Home Store Products Research Design Strategy Support News
 Research | Napoleonic Cugnac Campagne de L’Armée de Réserve en 1800 French Partie 1 Annnexe 1

CAMPAGNE
DE
L'ARMÉE DE RÉSERVE
EN 1800

{p.597}

(PREMIÈRE PARTIE)
ANNEXE N° 1
(Organisation du train d'artillerie)

Arrêté.

Paris, le 13 nivôse an 8 (3 janvier 1800).

Les Consuls de la République, vu l'avis motivé du Conseil d'État, considérant qu'il importe au bien du service de donner aux équipages d'artillerie un mode d'organisation qui les rapproche davantage de celle de l'armée, et d'assurer aux charretiers et employés qui les composent le payement de leur solde et la fourniture des objets d'habillement et d'entretien qui leur sont nécessaires, arrêtent:

ART. Ier. – Les charretiers d'artillerie seront organisés en bataillons de cinq compagnies. Les corps porteront le nom de « bataillons du train d'artillerie ». Les soldats du train d'artillerie seront traités comme les autres soldats de la République.

II. – Sur les cinq compagnies, une d'élite sera de préférence attachée au service de l'artillerie à cheval. Elle sera composée des hommes les plus forts, les plus adroits et les plus exercés. Trois autres seront destinées au service des parcs, des places et de l'artillerie à pied, et la dernière servira de dépôt, fournira aux remplacements et restera au parc.

III. – Chaque compagnie d'élite sera composée de 80 hommes, sous-officiers compris, et sera commandée par un maréchal des logis chef, deux maréchaux des logis et trois brigadiers.

Chaque compagnie ordinaire sera composée de 60 hommes, sous-officiers compris, et sera commandée par un maréchal des logis chef, deux maréchaux des logis et quatre brigadiers.

Il sera attaché un trompette à chaque compagnie.

IV. – Chaque soldat du train d'artillerie aura soin de deux chevaux.

V. – Chaque bataillon du train d'artillerie sera commandé par un capitaine, un lieutenant et un quartier-maître.

VI. – Tous les officiers et sous-officiers du train d'artillerie devront avoir fait la guerre et seront choisis de préférence parmi les employés actuels aux équipages d'artillerie.

VII. – Les bataillons et les officiers qui les commandent sont sous les ordres des différents commandants d'artillerie, quel que soit leur grade.

VIII. – Les bataillons du train d'artillerie d'une même armée sont sous les ordres d'un inspecteur général du train d'artillerie ayant le grade de chef de brigade; {p.598}

D'un major du train d'artillerie ayant le grade de chef de bataillon; De deux capitaines inspecteurs et de deux adjoints, lieutenants.

Tous les officiers, tant de l'état-major du train d'artillerie d'une armée que de l'état-major des bataillons, sont brevetés par le Ministre.

IX. – Lorsque, par les événements de la guerre, les bataillons du train se trouveront au dépôt, sans chevaux, ils seront armés et feront le service du parc et de la place, aux postes désignés par le commandant.

X. – Dans le cas où un supplément de soldats du train d'artillerie deviendrait nécessaire, la partie active des bataillons se complétera au parc des compagnies de dépôt et celles-ci se compléteront comme les autres troupes de la République.

XI. – La taille requise pour les canonniers ne le sera pas pour les soldats du train d'artillerie.

XII. – Les généraux d'artillerie aux différentes armées sont chargés de l'organisation de ces corps.

En conséquence, ils nommeront à tous les emplois, en enverront l'état au Ministre de la guerre, afin qu'il y donne sa sanction.

Les soldats du train d'artillerie parviendront par la suite aux places de brigadiers, et ceux-ci à celles de maréchaux des logis de deux manières, savoir: les trois quarts à l'ancienneté, et un quart au choix de l'inspecteur général du train d'artillerie.

XIII. – Nul ne pourra être brigadier, s'il ne sait lire et écrire.

XIV. – L'habillement des soldats du train d'artillerie sera composé d'un habit-veste, une capote ample, un gilet, un pantalon et une surculotte gris de fer, des bottines, des boutons d'artillerie en métal blanc et un chapeau à trois cornes. Ceux qui serviront dans les compagnies d'élite porteront un pompon rouge.

