamment le passage du Tessin le 31 mai, p. 64, et l'entrée de Lannes à Pavie le 2 juin, p. 90.
  41. Ce rapport est publié dans le Moniteur du 22 prairial (11 juin). {p.104} {p.105}
  42. « Le 15, ma division marcha sur Lodi; l'ennemi l'avait évacué et repassé l'Adda.

    « Je me présentai, avec quelques détachements d'infanterie, en face du pont dont une arche était coupée. Il s'y engagea un léger feu de mousqueterie, sous la protection duquel on travailla au rétablissement du pont et l'ennemi, n'attendant pas qu'il fût achevé, abandonna l'autre rive.

    « L'escadron du 11e de hussards fut chargé de sa poursuite et ramena une quinzaine de prisonniers. Je pris ensuite position avec une partie de ma division en avant de la tête du pont de Lodi et l'autre partie resta sur cette rive. »

    (Rapport des marches et opérations de la division Boudet.)

  43. « Le 15, les divisions marchèrent sur Lodi. La division Boudet devait passer la rivière et celle de Loison, placée sur la droite en arrière de la ville, devait éclairer et garder les routes de Plaisance et Pizzighettone.

    « L'ennemi avait coupé le pont et défendit le passage jusqu'à l'arrivée de notre artillerie. L'adjudant général Paulet l'ayant fait réparer, le général Duhesme fit passer trois compagnies de grenadiers, sous le commandement de son aide de camp Boyer, qui poursuivit l'ennemi sur la route de Crema, et lui fit quelques prisonniers. »

    (Rapport des opérations militaires du lieutenant général Duhesme.)

    « 15 prairial, – Prise de Lodi. – Divisions Boudet et Loison. – Le 14, les divisions Boudet et Loison, commandées par le général Duhesme, campent à Melegnano et le 15, à 6 heures du matin, elles en partent pour s'avancer sur Lodi. La division Boudet pénètre dans la ville et se dispose à forcer le passage du pont sur l'Adda; il était coupé et l'ennemi occupait la rive opposée. Une nouvelle fusillade s'engage après laquelle celui-ci commence sa retraite. On s'occupe aussitôt de la réparation du pont, et la 9e légère, secondée du 11e d'hussards, poursuit l'ennemi, lui fait quelques prisonniers, et porte ses reconnaissances jusque sur Crema.

    « Lodi renfermait des magasins considérables de fourrages, de farine, de sel et de salpêtre.

    « Après cette affaire, la division Boudet plaça un bataillon de la 9e légère avec les hussards du 11e à un demi-mille en avant du pont et la 59e demi-brigade bivouaqua à la droite de la rivière. Son avant-garde (lire: l'avant-garde de la division Loison) à Martino, sur la route de Pizzighettone en arrière de la Muzza; son corps de bataille à Sesto et le 2e régiment de chasseurs en arrière de la ville. . . . . »

    (Journal de la campagne de l'armée de réserve, par l'adjudant-commandant Brossier.)

    « Le 4, au matin, les divisions Boudet et Loison parurent devant Lodi. Elles avaient chassé l'arrière-garde du feld-maréchal lieutenant Vukassevich de la rive du fleuve et commencèrent la construction d'un pont. Vukassevich avait de très bonne heure battu en retraite vers Soresina. Comme les Français s'avançaient aussi vers Crema, il repartit dans l'après-midi pour Cremone. Ainsi qu'il l'avait fait dans toutes ses marches en retraite, il s'efforça, dès son arrivée qui eut lieu tard dans la nuit, de sauver derrière l'Oglio les importants approvisionnements d'équipement, les malades transportables et les magasins de vivres. Il posta son avant-garde à Casalbuttano et assura ses communications avec la forteresse de Pizzighettone. »

    «OEstreichische militärische Zeitschrift, t. XXVI, p. ~54.) {p.106}

  44. « Rations » probablement.
  45. « Francs » probablement.
  46. Dupont, général de division, chef de l'état-major de l'armée de réserve, au Ministre de la Guerre.

    Milan, le 16 prairial an 8 (5 juin 1800).

    Citoyen Ministre,

    La ville de Lodi a été occupée hier par les troupes de la République; nous sommes maîtres du passage important de l'Adda.

    Le 14, les divisions Boudet et Loison, commandées par le général Duhesme, ont pris position près de Marignano, et, le lendemain, elles ont marché sur Lodi.

    Le pont ayant été coupé par l'ennemi, il s'est engagé, de l'une à l'autre rive de l'Adda, un feu de mousqueterie qu'il n'a pas soutenu, et il a opéré sa retraite. Le pont a été réparé avec assez de célérité pour que la 9e légère et un escadron du 11e d'hussards aient pu atteindre son arrière-garde et lui faire des prisonniers.

    Des reconnaissances ont été poussées jusqu'à Crema. On a trouvé à Lodi des magasins assez considérables de fourrages, de farines, de sel et de salpêtre.

    Je vous salue, citoyen Ministre.

    DUPONT.

  47. Correspondance de Napoléon, n° 4879. {p.107}
  48. Ces quatre pièces sont celles dont il est fait mention à la fin de la lettre du 30 mai de Berthier à Dupont et qui ont dû rejoindre la division Loison le 31 mai ou le 1er juin sur les bords du Tessin. Ce sont des pièces autrichiennes prises à Ivrée. (V. p. 53.)