XV. – La solde des soldats du train d'artillerie composant les compagnies ordinaires est fixée à 50 centimes ; celle des brigadiers, à 60; celle des maréchaux des logis, à 75 centimes par jour; celle du trompette sera la même que celle du trompette d'artillerie légère.

Les compagnies d'élite toucheront un supplément de solde qui sera de 5 centimes pour les soldats et de 10 centimes pour les brigadiers et maréchaux des logis et trompettes.

La solde sera payée comme celle des autres troupes, par le payeur de l'armée et sur les mêmes fonds.

XVI. – La solde des officiers du train d'artillerie est fixée ainsi qu'il suit:

{p.599}
Inspecteur général chef de brigade 8,000fr.
Major du train d'artillerie chef de bataillon 5,000
Capitaine inspecteur 4,000
Capitaine commandant les bataillons 3,500
Adjoint-lieutenant du major du train d'artillerie 3,000
Lieutenant employé dans les bataillons 2,400
Quartier-maître 2,400

XVII. – La masse d'entretien pour les soldats du train d'artillerie, brigadiers et maréchaux des logis, sera conforme à celle de l'artillerie à pied. La retenue pour la masse du linge et chaussure sera de 6 centimes.

XVIII. – La masse de linge et chaussure pour chaque bataillon sera déposée dans la caisse du quartier-maître.

Dans les déplacements, le bordereau et l'argent de la partie de la masse qui revient à la compagnie détachée lui seront envoyés.

XIX. – La masse de linge et chaussure sera dirigée, dans chaque bataillon, par le quartier-maître, et, dans chaque compagnie, par le maréchal des logis chef, qui tiendra un compte ouvert avec chaque soldat et sous-officier.

Les sommes nécessaires pour fournir à l'entretien du linge et de la chaussure seront prises sur la masse déposée dans la caisse du corps, sur les bons du quartier-maître, d'après l'état fourni par le chef de compagnie, et visé par le capitaine commandant le bataillon.

XX. – Il sera formé, dans chaque bataillon, un conseil d'administration, composé de deux officiers et du plus ancien maréchal des logis.

XXI. – Le conseil d'administration du parc est chargé de vérifier, tous les ans, les comptes arrêtés par les conseils d'administration des bataillons (1).

Le Secrétaire d'État,
H.-B. MARET.
Le Premier Consul,
BONAPARTE.

Arrêté.

Paris, le 14 pluviôse an 8 (3 février 1800).

Les Consuls de la République arrêtent:

ART. Ier. – Les chevaux destinés au service des équipages d'artillerie appartiendront dorénavant à la République et seront entretenus à ses frais.

II. – La reprise des équipages aura lieu dans toute la République au 1er germinal prochain (2).

Le Ministre de la guerre est chargé de régler les conditions de cette reprise.

III. – L'administration de l'équipage de chaque armée sera confiée au conseil d'administration du grand parc d'artillerie; il sera chargé de pourvoir à l'entretien des chevaux et harnais et à leur remplacement.

IV. – Les conseils d'administration des bataillons du train d'artillerie auront, sous l'autorité du conseil d'administration du parc, la surveillance des équipages et seront chargés des détails de l'entretien.

Les conseils seront présidés par un capitaine d'artillerie, qui sera nommé par le général d'artillerie, et qui leur restera attaché pendant toute la campagne.

V. – Les chevaux d'artillerie seront nourris aux frais de la République; la dépense en sera réglée comme pour les chevaux de la cavalerie. {p.600}

VI. – Il sera accordé une somme de 5 francs par mois et par cheval pour l'entretien et le renouvellement des harnais, le ferrage et les médicaments.

VII. – Il sera établi une masse pour le remplacement des chevaux morts ou tués: cette masse sera fixée à 60 francs par cheval et par an, au complet de l'équipage.

VIII. – Les sommes accordées par les articles précédents seront déposées dans la caisse du parc, d'une manière distincte, et confiées à la surveillance du conseil d'administration, qui pourra seul ordonner de leur emploi.

IX. – Le conseil d'administration du grand parc d'artillerie choisira, lorsqu'il y aura lieu, les officiers du train qu'il croira les plus propres à l'achat des chevaux nécessaires à l'équipage.

X. – Le compte des dépenses résultant de l'achat et de l'entretien des chevaux sera rendu, à la fin de chaque année, par le conseil d'administration du parc, de la même manière que celui des autres dépenses de l'artillerie.

XI. – A l'époque du désarmement, il sera réservé 1000 chevaux pour le service des écoles et principaux établissements d'artillerie; le surplus sera réparti dans les campagnes par les ordres du Ministre de la guerre et confié à des cultivateurs aux moyens et conditions ci-après.

XII. – Il sera ouvert un registre à l'administration de chaque département. Celui qui voudra se charger d'un cheval se fera inscrire.

XIII. – Chaque individu, en recevant un cheval, contractera l'engagement formel de le représenter, ou un semblable de même qualité et de même valeur, toutes les fois qu'il en sera requis.

XIV. – Celui qui recevra un cheval sera tenu de fournir une caution.

XV. – Tout citoyen qui ne pourra représenter le cheval qui lui aura été confié, ou un autre équivalent, sera tenu de donner en remplacement une somme de 500 francs, au payement de laquelle il sera contraint par corps, ainsi que sa caution.

XVI. – Il y aura un officier du train d'artillerie dans chacun des départements où les chevaux seront répartis.

Il fera la revue et l'inspection de ces chevaux plusieurs fois l'année, en constatera l'état, et dénoncera à l'inspecteur général du train les cultivateurs qui ne seraient pas en règle.

XVII. – Tout officier du train d'artillerie qui négligerait de rendre le compte demandé dans l'article précédent sera destitué.

XVIII. – Il y aura un inspecteur général du train pour plusieurs départements; il aura la surveillance supérieure sur 5,000 chevaux et sera toujours considéré comme le chef de l'équipage; il recevra les comptes des officiers particuliers et s'adressera aux administrations centrales pour faire faire les poursuites nécessaires contre les dépositaires des chevaux, qui seraient en contravention avec le présent règlement.

XIX. – Cet inspecteur général correspondra avec le premier inspecteur du corps de l'artillerie et lui rendra tous les comptes qui lui seront demandés.

XX. – Il sera, chaque année, pris sur les fonds de la guerre une somme de {p.601} trois cent mille francs, destinée à donner des récompenses à ceux des cultivateurs qui tiendront aux ordres du Gouvernement les chevaux les meilleurs.

XXI. – Les primes seront payées sur les ordres du Ministre de la guerre, sur le compte qui lui sera rendu par le premier inspecteur du corps de l'artillerie.

XXII. – Le Ministre de la guerre est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Le Premier Consul,
Signé: BONAPARTE.
Par le Premier Consul,
Le Secrétaire d'État,
Signé: Hugues-B. MARET.
Pour copie conforme:
Le Ministre de la Guerre,
Alex. BERTHIER.
Previous: CHAPITRE XII: MESURES ADMINISTRATIVES
Next: ANNEXE N° 2: (Situation de la division Chabran, le 22 mars)
  1. Moniteur du 15 nivôse an 8.
  2. 22 mars.

Library Reference Information

Type of Material: Text (Book, Microform, Electronic, etc.)
Personal Name: Cugnac, Gaspar Jean Marie René de, 1861-
Main Title: Campagne de l'armée de réserve en 1800 ...
par le captaine de Cugnac ...
Published/Created: Paris, R. Chapelot et ce., 1900-1901.
Description: 2 v. 21 maps (partly fold.) 14 facsim. (partly fold. 25 cm.
Contents: t. 1. Passage du Grand-Saint-Bernard.--t. 2. Marengo.
Subjects: Napoleonic Wars, 1800-1815--Campaigns--Italy.
France--History--Consulate and Empire, 1799-1815.
LC Classification: DC223.7 .C96