    La division Loison n'a pas encore reçu ses pièces françaises.

  49. Casalpusterlengo.
  50. Cette disette d'artillerie et l'utilisation des pièces prises à Pavie prouvent à quel point l'armée manquait de canons.

    On a vu que Berthier disposait à Ivrée, le 26 mai, de six pièces passées sous le fort de Bard dans les nuits du 24 au 25 mai et du 25 au 26. (V. p. 20.)

    Il est probable que le passage échoua les nuits suivantes ; il n'a été trouvé aucune trace des tentatives faites.

    Il semble que l'armée n'avait encore, en arrivant à Milan, que ces six pièces réparties sans doute ainsi: deux de 4 et un obusier avec Murat, une pièce de 8 avec Boudet et un obusier et une pièce de 8 avec Lannes,

    On verra une lettre du 8 juin où le Premier Consul demande des nouvelles de « l'artillerie du Grand-Saint-Bernard ». {p.108}

  51. Cette lettre, dont l'original est aux Archives de la guerre, n'est pas datée. Il a été facile de fixer le jour où elle a été écrite, par les prescriptions qu'elle renferme au sujet de la position de la 9e légère à Lodi et des pièces à prendre à Pavie.
  52. Reproduction littérale de l'ordre ci-dessus du Premier Consul.
  53. Du lac Majeur entre Laveno et Palanza. {p.109}
  54. Les lettres adressées à Duhesme, Lannes et Harville sont ci-dessous. La lettre à Murat n'a pas été retrouvée, mais ses prescriptions sont données en détail par la lettre de Berthier à Dupont, p. 113.
  55. Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

    Ordre aux citoyens Morio, Biers, de se rendre à Plaisance aux ordres du général Murat, avec des pontonniers et des sapeurs pour y jeter un pont sur le Pô;

    Aux citoyens Kirgener, Tardivi, Boischevallier, la même destination pour Pavie où commande le général Lannes.

    MARESCOT.

    (Livre d'ordres du général Marescot. – Archives du génie.) {p.110}

  56. Lacune dans le texte.
  57. Le général Marescot aux généraux de division Loison, Monnier et Chambarlhac.

    Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

    Citoyen Général, en vertu de l'ordre du général en chef, je vous invite de vouloir bien adresser dans le plus court délai, à la maison où je loge, 25 volontaires ayant fait de la navigation, sachant le métier de pontonniers. Cette mesure, étant pour jeter des ponts sur le Pô, est de la plus grands urgence; je vous prie d'y attacher autant d'importance que le général en chef en attache lui-même.

    Salut et entière considération.

    MARESCOT.

    (Livre d'ordres du général Marescot. – Archives du génie.) {p.111}

  58. Le géneral Marescot au général Dupont, chef de l'état-major général.

    Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

    Pour lui demander une réquisition à la municipalité pour les outils suivants:

    • 3,000 pelles quarrées,
    • 2,000 pelles rondes,
    • 3,000 pioches,
    • 1,000 pics à roc,
    • 2,000 haches,
    • 1,000 petites haches,
    • 2,000 serpes,
    • 150 scies,
    • 200 masses de fer.

    Demande une somme de 6,000 francs.

    MARESCOT.

    (Livre d'ordres du général Marescot. – Archives du génie.)

  59. César Berthier, adjudant général, chef de l'état-major de la division de cavalerie, au général de division Dupont, chef de l'état-major général. (Maison Castiglioni.)

    Milan, le 15 prairial an 8 (4 juin 1800).

    Citoyen Général,

    J'ai l'honneur de vous prévenir, citoyen Général, que, d'après les ordres du général en chef, le général Murat vient de mettre à la disposition du général Duhesme le 2e et le 15e régiments de chasseurs à cheval.

    Salut et respect.

    César BERTHIER. {p.112}

  60. La lettre de Lannes rendait compte de l'occupation de Pavie. (V. p. 87.)
  61. Correspondance de Napoléon, n° 4880. {p.113} {p.114}
  62. Moncey écrit, le 13 prairial, de Bellinzona, deux lettres au Premier Consul. Dans la seconde, il annonce sa marche sur Côme et Lugano. (V. chap. IV, p. 154.) {p.115}
  63. Correspondance de Napoléon, n° 4881.
  64. Correspondance de Napoléon, n° 4878. {p.116}
  65. Cette première partie de la lettre était publiée dans le Moniteur du 23 prairial (12 juin). La lettre entière figure à la Correspondance de Napoléon, sous le n° 4875. {p.117}
  66. Correspondance de Napoléon, n° 4877. {p.118}
  67. Ce bulletin était publié au Moniteur du 21 prairial (20 juin). Il figure à la Correspondance de Napoléon, sous le n° 4882.

Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: Cugnac, Gaspar Jean Marie René de, 1861-
Main Title: Campagne de l'armée de réserve en 1800 ...
par le captaine de Cugnac ...
Published/Created: Paris, R. Chapelot et ce., 1900-1901.
Description: 2 v. 21 maps (partly fold.) 14 facsim. (partly fold. 25 cm.
Contents: t. 1. Passage du Grand-Saint-Bernard.--t. 2. Marengo.
Subjects: Napoleonic Wars, 1800-1815--Campaigns--Italy.
France--History--Consulate and Empire, 1799-1815.
LC Classification: DC223.7 .C96